Wall Street attend avec confiance les indicateurs de mai

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WALL STREET ATTEND AVEC CONFIANCE LES INDICATEURS DE MAI
WALL STREET ATTEND AVEC CONFIANCE LES INDICATEURS DE MAI

NEW YORK (Reuters) - Rassurés par le rebond des créations d'emploi en avril, les investisseurs américains attendent maintenant les premières statistiques du mois de mai pour avoir la certitude que le coup de frein de la croissance au premier trimestre n'était dû qu'à des facteurs temporaires comme le mauvais temps.

Le ventes au détail d'avril, attendues mercredi, et la production industrielle du même mois, vendredi, seront les indicateurs les plus importants de la semaine mais deux enquêtes - l'indice "Empire State" dans l'Etat de New York et l'indice de confiance de l'Université du Michigan - donneront vendredi un premier aperçu de la situation en mai, sans parler des chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage qui sortent le jeudi.

L'indice Empire State, qui mesure l'activité industrielle dans le ressort de la Fed de New York, est attendu en nette hausse à 4,50% après -1,19 en avril tandis que l'indice de confiance du consommateur établi par l'Université du Michigan est prévu en petite progression à 96,0 contre 95,9.

Les ventes au détail devraient de leur côté avoir progressé de 0,2% en avril et de 0,5% hors automobile, alors que la production industrielle se serait reprise de 0,1% après sa baisse de 0,6% de mars qui était sans précédent depuis plus de deux ans et demi.

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a augmenté de 0,2% seulement en rythme annualisé au premier trimestre, selon une première estimation publiée en avril, et certains indicateurs publiés depuis suggèrent que le chiffre officiel pourrait indiquer une contraction de la première économie du monde en janvier-mars, conséquence des vagues de froid qui se sont abattues sur le pays mais aussi d'une grève dans les ports de l'Ouest et de la baisse des investissements dans le secteur pétrolier.

Les chiffres de l'emploi d'avril, publiés vendredi dernier, ont cependant conforté les espoirs de rebond au deuxième trimestre. Le nombre de postes créés a atteint 223.000, conforme aux attentes des économistes, après seulement 85.000 (révisé) en mars et le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 5,4%, son plus bas niveau depuis sept ans, selon les chiffres du département du Commerce.

La statistique dénote une reprise de l'économie après le coup de mou du début d'année sans pour autant faire craindre une surchauffe susceptible d'amener la Réserve fédérale à précipiter un relèvement de ses taux d'intérêt.

LES DISTRIBUTEURS ATTENDUS SUR LES SALAIRES

Wall Street a salué la nouvelle par une hausse de plus de 1,49% de l'indice Dow Jones et le S&P-500 a pris 1,35%, leur meilleure performance depuis le 1er mai.

"Le marché a adoré le rapport sur l'emploi, qui n'aurait pu être meilleur", notait Jack Ablin, directeur des investissements chez BMO Private Bank à Chicago. "C'est un bon chiffre mais en même temps pas assez fort pour susciter des inquiétudes du côté de la Fed."

Les plus grandes banques de Wall Street pensent que la banque centrale commencera à relever ses taux en septembre et qu'elle le fera à deux reprises d'ici la fin de l'année, selon une enquête Reuters effectuée dans la foulée des chiffres de l'emploi.

Le bas niveau des taux d'intérêt, maintenus à juste au-dessus de zéro depuis décembre 2008, a alimenté la hausse de 0,68% du S&P 500 depuis fin décembre 2011 mais cela amène régulièrement les intervenants de marché à se demander comment la place boursière va réagir à un premier tour de vis monétaire en près de dix ans, d'autant que Janet Yellen, la présidente de la Fed, a mis en garde il y a quelques jours contre le niveau élevé de valorisation des marchés actions.

Les indicateurs des prochains jours seront d'autant plus suivis que la saison des résultats touche à sa fin. Comme toujours, les distributeurs ferment la marche avec les publications de Macy's, Nordstrom et Kohl's cette semaine, avant Home Depot, Wal-Mart, Target et Gap la semaine suivante.

L'attention se portera surtout sur leurs politiques salariales alors que Wal-Mart, Target, Gap et McDonald's ont d'ores et déjà augmenté leurs employés en réponse à un mouvement de grogne qui s'étend dans le pays et qui a donné lieu à des manifestations dans les grandes villes le 15 avril.

"Avec le chômage qui baisse, l'employé a davantage de latitude", commente Thomas Sudyka, de la société de gestion Lawson Kroeker à Omaha, dans le Nebraska. Selon les statistiques publiées vendredi, le salaire horaire moyen a progressé de trois cents en avril, soit une hausse de 2,2% sur un an.

(Avec Sinead Carew et Noel Randewich, Véronique Tison pour le service français)

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