Wall Street craint l'impact du dollar sur les résultats à venir

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par Sinead Carew 3 avril (Reuters) - Les résultats trimestriels qui approchent pourraient montrer que les analystes de Wall Street ont sous-estimé l'impact du dollar sur les bilans des entreprises américaines. Le dollar s'est apprécié de 9% depuis le début de l'année et si les sociétés ont mentionné les effets de change dans leurs prévisions, la plupart des analystes n'ont pas pour autant révisé leurs estimations pour refléter ce phénomène. Monsanto MON.M , par exemple, avait prévenu dès le mois de janvier que les effets de change pourraient amputer ses bénéfices de 2015 de 15 à 20 cents par action. La plupart des analystes interrogés pour établir le consensus n'ont pas tenu compte de l'avertissement et le verdict est tombé mercredi, quand le semencier a fait état d'un bénéfice trimestriel de 2,90 dollars par action, inférieur au chiffre de 2,93 dollars qu'attendaient les analystes, selon Thomson Reuters I/B/E/S. "La probabilité de voir des résultats américains inférieurs (aux attentes) est particulièrement forte", note Chris Faulkner-Mac Donagh, stratège de marché chez Standard Life Investments. "On va vraiment le sentir ce trimestre ainsi que le suivant". Pour Wolfgang Koester, analyste des changes chez FiREapps, les effets de change pourraient coûter aux entreprises nord-américaines cotées plus de 25 milliards de dollars en chiffre d'affaires et sept cents par action en bénéfices en moyenne sur le seul premier trimestre. Le fait que les analystes intègrent peu la flambée du dollar dans leurs prévisions perturbe certaines entreprises, notamment Red Hat RHT.N , leader de la distribution du système d'exploitation Linux. "La dévaluation rapide de presque toutes les devises face au dollar n'est pas une nouveauté et il est surprenant de voir que seulement 30% des analystes 'sell-side' qui suivent Red Hat ont adapté leurs modèles aux taux actuels", observait la semaine dernière le directeur financier Charles Peters. Les analystes plaident leur cause en expliquant qu'il est pratiquement impossible de quantifier les effets de change si les entreprises restent discrètes sur leurs stratégies de couverture ou sur la répartition des revenus et résultats escomptés suivant les devises concernées. "Les analystes naviguent à vue en fonction de la précision des informations mises à leur disposition par les équipes de direction", dit Daniel Ives, analyste de FBR Capital Markets. "L'extrême volatilité rend la situation compliquée pour les analystes comme pour les gestionnaires". (Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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