Wall Street évoluera encore au gré du dossier Deutsche Bank

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 (Répétition sans changement d'une dépêche initialement publiée 
dimanche) 
    par Rodrigo Campos 
    NEW YORK, 3 octobre (Reuters) - L'ombre de Deutsche Bank 
 DBKGn.DE  devrait encore planer au-dessus des marchés actions 
mondiaux cette semaine, au cours de laquelle la première banque 
allemande pourrait apprendre quelle somme elle devra verser au 
gouvernement américain pour régler un litige lié à la vente de 
titres adossés à des créances hypothécaires. 
    Vendredi, le titre Deutsche Bank a touché en séance un plus 
bas record de 9,898 euros, un niveau qui représentait une chute 
de près de 24% par rapport à son cours de clôture du 15 
septembre, juste avant que le département de la Justice ne dise 
avoir demandé la somme de 14 milliards de dollars (12,5 
milliards) dans l'enquête sur la commercialisation, avant la 
crise financière de 2007-2009, de "mortgage backed securities" 
(MBS).   
    Ce même jour, la valeur a in fine terminé en hausse de 
6,39%, à 11,57 euros, dans des volumes record, affichant sa 
meilleure performance quotienne en cinq ans, après une 
information de l'AFP disant que le montant de l'amende avait été 
ramené à 5,4 milliards de dollars.   
    Selon les analystes de Morgan Stanley, la banque allemande 
finira par payer quelque six milliards de dollars dans le cadre 
d'un accord avec la justice américaine. 
    Dans une interview accordée au Frankfurter Allgemeine 
Sonntagszeitung Felix Hufeld, le président de la BaFin, 
l'autorité allemande de tutelle du secteur financier, a mis en 
garde contre le risque de se laisser entraîner dans une "spirale 
négative", sans spécifiquement faire référence au cas Deutsche 
Bank.   
    Depuis le début de l'année, le titre Deutsche Bank est en 
recul de 48,6% contre -23,3% pour l'indice regroupant les 
valeurs bancaires européennes  .SX7P , plus mauvaise performance 
sectorielle de 2016 à ce stade, et -6,26% pour l'indice Stoxx 
600  .STOXX . 
    Par rapport à son dernier cours de 2013, l'action Deutsche 
Bank a plongé de 65%, contre -28% pour l'indice bancaire et 
+4,5% pour le Stoxx. 
    Wall Street ainsi que les Bourses européennes ont évolué au 
gré de l'action Deutsche Bank au cours des dernières séances et, 
de l'avis des analystes, cela risque d'être encore le cas dans 
les jours à venir. 
    "Tant que cela fait la une des journaux, ce sera comme une 
ombre. Une fois qu'ils parviendront à une forme d'accord au 
sujet de l'écart de ce qui est demandé à Deutsche Bank, soit 14 
milliards de dollars, et ce que la banque va vraiment payer, 
disons cinq à six milliards, alors les intervenants de marché 
vont commencer à craindre les problèmes", a dit Art Hogan, 
chargé de la stratégie chez Wunderlich Securities. 
    Toujours selon l'AFP, qui cite des sources proches du 
dossier, l'accord pourrait être annoncé dans les jours à venir. 
     
    LE PARALLÈLE AVEC LEHMAN BROTHERS N'EST PAS ÉTABLI 
    Sur l'ensemble de la semaine dernière, le Dow Jones  .DJI  a 
gagné 0,25%, le S&P 500  .SPX  a pris 0,16% et le Nasdaq 
Composite  .IXIC  0,12 %, les trois indices ayant enchaîné leur 
troisième progression hebdomadaire de suite. 
    Mais l'indice bancaire KBW  .BKX  a fini la semaine sur un 
recul de 0,55% et l'indice S&P regroupant les valeurs 
financières  .SPSY  a accusé un repli hebdomadaire de 0,31%. 
Depuis le début de l'année, ce dernier est en baisse de 0,28%, 
le seul des 11 grands indices sectoriels S&P à être dans le 
rouge sur la période, contre +6,08% pour le S&P 500. 
    Avec une capitalisation boursière de 15,93 milliards d'euros 
(17,91 milliards de dollars) au cours de clôture de vendredi, 
Deutsche Bank pèse bien moins lourd que des géants américains 
tels que Bank of America  BAC.N  (159,7 milliards de dollars de 
capitalisation boursière) ou Citigroup  C.N  (137,2 milliards). 
    Mais cela n'empêche pas que liens commerciaux de Deutsche 
Bank avec les plus grandes banques mondiales en font le 
principal facteur de risque pour le système financier dans son 
ensemble, a dit fin juin le Fonds monétaire international (FMI). 
  
    "Son empreinte mondiale et son rôle eurocentrique n'ont pas 
d'équivalent. Donc Deutsche Bank sera le principal sujet de 
conversation la semaine prochaine", a estimé Peter Kenny, chargé 
de la stratégie marchés chez Global Markets Advisory Group. 
    "A mon avis, les investisseurs n'auront pas la clarté qu'ils 
veulent (...) pendant probablement des semaines." 
    Les analystes financiers ne sont pas allés jusqu'à comparer 
les difficultés actuelles de Deutsche Bank à la faillite de 
Lehman Brothers en 2008, événement qui avait précipité la crise 
financière de l'époque, plongeant les Etats-Unis dans leur pire 
récession depuis les années 1930. 
    "Deutsche Bank n'est pas Lehman et ne constitue pas, comme 
en 2008, une menace susceptible de brutalement mettre à genoux 
l'économie mondiale", a déclaré Mohamed El-Erian, conseiller 
économique chez Allianz. 
    Mais la crise traversée par Deutsche Bank est comme une 
piqûre de rappel "de la fragilité de certaines banques 
européennes", a-t-il ajouté. 
    Outre le dossier Deutsche Bank et avant la saison des 
résultats du troisième trimestre qui sera officieusement lancée 
le 10 octobre par Alcoa  AA.N , les intervenants de marché 
resteront attentifs, entre discours de responsables de la 
Réserve fédérale et indicateurs macro-économiques, à tout signe 
permettant d'en savoir plus sur le calendrier de remontée des 
taux de la Fed. 
    Vendredi sera à cet égard un jour clef avec une intervention 
prévue de Stanley Fischer, vice-président de la Fed, et les 
chiffres de l'emploi pour le mois de septembre, statistique 
surveillée de très près par la banque centrale américaine.     
 
 (Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
  
 
 

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