Wall Street dans l'attente du référendum britannique

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    par Saqib Iqbal Ahmed 
    NEW YORK, 19 juin (Reuters) - Wall Street s'apprête à vivre 
une semaine tendue dans l'attente du référendum britannique sur 
l'Union européenne, dont l'issue pourrait avoir d'importantes 
conséquences pour l'économie mondiale et, par ricochet, sur le 
marché boursier américain. 
    La séance de vendredi, quand seront connus les résultats de 
la consultation de la veille, pourrait être la plus chargée de 
l'année d'autant que les gérants de fonds prendront connaissance 
ce jour-là de la révision annuelle des indices FTSE Russell. 
    La Bourse américaine risque de fortement baisser en cas de 
victoire du "Brexit", mais un vote en faveur du maintien du 
Royaume-Uni dans l'UE n'entraînera pas forcément d'euphorie 
compte tenu des inquiétudes sur l'économie américaine. 
    "On reste dans l'ornière", juge Jeff Morris, responsable des 
actions américaines chez Standard Life Investments à Boston. 
    L'avance prise dans les sondages par le camp du "Leave" a 
pesé sur les marchés d'actions en début de semaine dernière 
jusqu'à l'annonce, jeudi, de la suspension de la campagne après 
le meurtre de la député travailliste pro-européenne Jo Cox. 
    Ce drame a d'ailleurs fait rebondir Wall Street jeudi, dans 
l'espoir d'un sursaut du "In", mais le marché est reparti à la 
baisse dès vendredi et le Standard & Poor's-500  .SPX , l'indice 
de référence des gérants américains, a cédé 1,2% sur l'ensemble 
de la semaine.  .NFR  
    D'un point de vue économique, une sortie du Royaume-Uni de 
l'UE ne serait pas forcément problématique pour les Etats-Unis, 
même si un certain nombre de multinationales se sont implantées 
dans le royaume pour en faire un tremplin vers le marché unique. 
    Mais le Brexit a pris une ampleur particulière dans le 
contexte actuel d'inquiétudes sur la croissance, explique Eric 
Wiegand, gérant chez US Bank. "Dans un environnement de 
croissance faible, même les petits problèmes deviennent plus 
aigus", dit-il. 
    Certains investisseurs préfèrent ne pas prendre de risque. 
"Nous avons réduit notre exposition internationale pour réduire 
la part de risque dans notre porfeuille global. On verra quand 
les nuages commenceront à se dissiper", dit Alan Gayle, 
responsable des allocations d'actifs chez RidgeWorth Investments 
à Atlanta. 
    L'indice Vix de la volatilité  .VIX , considéré comme le 
baromètre de la peur à Wall Street, a atteint jeudi un pic de 
quatre mois avant de redescendre en réaction à la suspension 
temporaire de la campagne au Royaume-Uni. 
    "Les investisseurs sont plus nombreux à chercher à couvrir 
leurs risques", constate Stewart Warther, un stratège de BNP 
Paribas spécialisé dans les dérivés sur actions. 
    L'arrivée à échéance des options sur le S&P-500 vendredi 
viendra encore accroître la volatilité, tout comme les 
ajustements de portefeuille liés à la révision annuelle des 
indices Russell 2000 et Russell 1000. 
    Les fonds indexés sur ces indices seront alors tenus de 
vendre ou d'acheter des titres pour continuer de les répliquer. 
    Les gérants qui auraient pu être tentés d'anticiper la 
révision vont préférer attendre le résultat du référendum 
britannique, estime Chad Dale, responsable de la recherche sur 
les indices chez ITG à Toronto. "Ce qui aura pour effet de 
comprimer les ajustements de portefeuille sur la dernière séance 
(de la semaine)." 
 
 (avec Chuck Mikolajczak, Véronique Tison pour le service 
français) 
  
 
 

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