Wall Street à l'épreuve des résultats des groupes pétroliers

le
0
WALL STREET À L'ÉPREUVE DES RÉSULTATS DU SECTEUR PÉTROLIER
WALL STREET À L'ÉPREUVE DES RÉSULTATS DU SECTEUR PÉTROLIER

par Ryan Vlastelica

NEW YORK (Reuters) - Après avoir subi en janvier sa plus mauvaise performance mensuelle en un an, Wall Street pourrait continuer de souffrir au début du mois de février en raison de l'éventuel impact sur la cote de résultats trimestriels de grands noms du secteur pétrolier dans un contexte d'effondrement des cours du brut.

En raison d'un déséquilibre persistant entre une offre abondante et une demande atone, les prix de l'or noir ont plongé de quelque 60% depuis leur dernier pic de juin.

Sans surprise, l'indice S&P 500 du compartiment de l'énergie a baissé de 9,99% sur l'ensemble de 2014, plus mauvaise performance sectorielle de l'année, et est déjà en repli de près de 5% depuis le début de l'année.

Selon des données Thomson Reuters, les résultats de groupes pétroliers devraient avoir chuté de 25% sur les trois derniers mois de l'année, contre une estimation de -19,8% datant du 1er janvier.

Sur l'ensemble de l'année, les bénéfices sont vus en baisse de 45% contre une prévision précédente de 23,3%.

ExxonMobil est le grand nom du secteur à publier des résultats cette semaine et ce dès lundi. Depuis le 21 janvier, sept des 18 analystes financiers projetant des chiffres pour le géant pétrolier ont revu leurs estimations à la baisse.

Les projections pour Anadarko Petroleum, qui annoncera également ses chiffres trimestriels cette semaine, ont également été récemment abaissées par les analystes.

Même si des groupes comme ConocoPhillips et Occidental Petroleum ont annoncé des résultats meilleurs que prévu au cours de la semaine écoulée, ils ont drastiquement taillé dans les projets de dépenses d'exploration, ce qui n'est pas de bon augure pour la génération future de bénéfices.

Depuis le début de l'année, le titre Conoco est ainsi en baisse de près de 9% et celui d'Occidental de 0,76%.

CONTRASTE ENTRE WALL STREET ET LES PLACES EUROPÉENNES

Sur l'ensemble de la semaine écoulée, le Dow Jones et le S&P 500 perdu 2,8% et le Nasdaq 2,6.

Pour la totalité du mois de janvier, le Dow Jones accuse un repli de 3,6%, le S&P un recul de 3,1% et le Nasdaq une baisse de 2,1%. C'est la première fois depuis la période avril-mai 2012 que le S&P 500, qui avait perdu 0,42% en décembre, enchaîne deux mois consécutifs de pertes. C'est également sa plus mauvaise performance mensuelle en un an, tout comme pour le Dow.

A l'inverse, les Bourses européennes ont affiché une performance de haut vol sur l'ensemble du mois de janvier, stimulées par la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'injecter massivement des liquidités.

Le CAC 40, indice vedette de la Bourse de Paris, a gagné sur l'ensemble du mois 7,76%, sa meilleure performance mensuelle depuis octobre 2011. Le FTSEurofirst 300 a gagné 7,2% sur l'ensemble du mois, sa meilleure performance mensuelle en trois ans.

Il est vrai que le CAC 40 avait reculé de plus de 0,5% en 2014, et le FTSEurofirst progressé de près de 4%, contre des hausses de 7,5% pour le Dow, de près de 11,5% pour le S&P 500 et de près de 13,5% pour le Nasdaq.

Au-delà d'entreprises du secteur pétrolier, d'autres poids lourds de la cote vont également publier des résultats cette semaine, dont UPS (mardi), General Motors (mercredi), Merck (mercredi) ou encore News Corp.

Et, en termes de statistiques, tout le monde attendra, vendredi, la publication des chiffres de l'emploi pour le mois de janvier. Les économistes tablent en moyenne sur 235.000 créations d'emplois, ce qui serait le douzième mois consécutif de créations d'emplois supérieures à 200.000.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant