Wall Street finit en baisse après l'avertissement de la Fed

le , mis à jour à 23:21
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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Noel Randewich

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini en baisse jeudi dans la crainte d'une hausse des taux de la Réserve fédérale dès le mois prochain.

Le marché a sensiblement réduit ses pertes dans l'après-midi avec la remontée des cours du pétrole et la stabilisation du dollar mais il n'en a pas moins clôturé la séance à son plus bas niveau depuis mars.

L'indice Dow Jones des 30 grandes valeurs a cédé 91,22 points à 17.435,40 après avoir reculé jusqu'à 17.331.

Le Standard & Poor's-500, plus large, a fini en repli de 7,59 points ou 0,37% à 2.040,04, 15 points au-dessus de son plus bas du jour.

Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 26,59 points (0,56%) à 4.712,53.

Les indices ont évolué en sens inverse du dollar qui a atteint en séance un pic de deux mois face à un panier de grandes devises dans la perspective d'un nouveau relèvement des taux de la Fed le mois prochain.

Publié mercredi, le compte rendu de la réunion d'avril du comité de politique monétaire de la Fed a pris les investisseurs de court en révélant que les responsables de la banque centrale envisageaient clairement un nouveau tour de vis dès leur prochaine réunion des 14-15 juin si les indicateurs économiques vont dans le sens d'une accélération de la croissance au deuxième trimestre.

William Dudley, le président de la Fed de New York, a enfoncé le clou jeudi en jugeant l'économie suffisamment solide pour une hausse de taux, un constat appuyé par l'annonce d'une forte baisse des inscriptions au chômage aux Etats-Unis la semaine dernière.

"La Fed a dicté la tendance aujourd'hui. Le marché pensait qu'il y aurait tout au plus une hausse de taux (dans l'année), et certainement pas en juin", commente Ernie Cecilia, directeur des investissements chez Bryn Mawr Trust. "Manifestement on avait trop baissé la garde."

Les taux plus élevés permettent de circonscrire l'inflation mais ils freinent la croissance et réduisent la liquidité sur les marchés boursiers. L'appréciation du dollar qu'ils provoquent pénalise en outre les entreprises exportatrices, représentées en nombre au sein du S&P-500.

Selon S&P Capital IQ, les ventes à l'international représentent 48% des chiffres d'affaires cumulés des valeurs du S&P-500.

WAL-MART BONDIT DE 9,6%

"Je sais qu'ils ont (à la Fed) environ 150 économistes hautement diplômés qui sont probablement plus intelligents que moi, mais ils font une mauvaise lecture de la situation", se lamente Donald Selkin, stratège chez National Securities à New York. "Pour moi, c'est la pire des choses à faire."

Six des dix grands indices sectoriels S&P ont fini en baisse, avec en queue de peloton celui des industrielles (-0,95%). "Le dollar qui repart à la hausse va mettre sous pression les grands noms industriels qui réalisent une part importante de leur activité à l'étranger", explique Chris Retzler, gérant chez Needham Funds.

Les services aux collectivités (+0,93%), profitant de leur caractère défensif, ont signé la meilleure performance sectorielle devant les biens de consommation de base (+0,79%) emmenés par Wal-Mart qui a bondi de 9,58%.

Le numéro un mondial de la grande distribution a fait état de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, contrairement à ses concurrents qui avaient publié avant lui.

Egalement au sein du Dow, l'équipementier des réseaux Cisco Systems a pris 3,18% à 27,57 dollars en réaction là encore à des bénéfices meilleurs que prévu.

Sur le front des fusions et acquisitions, Monsanto a gagné 3,52% après avoir révélé faire l'objet d'une offre non-sollicitée de l'allemand Bayer dans ce qui marquerait une nouvelle étape du mouvement de concentration en cours dans l'agrochimie.

Dans les services pétroliers, FMC Technologies a cédé 4,71% après l'annonce d'un rapprochement avec le français Technip, lequel a pris 6,31% à Paris.

Parmi les valeurs moyennes, la chaîne de prêt-à-porter Urban Outfitters a bondi de 13,91% à 28,01 dollars après l'annonce d'une progression inattendue de ses ventes à périmètre comparable au premier trimestre.

Quelque 7,2 milliards d'actions ont changé de mains sur les différents marchés américains, à comparer à une moyenne de 7,3 milliards sur les 20 dernières séances, selon les données Thomson Reuters.

Le dollar a limité son avance après les déclarations d'un autre membre de la Fed, le vice-président Stanley Fischer, qui s'est montré plus mesuré que ses collègues.

Le billet vert est revenu à 1,12 pour un euro en fin de séance, en repli de 0,1%, après un pic de sept semaines à 1,1181 et il a effacé ses gains contre le yen, ce dernier étant soutenu par des achats refuge sur fond d'aversion au risque.

Sur le marché obligataire, l'emprunt à 10 ans a regagné 11/32 en valeur après sa chute de la veille, pour un rendement de 1,85%. Sur le Nymex, les cours du pétrole se sont eux aussi repris en clôture pour finir peu changés.

(avec Yashaswini Swamynathan, Véronique Tison pour le service français)

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