Wall Street en mode d'attente avant l'emploi et la Fed

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    29 novembre (Reuters) - De retour devant leurs écrans après 
le long week-end de Thanksgiving, les investisseurs à Wall 
Street vont probablement rester peu actifs avant les chiffres de 
l'emploi de novembre, publiés vendredi, et surtout la réunion de 
décembre de la Réserve fédérale qui devrait se solder par une 
première hausse de taux depuis près de dix ans. 
    La semaine sera chargée en indicateurs économiques et en 
prises de parole de responsables de la Fed mais, sauf énorme 
surprise, rien ne semble devoir désormais modifier les 
anticipations d'une hausse de taux le 16 décembre, à l'issue de 
la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la 
banque centrale. 
    Même les chiffres de l'emploi, d'habitude si déterminants 
pour l'orientation des marchés, apparaissent tout juste comme 
une ultime case à cocher avant le rendez-vous de décembre. 
    Les économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne 
200.000 créations de postes en novembre et un taux de chômage 
stable à 5,0%, son plus faible niveau depuis sept ans et demi. 
    Un chiffre décevant ne suffirait probablement pas à altérer 
les anticipations de hausse des taux, compte tenu de la 
situation de quasi plein emploi, et dans ce contexte le débat 
évolue davantage vers le rythme que la Fed imprimera à son cycle 
de resserrement monétaire plutôt que sur les conclusions de la 
réunion de décembre. 
    Plus que les chiffres de l'emploi, la Fed surveille 
actuellement la rapide appréciation du dollar qui équivaut de 
facto à un durcissement des conditions monétaires. Mais, notent 
les économistes, le commerce extérieur américain étant moins 
sensible à l'évolution des taux de change qu'ailleurs -- en 
Europe notamment -- l'impact du dollar fort sur la politique 
monétaire américaine est moindre. 
     
    LA BCE AVANT LA FED 
    Tous les yeux n'en seront pas moins rivés sur l'euro/dollar 
jeudi alors que la Banque centrale européenne tiendra sa propre 
réunion de politique monétaire qui, a laissé entendre son 
président Mario Draghi, devrait déboucher sur de nouvelles 
mesures d'assouplissement monétaire, élargissant ainsi le fossé 
entre les politiques monétaires des deux côtés de l'Atlantique. 
    Par coïncidence, Janet Yellen, la présidente de la Fed, sera 
auditionnée par une commission sénatoriale sur les perspectives 
économiques des Etats-Unis au moment même où Mario Draghi 
expliquera ses mesures à Francfort. 
    Janet Yellen aura déjà eu l'occasion de s'exprimer la veille 
devant l'Economic Club of Washington mercredi, mais c'est bien 
Mario Draghi qui lui volera la vedette jeudi. 
    Sur le front des indicateurs, les investisseurs prendront 
connaissance lundi de l'indice des directeurs d'achat (PMI) de 
Chicago et des promesses de vente immobilières de novembre. 
Mardi verra la publication des chiffres de ventes automobiles 
ainsi que des indices PMI de Markit et de l'ISM. Mercredi, 
l'enquête ADP sur l'emploi dans le secteur privé donnera un 
avant-goût des chiffres que publiera vendredi le gouvernement 
pour l'ensemble du marché du travail. 
    L'actualité sera beaucoup plus calme du côté des résultats 
de sociétés, avec seuls quelques seconds rôles au programme 
comme le fabricant de semi-conducteurs Marvell Technology 
 MRVL.O , le distributeur discount Dollar General  DG.N  ou les 
enseignes de prêt-à-porter American Eagle Outfitters  AEO.N  et 
Aeropostale  ARO.N . 
     
    VENTES DE NOËL 
    Le secteur de la distribution sera particulièrement en 
lumière avec le week-end de Thanksgiving, et son "Black Friday", 
qui ont donné le coup d'envoi de la période des achats de Noël. 
    Les premières indications font état d'une légère baisse des 
ventes des magasins en dur, qui font preuve de résistance 
toutefois, face à la déferlante du commerce en ligne et 
confirment la préférence des acheteurs pour les produits pour la 
maison, les jouets ou l'électronique grand public, aux dépens 
des vêtements et de la parfumerie.  ID:nL8N13O0NT  
    Ces tendances ne sont pas nouvelles et expliquent que les 
grands magasins Macy's  M.N  et Nordstrom  JWN.N , 
essentiellement axés sur l'habillement, aient vu leur cours de 
Bourse fondre de 39% et 22% depuis le début de l'année, tout 
comme le joaillier Tiffany's  TIF.  qui a cédé 23%. 
    A l'inverse, la chaîne de bricolage Home Depot  HD.N  a vu 
son action grimper de 29% depuis le début de l'année et 
Amazon.com  AMZN.O , le géant du commerce en ligne, a plus que 
doublé son cours de Bourse. 
    Le bond d'Amazon explique en bonne partie la hausse de 27% 
de l'indice sectoriel S&P du commerce de détail  .SPXRT  sur ces 
près de 11 mois, à comparer à la hausse modeste de l'indice 
général Standard & Poor's-500  .SPX . 
    Reste à voir ce que donnera la saison de Noël. Selon une 
enquête Gallup, les Américains prévoient de dépenser cette année 
en moyenne 830 dollars (783 euros) en cadeaux, contre 720 
dollars l'an passé. Mais un sondage Reuters/Ipsos a montré au 
contraire que les consommateurs étaient plus nombreux à penser 
réduire leur budget de Noël qu'à l'augmenter. 
 
 (Noel Randewich à San Francisco et Sourav Bose à Bangalore, 
Véronique Tison pour le service français) 
  
 
 

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