Wall Street fait du surplace, le pétrole pèse

le
0
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini sans tendance jeudi, effaçant ses gains en fin de séance sous la pression du compartiment de l'énergie qui a pâti de la rechute des cours du pétrole, avec le brut léger américain qui est tombé à son plus bas niveau depuis six ans.

L'indice Dow Jones des 30 grandes valeurs a conservé en clôture un maigre gain de 5,74 points ou 0,03% à 17.408,25, après être monté en séance jusqu'à 17.481.

L'indice plus large Standard & Poor's 500 a abandonné 2,66 points, soit 0,13%, à 2.083,39 et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a cédé 10,83 points (0,21%) à 5.033,56 en dépit d'une belle progression de Cisco.

Le compartiment de l'énergie a accusé la plus forte baisse des 10 grands indices sectoriels S&P-500 dans le sillage du brut léger texan WTI qui a brièvement enfoncé le seuil des 42 dollars pour la première fois depuis 2009.

Les assurances données par la Chine sur sa politique de change ont par ailleurs permis au marché de se focaliser de nouveau sur l'économie américaine, mais les solides indicateurs du jour plaident en faveur d'une hausse des taux de la Réserve fédérale dès le mois prochain.

La Banque populaire de Chine, s'efforçant d'endiguer le mouvement de vente massif qui a fait perdre au yuan environ 4% de sa valeur en deux jours, a tenu une conférence de presse pour dire que la conjoncture chinoise ne justifiait pas une dépréciation supplémentaire de la devise.

Ces assurances semblant exclure une guerre des monnaies ont permis aux marchés européens de rebondir après deux séances de forte baisse et au dollar de reprendre des couleurs en réaction aux indicateurs économiques américains.

Le rebond plus fort qu'attendu des ventes au détail en juillet et le marché du travail toujours robuste, en dépit d'une légère augmentation des inscriptions au chômage la semaine dernière, remettent en selle l'hypothèse d'une hausse des taux directeurs de la Fed lors de sa prochaine réunion des 16-17 septembre, même si la baisse de 0,9% des prix à l'importation en juillet confirme l'absence de pressions inflationnistes.

Les anticipations de hausse de taux avaient baissé depuis mardi après la dévaluation inattendue du yuan, mais une enquête publiée jeudi par Reuters montre que les économistes tablent toujours sur un premier resserrement en septembre, qui pourrait être suivi d'un autre en décembre.

"La croissance est bien là, tirée par le consommateur. Cela va rassurer la Fed et renforcer la probabilité d'un relèvement des taux en septembre", commente Luke Tilley, chef économiste chez Wilmington Trust.

CISCO EN VEDETTE APRÈS SES RÉSULTATS

Mais une hausse de taux, si elle confirme la bonne santé retrouvée de la première économie mondiale, sera aussi source de fébrilité pour les investisseurs, note Kim Forrest, analyste marchés chez Fort Pitt Capital Group à Pittsburgh. "Le marché s'est tellement habitué à la politique de taux zéro que la perspective d'un resserrement en septembre rend les gens nerveux", dit-elle.

"Et puis toutes les inquiétudes sur la Chine n'ont pas disparu car ce pays est tellement opaque et les chiffres officiels soulèvent toujours des questions", souligne-t-elle.

Parmi les valeurs en vue, l'équipementier des réseaux Cisco Systems s'est adjugé 2,87% à 28,70 dollars au lendemain de la publication de résultats trimestriels supérieurs aux estimations des analystes.

News Corp, le propriétaire du Wall Street Journal, a bondi de 7,58% après là encore des résultats supérieurs aux attentes.

Yahoo a pris 4,18% à 35,93 dollars après un relèvement de recommandation de Bernstein, qui est passé de "performance en ligne" à "surperformance" en mettant en avant le potentiel de rebond du titre du groupe internet après une baisse de 32% depuis le 1er janvier.

Le constructeur de voitures électriques Tesla s'est redressé de 1,82% après avoir annoncé qu'il comptait lever environ 500 millions de dollars par le biais de la vente de 2,1 millions d'actions, une augmentation de capital à laquelle souscrira son directeur général, Elon Musk.

A la baisse, le groupe de grands magasins Kohl's a chuté de 8,76% à 56,11 dollars après la publication de résultats trimestriels inférieurs au consensus.

Dans le secteur pétrolier, Chevron, composante du Dow Jones, a perdu 1,08%. Trente-huit des 40 valeurs de l'indice sectoriel S&P de l'énergie ont fini dans le rouge.

(Caroline Valetkevitch, avec Tanya Agrawal à Bangalore, Véronique Tison pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant