Wall Street à l'affût d'indications sur les taux de la Fed

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 (Rpt sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) 
    par Rodrigo Campos 
    NEW YORK, 22 février (Reuters) - Avec un agenda chargé en 
indicateurs économiques et en prises de parole de responsables 
de la Réserve fédérale, Wall Street sera cette semaine à l'affût 
d'indications sur la prochaine décision monétaire de la banque 
centrale, d'autant que les chiffres de l'inflation publiés 
vendredi ont surpris par leur vigueur. 
    Au tournant de 2016, les investisseurs attendaient trois ou 
quatre hausses de taux supplémentaires cette année après celle 
du 16 décembre qui était la première depuis près de dix ans. 
Mais les turbulences sur les marchés et la faiblesse persistante 
des prix les ont amenés à revoir leurs anticipations, certains 
pensant même que la Fed observerait un statu quo toute l'année. 
    La statistique des prix à la consommation en janvier a de 
nouveau chamboulé les scénarios vendredi. Hors énergie et 
alimentation, l'indice des prix à la consommation (CPI) a 
atteint 2,2% en taux annualisé, un niveau sans précédent depuis 
quatre ans et demi et bien au-dessus de l'objectif de 2,0% de la 
Fed, même si cet indicateur n'est pas la mesure d'inflation que 
privilégie la banque centrale.   
    "Ces chiffres d'inflation ont assurément pris les marchés de 
court", souligne Joseph Lavorgna, économiste chez Deutsche Bank 
à New York. "Une semaine plus tôt, le marché ne situait plus 
qu'à 25% la possibilité d'une hausse de taux cette année et nous 
voilà revenus d'un coup à plus de 40%." 
    La statistique a fait monter le dollar comme les rendements 
des effets du Trésor, et l'euro/dollar est tombé à son plus bas 
niveau depuis le 3 février. 
    Les marchés actions sont également sensibles à la politique 
monétaire, d'autant que l'actualité des entreprises se réduit 
avec la saison des résultats du quatrième trimestre qui touche à 
sa fin. Des taux bas constituent généralement un facteur de 
soutien puisqu'ils renforcent l'attrait de valeurs qui offrent 
des dividendes élevés, comme dans les services aux 
collectivités. A l'inverse, un environnement de taux qui montent 
favorise le secteur bancaire. 
    La perspective de nouvelles hausses de taux explique en 
partie que Wall Street ait perdu jusqu'à 11% depuis le début de 
l'année. L'indice Standard & Poor's-500  .SPX  reste encore en 
baisse de 6%, après avoir enregistré la semaine dernière 
seulement son troisième gain hebdomadaire de l'année, même s'il 
a été le plus important jusqu'ici avec une hausse de 2,8%. 
  
    Les chiffres des prix à la consommation, venant s'ajouter à 
des indicateurs vigoureux sur l'emploi et les dépenses des 
ménages, pousseront forcément la Fed à envisager de nouveaux 
tours de vis, estime Jim Paulsen, responsable des 
investissements chez Wells Capital Management à Minneapolis. 
    "Les gens recommencent à remettre l'hypothèse d'un 
resserrement monétaire sur la table", commente-t-il. 
     
    BULLARD PARLE ENCORE 
    L'inflation mesurée par les dépenses de consommation des 
ménages (PCE), l'indicateur favori de la Fed pour la hausse des 
prix, sera publié vendredi et viendra ou non confirmer la 
tendance du CPI.  
    Le marché suivra de près également les indices des 
directeurs d'achat (PMI) dans l'industrie et les services, ainsi 
que deux indicateurs sur la confiance du consommateur. 
    Du côté de la Fed, pas moins d'une dizaine de prises de 
parole sont prévues à des conférences diverses, les plus 
attendues étant certainement des discours du vice-président 
Stanley Fischer à Houston mardi soir puis de Dennis Lockhart, le 
président de la Fed d'Atlanta, dans sa ville jeudi. 
    Mercredi dernier, le président de la Fed de St. Louis, James 
Bullard, réputé être un "faucon" au comité de politique 
monétaire, a fait une volte-face remarquée en estimant qu'il ne 
serait pas judicieux d'augmenter à nouveau les taux d'intérêt au 
vu de inflation qui reste basse et de l'instabilité financière 
mondiale  . Après la statistique du CPI, son 
intervention de mercredi prochain devant le club des Money 
Marketeers de l'Université de New York sera là aussi très 
attendue, d'autant qu'elle sera suivie de questions-réponses. 
    La prochaine réunion du comité de politique monétaire (Fomc) 
de la Fed est programmée pour les 15 et 16 mars, et sera suivie 
d'une conférence de presse de la présidente de l'institution, 
Janet Yellen. 
    Du côté des entreprises, une poignée seulement de résultats 
viendront animer la semaine, avec notamment Home Depot  HD.N  
mardi et HP  HPQ.N  le lendemain. A ce stade, les résultats du 
S&P-500 sont en baisse de 3,7% au quatrième trimestre, avec en 
outre beaucoup de prévisions qui ont déçu pour cette année -- de 
quoi renforcer les arguments de ceux qui plaident pour le 
maintien d'une politique monétaire prudente. 
 
 (Véronique Tison pour le service français) 
  
 
 

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