Wall Street entre volatilité et nervosité

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par Angela Moon

NEW YORK (Reuters) - La semaine qui s'annonce à Wall Street risque bien de ressembler peu ou prou à la précédente, mêlant volatilité et nervosité, la crise de la dette souveraine européenne restant dans tous les esprits.

Cette semaine aura la particularité d'être raccourcie d'une séance, jeudi étant férié aux Etats-Unis où l'on célèbre la fête de Thanksgiving, ce qui devrait se traduire par des volumes réduits.

Les projecteurs seront braqués dès lundi sur Washington où les 12 membres du "super-comité" parlementaire censé assainir les finances publiques doivent rendre publiques leurs propositions lundi, avant de les voter le 23 novembre.

Aux dernières nouvelles, les négociations patinaient, au risque d'un nouveau blocage.

Les plus optimistes des analystes jugent toutefois que certains éléments pourraient être réunis pour qu'un rally se déclenche.

Si le "super-comité" accouchait d'une solution acceptable pour républicains et démocrates et que des progrès étaient réalisés en Europe, "les fondations d'un rally trimestriel pourraient être posées et surprendre les plus 'bullish' des traders", estime Randy Frederick, directeur général du trading et des dérivés chez Schwab à Austin dans le Texas.

"Bien sûr, cela fait beaucoup de si", admet-il.

LES BUNDS MENACÉS ?

La courbe des rendements des emprunts d'Etat de la zone euro montre depuis quelques semaines une corrélation exceptionnellement élevée avec celle des marchés d'actions. Si l'attention s'est surtout portée sur les rendements italiens, espagnols et français les Bunds allemands pourraient à leur être l'objet de toutes les inquiétudes.

"De nouvelles craintes ont surgi au cours des dernières séances, avec notamment la vente d'emprunts allemands", souligne Chuck Retzky de Mizuho Securities USA à Chicago.

"Le marché des Bunds est perçu comme l'un des placements les plus sûrs pour les investisseurs et si la pression vendeuse se confirmait, l'inquiétude sera plus forte encore pour les Treasuries."

Les marchés et l'euro pourraient obtenir un soutien de court terme après les élections législatives en Espagne que l'opposition conservatrice semble en mesure de remporter. Or cette dernière est favorable à davantage de mesures d'austérité, ce qui est susceptible de contenter les investisseurs.

UN RALLY POSSIBLE ?

Le S&P 500 a cédé 3,8% au cours des cinq dernières séance, achevant vendredi soir sa semaine la plus médiocre en deux mois. Mais il est toutefois resté au dessus de sa moyenne mobile sur 50 jours, près de 1.200 points, ce que les chartistes analysent comme le signe d'une forte capacité de résistance.

"Selon nos prévisions, les dernières vagues de ventes observées sur les marchés ne sont pas annonciatrices d'une phase baissière, d'un effondrement qui durerait plusieurs mois", explique Robert Sluymer de RBC Capital Markets à New York.

"C'est plutôt le signe d'une pause après les fortes hausses enregistrées en octobre et un nouveau rally timide pourrait se développer sous peu."

Sur l'agenda des indicateurs de la semaine, figurent les reventes de logements et les chiffres préliminaires pour le produit intérieur brut, mardi. Le lendemain, on connaîtra les chiffres des commandes de biens durables, les revenus des ménages.

Nicolas Delame pour le service français

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