Wall Street bien partie pour un joli mois de mai

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WALL STREET BIEN PARTIE POUR UN JOLI MOIS DE MAI
WALL STREET BIEN PARTIE POUR UN JOLI MOIS DE MAI

par Angela Moon

NEW YORK (Reuters) - "Sell in May and Go Away" : le vieil adage boursier conseille de vendre en mai et de partir, mais Wall Street semble vouloir l'ignorer cette année.

Le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 ont encore enchaîné les records pendant la semaine écoulée et, au terme de la deuxième semaine de mai, le S&P - l'indice de référence des gérants américains - affiche des gains de 2,3% sur le mois et de 14,6% depuis le début de l'année.

"Au lieu de vendre et de partir, on se prépare peut-être un rally surprise de mai", commente Ryan Detrick, analyste technique chez Schaeffer's Investment Research à Cincinnati, dans l'Ohio. "Les valeurs moyennes ont surperforment le marché depuis quelque temps, c'est encourageant car c'est un signe que les investisseurs n'hésitent pas à aller vers les segments les plus risqués."

Le début du mois a été marqué par le franchissement de deux seuils historiques pour le Dow Jones et le S&P, à respectivement 15.000 et 1.600 points.

Depuis lors, les deux indices se sont maintenus fermement au-dessus de ces marqueurs pendant que le Nasdaq Composite, l'indice riche en technologiques, a retrouvé ses niveaux de clôture d'il y a 12 ans et demi.

Signe de la profondeur du mouvement haussier, l'indice Russell 2000 des valeurs moyennes et "small caps" a aussi atteint des niveaux historiques.

LE S&P SOUS SURVEILLANCE

Le S&P-500 a clôturé vendredi à 1.633 points et, selon les analystes techniques, la prochaine barre à surveiller est le niveau des 1.660 points.

"La grande question est de savoir si le niveau de 1.600 pourra tenir pendant encore une semaine", dit Ari Wald, chez PrinceRidge Group à New York. "Si c'est le cas, le prochain niveau sera 1.660. Mais avec les indices si haut, ce ne sera pas facile."

Le risque d'une correction technique n'empêche pas certains analystes d'entrevoir déjà une poursuite de la tendance haussière jusqu'à la fin de l'année.

"Après une telle hausse, le marché peut-il encore monter sur les sept prochains mois jusqu'à la fin de l'année ? L'histoire montre qu'on a plus de chances de poursuivre en hausse pendant les années fastes que lorsque le marché ne monte pas beaucoup", écrivent les analystes de Bespoke Investment Group dans une note à leurs clients.

Bespoke relève que Wall Street n'a réalisé cette année que son 11e meilleur départ depuis 1991, quand le S&P avait encore engrangé 9,7% sur les sept mois restants.

Si ce scénario se répétait cette année, l'indice large finirait l'année sur un gain de 24,3%.

Les dernières semaines ont été marquées par des rotations en faveur des technologiques et des financières, deux secteurs sensibles à la croissance économique et qui étaient restés à la traîne du marché en début d'année.

"On assiste au rattrapage de valeurs qui avaient beaucoup souffert. Il sera intéressant de voir si ce mouvement va se prolonger", note Ari Wald.

DES NOUVELLES DU CONSOMMATEUR

Les résultats de sociétés passés pour l'essentiel, les investisseurs se focalisent sur les statistiques économiques et la semaine à venir sera chargée à cet égard.

Le département du Commerce publie lundi les ventes au détail d'avril, qui permettront de faire un nouveau point sur la consommation des ménages après de mauvais chiffres en mars.

"Les résultats de sociétés ont fait beaucoup de bien au marché mais la consommation des ménages représente 70% de l'économie. C'est le consommateur qui tient les clés de la Bourse", dit Karyn Cavanaugh, stratège chez ING U.S. Investment Management à New York.

Les investisseurs prendront connaissance des prix à l'importation mardi, puis le lendemain des prix producteurs, de l'indice Empire State sur l'activité dans l'Etat de New York et de l'indice NAHB qui mesure le sentiment des promoteurs immobiliers.

Jeudi seront publiés les chiffres de l'inflation, des mises en chantier de logements et des inscriptions hebdomadaires au chômage, sans oublier l'indice de la Fed de la Philadelphie.

Le consommateur sera de nouveau l'objet de toutes les attentions vendredi avec l'indice Thomson Reuters/Université du Michigan qui mesure son moral.

Sur le front des résultats, la semaine sera dominée par les publications du secteur de la distribution avec notamment le géant Wal-Mart jeudi.

A ce jour, 89% des sociétés du S&P-500 ont publié leurs résultats trimestriels. Parmi elles, 66,7% ont affiché des bénéfices supérieurs aux estimations des analystes, contre une moyenne de 63% depuis 1994. Mais seulement 46,4% ont eu un chiffre d'affaires meilleur qu'attendu, une proportion bien inférieure à la moyenne qui est de 62% depuis 2002.

Véronique Tison pour le service français

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