Vue de la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime, le 6 avril 2012

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EDF a annoncé vendredi "un retour à la normale" sur le circuit de refroidissement du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime), après un "incident" classé provisoirement de niveau 1 par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) qui a conduit à l'arrêt du réacteurLe réacteur a continué à refroidir toute la nuit et devrait être en "arrêt à froid" (permettant une intervention sur le circuit primaire de refroidissement) "peut-être ce soir" ou un peu plus tard dans le week-end, a indiqué vendredi à l'AFP Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d'EDF.A l'origine de l'arrêt automatique du réacteur, l'incendie de deux flaques d'huile, précédant une fuite d'eau "sur un joint" de la pompe de refroidissement.Une eau radioactive, mais "collectée dans des réservoirs prévus à cet effet (..) à l'intérieur du bâtiment réacteur", précisait l'opérateur, en assurant que l'incident n'avait eu eu "aucune conséquence sur l'environnement".De son côté, l'ASN a "provisoirement" classé l'événement en niveau 1 sur l'échelle Ines (échelle internationale des événements nucléaires) qui en compte 7, le 1 étant le moins grave.L'Autorité, qui a envoyé une mission d'inspection sur place vendredi, a précisé que le redémarrage du réacteur serait soumis à son autorisation.Eva Joly, candidate EELV à l'Elysée, a demandé vendredi dans un communiqué "la plus grande transparence et le plus grand sérieux"."Les pro-nucléaires nous présentent une technologie high-tech et complètement contrôlée, ces incidents donnent plutôt le sentiment d'une plomberie vétuste", accuse-t-elle, soulignant également "qu'un capteur défaillant a provoqué l'arrêt du réacteur numéro 2 de Saint Laurent" (Loir-et-Cher)."Une fois de plus, j'attends du gouvernement qu'il garantisse toute la transparence sur les événements de Penly", conclut Mme Joly.Arrêté jeudi pour un "problème mineur" de défaillance d'un capteur d'eau, le réacteur numéro 2 de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux devrait être remis en service comme prévu vendredi dans l'après-midi, selon EDF.De son côté, Yannick Rousselet a demandé que l'ASN exige d'EDF un "contrôle de toutes ses pompes (de refroidissement) de tous ses sites". La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, a regretté un "incident très sérieux" mais "ce n'est pas une catastrophe"."Il y a un manque de transparence autour du nucléaire", a déclaré l'élue francilienne. S'il devait se passer la même chose à Penly qu'à Fukushima, "ça veut dire qu'il n'y a plus de Dieppe, qu'il n'y a plus d'habitants au Tréport pendant des centaines d'années", a-t-elle averti.Interrogé en marge d'un déplacement à Vaulx-en-Velin (Rhône) François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a déclaré ne pas vouloir "utiliser un incident pour défendre un point de vue"."Je ne change pas non plus de position en fonction d'un certain nombre d'événements, c'est ce qui me distingue du candidat sortant", a-t-il ajouté.A Penly, les diagnostics et réparations sur le réacteur pourraient commencer à partir de ce week-end lorsque la pression atmosphérique du circuit primaire aura été ramenée à 1 bar, selon EDF.Tôt dans la matinée, la pression avait déjà été ramenée à 28 bars, contre 155 en fonctionnement normal du réacteur.La centrale pourrait rester à l'arrêt pendant 4, 5 ou 6 jours, jusqu'à une dizaine de jours. Ce "sont des opérations que l'on connaît, ce ne sont pas des opérations exceptionnelles", a précisé M. Minière."On ne redémarra pas avant qu'on ait compris ce qui s'est passé dans le détail", a-t-il assuré.

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