VOTRE RENDEZ-VOUS HISTOIRE. 1941 : «Au revoir les copains...»

le , mis à jour à 12:39
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VOTRE RENDEZ-VOUS HISTOIRE. 1941 : «Au revoir les copains...»
VOTRE RENDEZ-VOUS HISTOIRE. 1941 : «Au revoir les copains...»

«Présent ! » Guy Môquet se lève aussi sec en entendant son nom. Comme il le faisait lorsqu'il n'était pas encore détenu à Châteaubriant (Loire-Atlantique), mais l'élève insouciant du lycée Carnot à Paris. Il ne flanche pas. Il pourrait, car l'appel vaut sentence de mort. Il avance, droit comme un i, les yeux plantés dans ceux du sous-lieutenant Touya, l'odieux chef du camp, qu'il défie sans ciller du haut de ses 17 ans. Son âge ne l'a pas sauvé. Sur ordre nazi, le gouvernement de Vichy a livré à l'occupant les noms de 48 prisonniers à fusiller pour venger l'assassinat de Karl Hotz. Le 20 octobre 1941, le commandant des forces allemandes en Loire-Inférieure a été exécuté par des résistants. Le ministre de l'Intérieur, Pierre Pucheu, dresse alors la liste morbide en piochant parmi les prisonniers communistes... A Paris, à Nantes et Châteaubriant, où Guy est désigné avec 26 autres camarades.

 

Il est 14 heures ce mercredi 22 octobre 1941. Il fait beau et froid, il a enfilé le pull en laine gris-bleu que lui a tricoté sa mère. Il se retourne une dernière fois vers ses frères du baraquement 10. « Au revoir, les copains », lâche-t-il crânement. Ils sont une quarantaine à regarder partir le benjamin du camp, qu'on entendait toujours souffler dans son harmonica. « Courage, petit », entend-on, alors qu'il disparaît derrière la haie de gendarmes et de soldats allemands.

 

Les 27 sont réunis dans la baraque 6 pour rédiger leurs dernières lettres. Assis sur un banc, Guy s'applique, de son écriture fluide et déliée. Depuis qu'il a été arrêté, un an plus tôt, métro Gare-de-l'Est, pour avoir tracté des « papillons » du PCF, le petit Môquet n'a pas arrêté d'écrire. « Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, commence-t-il. Je vais mourir ! » A Juliette, sa maman, il demande d'être « courageuse ». A son frère Serge, de bien étudier « pour être plus tard un homme ...

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