Wall Street: capitulation évitée de peu.

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(CercleFinance.com) - Un vent glacial soufflait sur Wall Street à la mi-séance vendredi soir, avec un Dow Jones perdant plus de 500Pts, un Nasdaq en repli de plus 4% et l'indice 'VIX' mesurant l'aversion au risque s'est envolé de près de 30% pour atteindre un pic depuis septembre dernier, à 31, avant d'en terminer à 27 (+12,8%).

Cela semblait très mal parti mais au final, la capitulation de la bourse de New York a été évitée.

Des indices plus volatiles comme le Russel-2000 ou le 'Dow Transport' ont même effacé la moitié de leurs pertes en seconde partie de séance pour en terminer sur un repli peu spectaculaire de -1,7% (contre -3,5% vers 19H30, le Russel-2000 se retrouvant au plus bas depuis juillet 2013).

Au final, le Dow Jones cède -2,39% (un peu moins de 400Pts) à 15.988, le Standard & Poor's 500 a réduit sa perte à -2,16% et préserve le plancher des 1.880Pts du 25/08/2015 (la perte hebdo s'établit également à -2,2% et le Nasdaq Composite a lâché -2,75%, affichant une perte hebdo de -3,3%)... on avait déjà vu bien pire la semaine précédente avec -7% (soit tout de même -10,3% en cumulé).

Quels que soient les motifs macro-économiques invoqués -et les motifs de pessimisme sont nombreux-, un des accélérateurs des allègements de positions, ce fut la peur de mauvaises surprises pouvant survenir durant un 'pont' de 3 jours, lundi étant jour férié aux Etats-Unis (célébration du Martin Luther King's Day).

La comportement du baril de pétrole continue de stresser les investisseurs qui lui accordent le statut de précurseur de l'activité économique mondiale: avec un nouveau plancher proche des 29$ en séance vendredi sur le NYMEX (29,13$, c'est très proche), le baril affichait un recul de plus de 20% depuis le 1er janvier, du jamais vu depuis l'été 2008 et le début de la crise financière de 2008... mais le 'WTI' ricochait sous les 140$ et corrigeait les effets d'une bulle.

Le pétrole a été naturellement impacté négativement par plusieurs indicateurs publiés vendredi qui accréditent le scénario d'un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis au quatrième trimestre que la FED a ignoré pour justifier un 1er tour de vis monétaire.

Les ventes de détail ont reculé de -0,1% en décembre, alors que les 'faiseurs d'opinion' de Wall Street affirment depuis des mois que la croissance américaine revient, portée par le consommateur -le grand bénéficiaire de la baisse du pétrole (hors carburants et énergie, les ventes de détail ressortent 'flat').

La consommation se porte tellement bien que Wal Mart annonçait vendredi la fermeture de 269 magasins dans le monde (et le groupe Casino jette l'éponge au Vietnam, en Thaïlande... alors qu'il porte désormais une lourde croix au Brésil où le pouvoir d'achat des ménages s'effondre).

Pour revenir à l'intérieur des frontières américaines, l'indice Empire State, baromètre de l'activité industrielle dans la région de New York a subi un décrochage de -13,2Pts, de -6,2 vers -19,4: c'est le pire score observé depuis avril 2009... et ce n'est pas à cause des intempéries puisqu'il faisait anormalement doux en fin d'année, même pas de tempêtes pour justifier une baisse ponctuelle d'activité.

La production industrielle des Etats-Unis a baissé de 0,4% en décembre 2015, toujours selon la Réserve fédérale, soit 4 fois plus qu'attendu.

Les prix à la production ressortent à +0,2% en rythme annuel, mais à -0,1% en donnée 'brute' (les prix à l'import avaient chuté de -1,2% la veille). Les stocks sont en repli de -0,2% et pour finir sur une bonne nouvelle, la confiance des consommateurs américains a rebondi de +0,7% à 93,3.

En ce qui concerne les actions cotées sur le NYSE ou le Nasdaq, tous les indices sectoriels ont fini nettement dans le rouge, et notamment ceux concernant les valeurs bancaires, les 'technos' et les valeurs de l'énergie et les produits de base.

Avec la chute du 'WTI' sous les 30$ puis la baisse du gaz Williams chute de -12%, Consol Energy de -11% et Marathon Oil de -10,2%, sans oublier Anadarko avec -8,5%, Peabody -7%, Devon ou Range Resources avec -5,6%, Noble -5%, Conoco Philips -4,6%, etc.

Le secteur des valeurs technologiques a plongé de -3,1% dans le sillage du titre Intel (-9,1% à 29,75$) qui indique une croissance plus lente de son activité très rentable des 'serveurs'.

Microsoft a lâché -4% à 51$ , Amazon, Netapp et Qualcomm près de -4% également, Cisco -4,2%, Sandisk -4,5%, Nvidia -5,4%, Skyworks -6%, Autodesk -6,2%, Micron et NXP -7,8%, AMD -8,4%.

Toujours au sein du Nasdaq-100, les 'biotechs/pharmas' chutaient de -3% avec notamment Vertex à -4%, Alexion -5,1%.

Le secteur financier a également été malmené (-2,4%) dans le sillage de Citigroup (-6,4%) malgré un bénéfice trimestriel multiplié par 10 sur un an (mais dix fois 1 cela ne fait pas grand-chose à la sortie, et le groupe semble trop exposé sur les pays émergents).

Morgan Stanley chutait de -4,4%, Bank of America et Goldman Sachs de -3,5% puis BlackRock de -3,6% sur un résultat inférieur aux attentes pour cause de tendance adverse sur les marchés... laquelle profite aux valeurs refuges telles que les T-Bonds dont le rendement est brièvement repassé sous 2% vendredi vers 15H, pour la première fois depuis octobre avant de remonter à 2,04% au final, soit -8Pts de base sur la semaine écoulée.

Certes, les taux longs US se détendent, mais nous sommes loin d'assister à une 'fuite massive vers la sécurité'.

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