Wall Street en mode d'attente avant l'emploi et la Fed

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UNE SEMAINE D'TTENTE SUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS AVANT L'EMPLOI ET LA FED
UNE SEMAINE D'TTENTE SUR LES MARCHÉS AMÉRICAINS AVANT L'EMPLOI ET LA FED

(Reuters) - De retour devant leurs écrans après le long week-end de Thanksgiving, les investisseurs à Wall Street vont probablement rester peu actifs avant les chiffres de l'emploi de novembre, publiés vendredi, et surtout la réunion de décembre de la Réserve fédérale qui devrait se solder par une première hausse de taux depuis près de dix ans.

La semaine sera chargée en indicateurs économiques et en prises de parole de responsables de la Fed mais, sauf énorme surprise, rien ne semble devoir désormais modifier les anticipations d'une hausse de taux le 16 décembre, à l'issue de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale.

Même les chiffres de l'emploi, d'habitude si déterminants pour l'orientation des marchés, apparaissent tout juste comme une ultime case à cocher avant le rendez-vous de décembre.

Les économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne 200.000 créations de postes en novembre et un taux de chômage stable à 5,0%, son plus faible niveau depuis sept ans et demi.

Un chiffre décevant ne suffirait probablement pas à altérer les anticipations de hausse des taux, compte tenu de la situation de quasi plein emploi, et dans ce contexte le débat évolue davantage vers le rythme que la Fed imprimera à son cycle de resserrement monétaire plutôt que sur les conclusions de la réunion de décembre.

Plus que les chiffres de l'emploi, la Fed surveille actuellement la rapide appréciation du dollar qui équivaut de facto à un durcissement des conditions monétaires. Mais, notent les économistes, le commerce extérieur américain étant moins sensible à l'évolution des taux de change qu'ailleurs -- en Europe notamment -- l'impact du dollar fort sur la politique monétaire américaine est moindre.

LA BCE AVANT LA FED

Tous les yeux n'en seront pas moins rivés sur l'euro/dollar jeudi alors que la Banque centrale européenne tiendra sa propre réunion de politique monétaire qui, a laissé entendre son président Mario Draghi, devrait déboucher sur de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire, élargissant ainsi le fossé entre les politiques monétaires des deux côtés de l'Atlantique.

Par coïncidence, Janet Yellen, la présidente de la Fed, sera auditionnée par une commission sénatoriale sur les perspectives économiques des Etats-Unis au moment même où Mario Draghi expliquera ses mesures à Francfort.

Janet Yellen aura déjà eu l'occasion de s'exprimer la veille devant l'Economic Club of Washington mercredi, mais c'est bien Mario Draghi qui lui volera la vedette jeudi.

Sur le front des indicateurs, les investisseurs prendront connaissance lundi de l'indice des directeurs d'achat (PMI) de Chicago et des promesses de vente immobilières de novembre. Mardi verra la publication des chiffres de ventes automobiles ainsi que des indices PMI de Markit et de l'ISM. Mercredi, l'enquête ADP sur l'emploi dans le secteur privé donnera un avant-goût des chiffres que publiera vendredi le gouvernement pour l'ensemble du marché du travail.

L'actualité sera beaucoup plus calme du côté des résultats de sociétés, avec seuls quelques seconds rôles au programme comme le fabricant de semi-conducteurs Marvell Technology, le distributeur discount Dollar General ou les enseignes de prêt-à-porter American Eagle Outfitters et Aeropostale.

VENTES DE NOËL

Le secteur de la distribution sera particulièrement en lumière avec le week-end de Thanksgiving, et son "Black Friday", qui ont donné le coup d'envoi de la période des achats de Noël.

Les premières indications font état d'une légère baisse des ventes des magasins en dur, qui font preuve de résistance toutefois, face à la déferlante du commerce en ligne et confirment la préférence des acheteurs pour les produits pour la maison, les jouets ou l'électronique grand public, aux dépens des vêtements et de la parfumerie.

Ces tendances ne sont pas nouvelles et expliquent que les grands magasins Macy's et Nordstrom, essentiellement axés sur l'habillement, aient vu leur cours de Bourse fondre de 39% et 22% depuis le début de l'année, tout comme le joaillier Tiffany's qui a cédé 23%.

A l'inverse, la chaîne de bricolage Home Depot a vu son action grimper de 29% depuis le début de l'année et Amazon.com, le géant du commerce en ligne, a plus que doublé son cours de Bourse.

Le bond d'Amazon explique en bonne partie la hausse de 27% de l'indice sectoriel S&P du commerce de détail sur ces près de 11 mois, à comparer à la hausse modeste de l'indice général Standard & Poor's-500.

Reste à voir ce que donnera la saison de Noël. Selon une enquête Gallup, les Américains prévoient de dépenser cette année en moyenne 830 dollars (783 euros) en cadeaux, contre 720 dollars l'an passé. Mais un sondage Reuters/Ipsos a montré au contraire que les consommateurs étaient plus nombreux à penser réduire leur budget de Noël qu'à l'augmenter.

(Noel Randewich à San Francisco et Sourav Bose à Bangalore, Véronique Tison pour le service français)

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