Vous partez en Grèce cet été : les précautions à prendre

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Plus d'1,6 million de touristes français sont attendus en Grèce cet été. Le gouvernement d'Alexis Tsipras fait tout pour que la crise n'ait pas d'impact sur le tourisme, principale source de revenus du pays.

Deux touristes pour un habitant. C'est la situation qu'a vécue la Grèce l'été dernier, enregistrant une affluence jamais vue de 22 millions de touristes. Cette année, les experts du secteur s'attendent à un nouveau record, espérant accueillir 25 millions d'étrangers. Parmi eux, plus d'1,6 million de Français, que les derniers événements dans le pays n'ont pas découragé. «Nos clients ne s'affolent pas, indique une agence de voyages spécialiste de la Grèce au Figaro. Nous n'avons reçu que quelques appels de voyageurs qui se posaient des questions.»

Bien que la restriction des retraits bancaires ne s'applique pas aux ressortissants étrangers, le ministère des Affaires étrangères conseille aux Français partant en Grèce d'emporter avec eux des liquidités suffisantes. Dans l'Union européenne, il est possible de transporter jusqu'à 10.000 euros en liquide sans avoir à les déclarer à la douane. «Les distributeurs de billets connaissent une forte affluence, il est donc préférable d'emmener avec soi de l'argent liquide, confirme Jean Brajon, directeur général du voyagiste spécialisé Héliades. Il faut ensuite prendre des précautions: laisser cet argent dans un coffre-fort et ne pas le montrer de manière ostentatoire, même si la Grèce n'est pas un pays dangereux». Le ministre grec de la Culture a également indiqué que, face au risque de pénurie de billets en circulation, les touristes pourront payer leurs tickets d'entrée sur les sites touristiques avec des bons d'échange.

Ne pas pénaliser le «fer de lance» de l'économie grecque

La priorité est donc de choyer les touristes. Les activités touristiques représentent plus de 20% du PIB grec et des millions d'emplois. Le secteur du tourisme est l'un des rares domaines qui rapporte encore des fonds importants à la Grèce. Alexis Tsipras, l'a d'ailleurs plusieurs fois qualifié de «fer de lance» de l'économie de son pays. C'est cet atout qui l'a en partie conduit à refuser le dernier plan proposé par ses créanciers, afin de ne pas pénaliser la dernière véritable manne financière de son pays.

Depuis le début de la crise grecque, le nombre d'entrées de touristes internationaux en Grèce n'a fait qu'augmenter. En 2010, ils étaient 10 millions de touristes à venir en Grèce, deux fois moins qu'en 2014. Le secteur touristique de la Grèce n'a donc pas souffert de la crise, au contraire: «La Grèce a bénéficié de deux phénomènes ces dernières années», déclare Philippe Violier, directeur de l'UFR Ingénierie du tourisme, du bâtiment et des services à l'université d'Angers, «la désaffection de touristes pour les pays d'Afrique du nord comme l'Egypte ou la Tunisie depuis les révolutions arabes et plus récemment le terrorisme ont largement contribué à rediriger les flux touristiques vers la Grèce». La deuxième raison tient à l'enrichissement des classes moyennes turques et russes jusqu'à récemment, leur permettant de partir en vacances en Grèce, à proximité géographique, bon marché et réputé pour son attractivité en matières de tourisme.

La péninsule grecque aurait donc été épargnée par ses troubles économiques. Un constat que partagent les tours opérateurs: «Nous enregistrons déjà plus de 100.000 réservations rien que pour la période allant de juillet à octobre 2015, clairement la crise grecque n'a eu aucun impact sur nos réservations», précise René-Marc Chikli, président du syndicat des Tours opérateurs (SETO).

Une sortie de la Grèce de la zone Euro pourrait favoriser le tourisme

Si le contexte économique n'a pour l'instant pas pénalisé l'industrie touristique grecque, il semble qu'au contraire, une sortie de la zone euro pourrait lui bénéficier. «Dans le cas d'un retour à la drachme, celle-ci sera dévaluée et bénéficiera à l'industrie touristique grecque» justifie Céline Antonin, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Attirés par une monnaie locale faible, les touristes devraient donc se diriger plus massivement vers la Grèce, devenue moins chère que ses traditionnels concurrents espagnol ou italien. «Les atouts touristiques de la Grèce ne vont pas disparaître du jour au lendemain en sortant de l'Euro groupe», plaisante Bertrand Réau, maître de conférences à l'Université Panthéon-Sorbonne, «Au contraire la Grèce pourrait n'en devenir que plus attractive si le pouvoir d'achat des touristes augmente avec le retour à une monnaie nationale.»

Concernant la fiscalité, là aussi les économistes se veulent rassurants. «L'augmentation de la TVA est l'une des conditions refusées par le gouvernement grec au FMI», déclare Céline Antonin, «Alexis Tsipras connaît l'importance stratégique du tourisme pour l'économie de son pays et cherche à le préserver par tous les moyens.» Un système de monnaie double comme au Cambodge pourrait même être envisagé et la Grèce pourrait continuer à accepter des euros des touristes malgré son retour à la drachme comme monnaie officielle.

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