Wall Street a pris les gérants de vitesse

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DE NOMBREUX ANALYSTES SURPRIS PAR LA HAUSSE SPECTACULAIRE DU S&P
DE NOMBREUX ANALYSTES SURPRIS PAR LA HAUSSE SPECTACULAIRE DU S&P

par Chuck Mikolajczak

NEW YORK (Reuters) - Après la hausse spectaculaire du S&P 500 depuis le début de l'année, de nombreux analystes semblent avoir été trop prudents.

Alors que l'indice de référence a atteint des records historiques, affichant un gain de plus de 11% depuis le début de l'année, de nombreux analystes à Wall Street ont dû reconnaître qu'ils avaient fixé des objectifs trop bas et les relever.

De fait, il a fallu moins de quatre mois pour que le S&P dépasse les objectifs de fin d'année d'environ les deux tiers des stratèges boursiers interrogés par Reuters en décembre.

Les objectifs de mi-année apparaissent encore plus décalés, le S&P ayant déjà dépassé les prévisions de 27 des 28 stratèges actions interrogés sur le niveau de l'indice à fin juin.

L'enquête de Reuters menée au mois de mars a montré que certains analystes avaient commencé à revoir à la hausse leurs objectifs, au vu du démarrage en trombe de l'année boursière.

Thomas Lee, stratège actions chez JPMorgan à New York, a décidé la semaine dernière de jeter l'éponge et de corriger le tir, annonçant dans deux notes à ses clients que son objectif de 1.580 points pour le S&P à la fin de l'année "semblait bas".

Les indicateurs économiques des six dernières semaines n'ont pas été aussi mauvais que certains ne l'attendaient et le marché a de toute façon ignoré les mauvaises nouvelles, a-t-il dit.

Dans sa note, le stratège de JP Morgan estime qu'à ce jour, 2013 est la plus mauvaise année en termes de performance pour la gestion active depuis 1995, 68% des fonds ayant fait moins bien que leur indice de référence. Les gérants de portefeuilles prennent donc plus de risque pour rattraper leur retard, dit-il.

Toutefois, Thomas Lee n'écarte pas le risque que "le marché commence à corriger juste au moment où nous capitulons".

Fred Dickson, stratège de marché chez D.A. Davidson & Co, qui maintient son objectif à 1.450 points pour fin juin et à 1.500 pour fin 2013, estime qu'il y a une forte probabilité pour que l'indice corrige, en raison notamment de la structure du marché, mené par de nombreux programmes de trading automatique.

L'un des catalyseurs d'un repli pourrait être la saison de publication des résultats trimestriels qui vient de démarrer.

Les résultats des sociétés du S&P 500 devraient afficher une croissance de 1,1% en moyenne, en net recul par rapport à la hausse de plus de 4% qui était attendue en janvier, selon les données de Thomson Reuters. Seules 6% des sociétés ont publié jusqu'à présent, mais elles ont été pessimistes, avec un rapport de 4,7 à 1 entre les avertissements négatifs et positifs.

"La seule chose qui compte maintenant est de voir ce qui ressort des publications de sociétés - c'est l'épreuve du feu", souligne Gordon Charlop de Rosenblatt Securities à New York.

Cette semaine, 74 sociétés du S&P publient leurs résultats, financières en tête, avec American Express, Goldman Sachs, Bank of America et Citigroup.

Les sociétés internet comme Google et Yahoo, ainsi que les sociétés de l'indice Dow Jones comme Johnson & Johnson, Coca-Cola, McDonald's et General Electric, publieront aussi leurs comptes.

Outre les résultats, les investisseurs surveilleront les indices régionaux de production manufacturière des banques de Réserve fédérale de New York et Philadelphie, le Beige Book de la Fed et les statistiques d'inflation et de mises en chantier.

Juliette Rouillon pour le service français

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  • jl-m le lundi 15 avr 2013 à 08:46

    c'est vrai que la planche à billets ça aide, surtout en levier 10!!!! que du monopoly tout ça.

  • m.young le dimanche 14 avr 2013 à 21:49

    Vous avez dit 'irrational exuberance' ?