Wall St prête pour une phase d'incertitude à cause des élections

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    par David Randall 
    NEW YORK, 6 novembre (Reuters) - L'issue de l'élection 
présidentielle américaine de mardi semblant beaucoup moins 
certaine qu'il y a un mois, les gérants de fonds 
d'investissement se sont préparés à une augmentation marquée de 
la volatilité en augmentant la part des liquidités dans leurs 
portefeuilles, mais ils restent prêts à saisir des opportunités 
d'achat. 
    "Le marché avait intégré une victoire d'Hillary (Clinton) et 
maintenant, avec l'irruption de la lettre de Comey, la 
probabilité que ce scénario ne se produise pas a augmenté", 
explique Phil Orlando, gérant de Federated Global Allocation, en 
référence à la lettre adressée au Congrès par le directeur du 
FBI, James Comey, sur la relance de l'enquête sur l'usage par la 
candidate démocrate d'un serveur privé de messagerie 
électronique lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine.  
    L'indice Standard & Poor's 500  .SPX  de la Bourse de New 
York a perdu 2,2% depuis la révélation de l'existence de cette 
lettre le 28 octobre et il a terminé dans le rouge les neuf 
dernières séances, du jamais vu depuis 1980.  
    Phil Orlando explique que son fonds a augmenté la part du 
cash dans son portefeuille pour se préparer à l'éventualité 
d'une baisse de 10% du S&P par rapport à son plus haut 
historique de 2.193,81 points, atteint le 15 août. A la clôture 
de vendredi, l'indice accusait un repli d'un peu moins de 5% par 
rapport à ce record. 
    Et Phil Orlando n'est pas le seul à jouer la prudence. Les 
statistiques publiées jeudi par la société spécialisée Lipper 
montre que les investisseurs ont réduit leur exposition aux 
actions et aux obligations américaines: près de 7,7 milliards de 
dollars ont été retirés des fonds obligataires sur les sept 
jours au 2 novembre, le montant hebdomadaire le plus élevé 
enregistré depuis le début de l'année. 
    Pour les fonds d'actions américaines, les retraits ont 
atteint 3,4 milliards de dollars sur la semaine. 
    Phil Orlando explique que son fonds est désormais neutre par 
rapport au marché, afin de se protéger à la fois contre 
l'éventualité d'une victoire du républicain Donald Trump à la 
présidentielle mais aussi contre celle d'une victoire démocrate 
au Sénat comme à la Chambre des représentants en plus de la 
présidence. Deux résultats opposés qui, selon lui, pourraient 
l'un comme l'autre faire baisser Wall Street de 5% 
supplémentaires. 
     
    LA VOLATILITÉ, UN PROBLÈME EN SOI 
    La volatilité du marché est en soi un sujet de préoccupation 
pour les investisseurs, explique Phil Blancato, directeur 
général de Ladenberg Thalmann Asset Management, qui met en garde 
contre des réactions exagérées aux mouvements liés aux 
élections.  
    "J'ai eu au téléphone plusieurs personnes qui m'ont demandé 
d'augmenter la part de cash sur leur compte à cause de 
l'élection", explique-t-il. "Cela devient presque comique de 
devoir les rassurer à ce stade parce qu'ils croient que le monde 
va s'effondrer si Trump gagne l'élection." 
    Terri Spath, responsable de la stratégie d'investissement de 
Sierra Investment Management, a vendu face à l'augmentation de 
la volatilité, pour se replier sur la dette des marchés 
émergents et les obligations à taux variables, deux catégories 
d'actifs qui devraient être "protégés" selon elle contre les 
résultats des élections américaines.  
    "Nous pensons que ce sera serré et nous préférons rester en 
retrait si la volatilité s'envole", explique-t-elle.  
    Elle précise toutefois être restée à l'achat sur les actions 
de secteurs comme les infrastructures et les transports, qui ont 
plus baissé que l'ensemble du marché alors que les deux 
candidats à la Maison blanche se sont engagés à augmenter les 
dépenses consacrées aux infrastructures de transport.  
    Eric Marshall, gérant d'Hodges Capital, juge quant à lui 
bienvenue la baisse des derniers jours, en rappelant que le 
marché montait régulièrement depuis février à l'exception de la 
brève période de baisse qui a suivi le référendum britannique de 
juin sur l'Union européenne. 
    Il puise dans ses liquidités (autour de 8% de son 
portefeuille) pour se renforcer dans les secteurs de la santé et 
des produits de grande consommation, qui ont baissé depuis une 
semaine, et il se prépare à acheter encore si Donald Trump 
l'emporte mardi ou si le camp démocrate remporte largement les 
élections.  
    "L'accès de faiblesse du Brexit a marqué la dernière 
occasion de gagner un peu d'argent; nous sommes prêts à 
redevenir opportunistes", dit-il.  
     
 
 (avec Chuck Mikolajczak; Marc Angrand pour le service français) 
  
 
 

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