Wall Street bousculée mais pas terrifiée après l'élection de Trump

le
0

Wall Street, comme le reste des places financières dans le monde, se montrait tourmentée mercredi à l'idée d'une présidence Trump et de son lot d'incertitudes sans toutefois céder à la panique avant l'ouverture.

Les contrats à terme, qui reflètent le sentiment des investisseurs en dehors de la séance officielle, ont certes encaissé le choc dans la nuit, dévissant de plus de 5% au fur et à mesure que le candidat républicain consolidait son avance sur Hillary Clinton. Mais ils se sont ressaisis et s'affichaient nettement moins en baisse à l'approche du début des échanges sur le parquet à 14H30 GMT.

Le contrat à terme sur le Dow Jones, principal indice de la place new yorkaise, reculait ainsi vers 13H00 GMT de 1,42% dans les échanges électroniques, celui sur le SP 500 de 1,39% et celui sur le Nasdaq, à dominante technologique, de 1,76%.

"Le marché a réagi intensément en rejetant tous les actifs risqués au fur et à mesure de la publication des résultats au courant de la nuit", soulignent les analystes de TD Securities. "Au vu de l'incertitude liée au résultat et au fait que le marché ne s'y était vraiment pas préparé, ce contrecoup est, nous semble-t-il, assez raisonnable".

Les investisseurs ont de longue date affiché leur préférence pour la candidate démocrate face à l'imprévisible Donald Trump dont les positions contre le libre-échange commercial et l'immigration inquiètent les grandes entreprises.

"Les priorités fixées ces prochaines semaines par l'équipe de Trump permettront de clarifier la situation", notent les experts de TD Securities. "Dans la mesure où le message se concentrera sur l'allègement fiscal, la déréglementation et la réforme des impôts, les actifs risqués devraient se stabiliser", avancent-ils en soulignant qu'il faudra aussi prendre en compte la probabilité de déficits publics plus élevés.

Mais si le message "se concentre sur le protectionnisme, les tarifs douaniers, l'immigration, les déportations et le changement à la tête de la Fed (la banque centrale américaine), nous pensons que les marchés actions pourraient pâtir encore plus", ajoutent-ils.

Au-delà de la tendance générale à se réfugier mercredi vers les valeurs-refuge, certains secteurs étaient plus particulièrement surveillés.

"Les actions du secteur de la santé pourraient rebondir après les pertes enregistrées dernièrement à cause du sentiment des investisseurs selon lequel l'administration Trump exercerait une pression moins forte sur les prix des médicaments", notent ainsi les analystes de BlackRock. La pression des médias sur le prix des médicaments ainsi que les incertitudes autour de l'avenir de la loi sur la santé Obamacare pourraient toutefois contrebalancer cette tendance, ajoutent-ils.

Les titres des laboratoires Johnson and Johnson, Merk et Pfizer prenaient respectivement 1,67%, 2,43% et 5,53% dans les échanges électroniques.

Les valeurs financières "devraient surperformer à moyen terme" puisque "les Républicains ont proposé de réduire la réglementation Dodd-Frank instaurée après la crise", estiment-ils par ailleurs.

Les banques JPMorgan, Bank of America et Citigroup gagnaient dès mercredi 0,93%, 1,94% et 0,74%.

Quant au secteur de l'énergie, si les producteurs de brut peuvent profiter du discours pro-pétrole et gaz de schiste de Donald Trump, ils pourraient aussi pâtir d'un nouveau rebond de la production américaine susceptible de faire baisser les cours.

ExxonMobil et Chevron perdaient 1,24% et 0,97%.

jum/fz/eb


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant