Wall Street fait sa rentrée avec la Fed et l'emploi

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par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 5 janvier (Reuters) - La trêve des confiseurs est bel et bien terminée à Wall Street où le compte rendu de la dernière réunion monétaire de la Réserve fédérale et les chiffres mensuels de l'emploi occuperont le devant de la scène au cours de la semaine à venir.

C'est lors de son ultime réunion de l'année, les 17 et 18 décembre, que la banque centrale a pris beaucoup d'intervenants de court en décidant de réduire dès à présent ses injections de liquidités qui ont soutenu le marché boursier américain tout au long de 2013.

Publié mercredi, le compte rendu des débats permettra aux investisseurs d'en savoir plus sur les motifs de cette décision et apportera peut-être des indications sur le rythme auquel les mesures de soutien seront dénouées.

Pour l'heure, la Fed s'est contentée de faire savoir que ses rachats d'actifs, jusque-là opérés au rythme de 75 milliards de dollars par mois, seraient réduits de dix milliards, et son président sortant Ben Bernanke a redit vendredi que la politique monétaire resterait très accommandante. (voir ID:nL6N0KD2NF )

L'annonce du début de dénouement avait été bien accueillie par les marchés car elle confirmait la meilleure santé de l'économie américaine, désormais suffisamment forte pour que la Fed commence à lever le pied, et mettait fin à des mois d'incertitudes sur le calendrier du "tapering".

Les derniers indicateurs en date, notamment l'indice ISM manufacturier jeudi, ont confirmé la vigueur sous-jacente de l'économie et justifié a fortiori la décision de la Fed.

Mais la véritable épreuve de vérité viendra vendredi avec la publication des chiffres de l'emploi de décembre, statistique fétiche du marché et d'autant plus suivie que la Fed en a fait un élément d'orientation de sa politique, s'engageant à maintenir ses taux proches de zéro "bien après" le passage du taux de chômage sous le seuil de 6,5%.

Les économistes attendent en moyenne 197.000 créations d'emploi hors agriculture, contre 203.000 en novembre, avec un taux de chômage stable à 7,0% - son plus bas niveau en cinq ans.

"On s'attend à un chiffre relativement robuste, car sinon la Fed n'aurait pas pris les devants", déclare Rex Macey, directeur des investissements chez Wilmington Trust Investment Advisors à Wilmington dans le Delaware.

A l'inverse, une statistique décevante pourrait laisser craindre que la banque centrale a agi trop tôt et faire reculer Wall Street, d'autant que l'envolée de près de 30% des valeurs américaines en 2013 appelle une consolidation.

La Bourse a fait du surplace au cours de la première semaine de 2014, l'indice Standard & Poor's .SPX cédant 0,6% dans de petits volumes.

DÉBUT DES RÉSULTATS

La semaine qui vient verra aussi le début des publications de résultats de sociétés du quatrième trimestre, avec Monsanto

MON.N le 8 janvier puis Alcoa AA.N le lendemain.

Mais le véritable coup d'envoi de la "saison des résultats" ne sera donné que la semaine suivante avec les comptes trimestriels des grandes banques, dont JP Morgan & Chase

JPM.N , Bank of America BAC.N et Citigroup C.N , et de géants industriels comme Intel INTC.O ou General Electric

GE.N .

Dans l'ensemble, les résultats du quatrième trimestre sont attendus en hausse de 7,6% par rapport aux trois derniers mois de 2012, selon les données de Thomson Reuters, après une croissance de 6% au troisième trimestre.

"L'idéal serait d'avoir à la fois une croissance des bénéfices et une confirmation de l'amélioration de l'économie. Alors la voie sera libre pour monter encore en 2014", conclut John Fox, directeur de recherche chez Fenimore Asset Management à Cobleskill (New-York).

(Véronique Tison pour le service français)

 

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