Wall Street craint l'impact du dollar fort sur les résultats

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UNE SEMAINE MARQUÉE PAR LE DÉBUT DE LA SAISON DES RÉSULTATS TRIMESTRIELS À WALL STREET
UNE SEMAINE MARQUÉE PAR LE DÉBUT DE LA SAISON DES RÉSULTATS TRIMESTRIELS À WALL STREET

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - La semaine qui vient sera marquée à Wall Street par le début des publications de résultats des entreprises au troisième trimestre et les investisseurs craignent tout particulièrement l'impact du dollar fort.

Le billet vert s'est apprécié de 8% face à un panier de six grandes devises depuis la fin juin, et il s'est repris de 10% contre l'euro depuis son plus bas du mois de mai.

La grande majorité des analystes ne voit pas la tendance s'inverser de sitôt compte tenu des bonnes performances de l'économie américaine, notamment au regard de la zone euro.

Les multinationales américaines, très représentées au sein de l'indice Standard & Poor's 500, tirent près de la moitié de leur chiffre d'affaires à l'international.

"Certaines d'entre elles ne seront pas à la hauteur des attentes du marché à cause de leurs activités à l'étranger, ce sera donc une source de déception", prédit Carmine Grigoli, stratège chez Mizuho Securities à New York.

Le consensus n'attend plus qu'une croissance de 6,4% des bénéfices des entreprises du S&P-500 au troisième trimestre alors que la prévision était de +11% il y a seulement deux mois, montrent les données de Thomson Reuters.

Et l'abaissement des prévisions concerne en premier lieu les entreprises les plus présentes à l'international.

Ford en a donné un avant-goût lundi dernier: le deuxième constructeur automobile américain a réduit ses prévisions de bénéfice pour l'ensemble de 2014 du fait de pertes plus fortes qu'attendu en Russie et en Amérique latine.

"Bien sûr il ne faut pas trop extrapoler à partir d'un cas particulier, mais je pense que le sentiment s'est grandement détérioré", note Michael James, chez Wedbush Securities à Los Angeles, alors que l'action Ford a perdu 10,7% sur la semaine.

YUM BRANDS LANCE LA SAISON DES RÉSULTATS

Sa valorisation élevée rend de plus le S&P vulnérable. Même s'il n'a progressé que de 0,6% au troisième trimestre, l'indice de référence des gérants américains reste proche de ses records et il se paie 15 fois les bénéfices estimés à 12 mois, au-dessus de sa moyenne historique de 14,9, selon les données Thomson Reuters.

Le coup d'envoi de la "saison des résultats" sera donné mardi par le groupe de restauration rapide Yum Brands, maison mère de Kentucky Fried Chicken, qui réalise 77% de ses ventes à l'international. Selon Thomson Reuters Starmine, les analystes ont réduit leurs estimations de bénéfice par action de 5,4% en moyenne sur les 30 derniers jours, principalement du fait de l'exposition de Yum à l'international.

Ce n'est pas le cas toutefois pour toutes les multinationales. Les estimations ont ainsi légèrement augmenté, de 0,2% en 30 jours, pour Intel qui réalise pourtant 83% de son chiffre d'affaires à l'étranger. Le géant des semi-conducteurs publiera ses comptes trimestriels le 14 octobre.

Par secteurs, ce sont les technologiques qui ont le plus de présence à l'international avec 57% de leur chiffre d'affaires réalisé hors des Etats-Unis. Parmi elles, Qualcomm a une exposition de 97%, déjà sanctionnée par une baisse de 5,6% du titre du fabricant de puces au troisième trimestre. Les estimations de résultats pour Qualcomm n'ont guère varié sur les 30 derniers jours mais le groupe, il est vrai, ne publiera pas ses comptes avant novembre.

Au sein du S&P-100, c'est le cabinet de conseil Accenture qui a la plus forte exposition à l'international. Et sur les 23 analystes qui ont révisé leurs estimations lors du mois écoulé, 21 l'ont fait à la baisse.

Alors que le bal des résultats débutera en douceur -après Yum sont attendus Alcoa et Monsanto mercredi, puis PepsiCo jeudi, l'actualité sur le front des statistiques se calmera après l'effervescence suscitée vendredi par les chiffres de l'emploi de septembre. Le marché prendra en revanche connaissance, mardi, du compte rendu de la réunion monétaire des 16 et 17 septembre de la Réserve fédérale.

Le S&P, en hausse de 1,12% vendredi, a connu sa meilleure séance depuis le mois d'août mais il a perdu 0,8% sur l'ensemble de la semaine.

(Véronique Tison pour le service français)

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