Wall Street finit en baisse avec les banques et le pétrole

le , mis à jour à 23:12
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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini en baisse jeudi, plombée comme les autres places mondiales par un bond des marchés obligataires et un recul des prix du pétrole, mais en réduisant ses pertes en fin de séance.

L'indice Dow Jones a cédé 19,86 points ou 0,11% à 17.985,15, terminant 70 points au-dessus de son point bas du matin mais sans revenir sur le seuil des 18.000 points franchi mercredi pour la première fois depuis le 27 avril.

Le Standard & Poor's-500, plus large, a perdu 3,64 points, soit 0,17%, à 2.115,48 et le Nasdaq Composite a reculé de 16,03 points (0,32%) à 4.958,62.

La place américaine a suivi les Bourses européennes à la baisse après des déclarations de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, qui a averti que la politique monétaire seule ne pouvait pas redresser l'économie de la zone euro.

Dans le cadre de sa politique ultra-accommodante, la BCE rachète désormais des obligations d'entreprise, ce qui, avec les incertitudes entourant le référendum britannique du 23 juin sur l'Union européenne, a poussé les rendements de la dette souveraine allemande et britannique à des plus bas records.

Les rendements des emprunts du Trésor américain ont de leur côté reculé à leur plus bas niveau depuis trois mois et demi, les intervenants ne croyant plus à une hausse des taux de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion des 14 et 15 juin.

En baisse plus forte que prévu, la statistique des inscriptions hebdomadaires au travail a tempéré jeudi l'effet négatif des chiffres de l'emploi de mai publiés vendredi dernier mais sans remettre en cause la perspective d'un statu quo sur les taux la semaine prochaine.

La baisse des taux longs, avec le rendement du T-Bond à 10 ans à 1,68%, au plus bas depuis le 24 février, a pesé sur le compartiment bancaire tandis que les valeurs pétrolières ont pâti du repli de 1,3% des cours du pétrole après trois séances de hausse.

Les prises de bénéfice sur le pétrole ont été déclenchées par une remontée du dollar tandis que l'or profitait d'achats refuge pour revenir à son meilleur niveau depuis trois semaines.

"Il y a beaucoup de prudence avant des événements potentiellement porteurs de risques et, compte tenu des niveaux de valorisation atteint par les actions, les prises de bénéfice qu'on observe aujourd'hui sont tout à fait naturelles", explique Julian Emmanuel, stratège actions et dérivés chez UBS.

LES BANCAIRES DANS LE ROUGE

Sept des dix grands indices sectoriels S&P ont fini en baisse, la plus mauvaise performance étant pour les financières dont l'indice, le seul à être dans le rouge depuis le début de l'année, a cédé 0,77% sur la séance.

L'indice KBW des banques a perdu 1,30% avec des replis de 1,72% pour Wells Fargo, de 0,95% pour Goldman Sachs et de 0,76% pour JP Morgan Chase, qui ont toutefois réduit leurs pertes en fin de séance.

Aux pétrolières, dont l'indice a cédé 0,50%, Chesapeake Energy a cédé 1,81% après un abaissement de recommandation de RBC.

Le compartiment des technologiques (-0,08%) a résisté, aidé par la bonne tenue d'Apple (+0,72%).

Yahoo a pris 1,03% à 37,35 dollars sur des informations selon lesquelles il a reçu des offres atteignant les cinq milliards de dollars pour ses actifs internet. Le groupe réunit vendredi son conseil d'administration avant un troisième tour d'enchères.

Tesla a en revanche cédé 2,62%. L'agence américaine de sécurité routière a dit étudier des informations faisant état d'un problème de suspension sur des Model S, la voiture emblématique du constructeur californien, ce qui pourrait aboutir à l'ouverture d'une enquête, voire un rappel.

En vue, le groupe d'alimentation J.M. Smucker a bondi de 7,93% après l'annonce de bons résultats trimestriels tandis que Hershey a pris 2,88% sur des rumeurs d'OPA.

A la pharmacie, Valeant a gagné 6,52% avant l'annonce attendue de cessions d'actifs qui l'aideraient à réduire son endettement. Envision Healthcare, spécialiste de l'externalisation de services aux professionnels de la santé, s'est adjugé 8,34% dans la perspective d'une fusion avec son concurrent Amsurg, qui a pris 3,97%.

Quelque 6,1 milliards d'actions ont changé de mains au total, moins que la moyenne de 6,8 milliards des 20 dernières séances. Malgré la baisse des volumes et les prises de bénéfice, plus de 200 valeurs du NYSE ont atteint des plus hauts d'un an pour la cinquième séance consécutive, une série comme le marché n'en avait plus connue depuis janvier 2015.

(avec Yashaswini Swamynathan à Bangalore, Véronique Tison pour le service français)

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