Votre épargne est-elle à l'abri d'une crise financière?

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Les craintes sur la solidité des banques et des sociétés d'assurance-vie, à leur apogée en 2008, ne sont pas dissipées.

La récente transposition d'une directive européenne prévoyant que les dépôts des épargnants pourraient servir à renflouer les caisses d'une banque en faillite a suscité de nombreuses inquiétudes. Même si ces risques semblent aujourd'hui assez hypothétiques, nous avons tenu à répondre aux questions que vous vous posez sur le sort de votre épargne, en cas de défaillance d'un établissement financier.

Oui, comme n'importe quelle entreprise. Pour exercer leurs activités, les établissements financiers doivent posséder des capitaux propres, dont le montant dépend de leurs engagements ou des risques qu'ils assument (par exemple, de la nature des crédits qu'ils accordent). Dès lors qu'une banque ou une société d'assurances ne dispose plus de ce niveau minimal, elle est en difficulté, et si la situation la conduit à consommer tous ses fonds propres, elle est en faillite.

«Les banques et les sociétés d'assurance-vie ont l'obligation de posséder des fonds propres qui servent en garantie de leurs engagements, et elles sont très encadrées dans la gestion de leurs risques, en particulier depuis la crise de 2008», explique Patrick Montagner, secrétaire général adjoint de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, le gendarme des assureurs). Le respect de ces réglementations est surveillé par la Banque centrale européenne (BCE) pour les banques et l'ACPR pour les assureurs. Ces deux entités disposent d'importants pouvoirs de surveillance et de répression. Elles peuvent même prendre le contrôle d'un établissement si son état devient menaçant, afin de le redresser avant que la défaillance ne se propage.

L'Europe a, par ailleurs, mis en place un Fonds de résolution unique alimenté par les banques européennes qui devrait être doté de 50 à 60 milliards d'euros dans quatre ans afin de permettre de combler d'éventuels trous dans les comptes d'une banque avant qu'ils n'atteignent ses clients. Un tel dispositif n'existe pas pour l'assurance-vie.

Lorsqu'une banque ou un assureur connaît des difficultés, ce sont d'abord ses actionnaires qui sont mis à contribution, puis les «obligataires», c'est-à-dire les investisseurs ayant acheté des obligations émises par la banque ou l'assureur. Ces derniers voient la valeur de leurs titres réduite ou rayée d'un coup de plume. Cette situation s'est déjà produite à plusieurs reprises en Europe, notamment au Portugal (faillite de la banque Espirito Santo) et en Autriche (banque Heta). Si ces interventions ne suffisent pas, les épargnants pourraient voir disparaître une partie de leurs avoirs. C'est ce qui s'est passé à Chypre en 2013. Cette hiérarchie est issue de la transposition en France de la directive européenne sur la résolution des difficultés bancaires, le 1er janvier 2016.

Les fonds de garantie, financés par les établissements financiers agréés, couvrent partiellement ou totalement les pertes subies par les déposants à l'occasion de la faillite d'un établissement. Celui des banques, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), indemnise les épargnants à hauteur de 100.000 euros de dépôts.

Les assurances-vie, même souscrites auprès d'une banque, sont garanties par le Fonds de garantie des assurances de personne (FGAP), avec un plafond de 70.000 euros par personne et par assureur (90.000 euros pour les rentes de contrats d'assurance-décès et les rentes d'incapacité et d'invalidité). Attention, ces fonds de garantie ne sont pas conçus pour affronter des faillites en chaîne. Ils disposent donc de peu d'argent en permanence, mais peuvent faire appel à leurs adhérents en cas de besoin. Le FGAP détient 400 millions d'euros sur ses comptes. Il peut solliciter 400 millions supplémentaires auprès de ses adhérents et a le droit d'emprunter 800 millions pour faire face à des remboursements. À comparer aux 1600 milliards placés en assurance-vie…

Le fonds de garantie des dépôts est plus richement doté: 3 milliards d'euros mobilisables à tout moment, avec la possibilité de demander des contributions exceptionnelles aux banques adhérentes et d'emprunter sur les marchés. Mais ce montant est insuffisant pour affronter un scénario du pire.

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  • tttt9 il y a 6 mois

    Celui qui dépense tout ou qui est pauvre ne risque rien; il n'a pas d'argent de côté.

  • frk987 il y a 6 mois

    Autre point de délire : qui peut croire un seul instant à une garantie de 100.000 euros par comptes, si BNP fait faillite, ils auront 100 euros au max du max.

  • frk987 il y a 6 mois

    Dans l'échelle des risques ce sont les Etats qui risquent en premier lieu de faire faillite. Qui espère rembourser 2200 Mds d'euros ??????? Personne, absolument personne, il faudrait que les "travailleurs" bossent 18 mois sans salaires, sans manger, sans consommer.

  • M4098497 il y a 6 mois

    La Banque postale, filiale a 100% du groupe La Poste lui même détenu à 74% par l'Etat et 26% par la CDC (public) m'a envoyé une information sur la protection des dépôts. Je croyais qu'elle ne pouvait pas faire faillite car détenue à 100% par l'Etat ...à moins que l'Etat fasse faillite et là je suis moins serein.

  • frk987 il y a 6 mois

    Voilà le genre d'article au top de la stupidité, imaginons un monde idyllique, sans crises où tout va pour le mieux. Imaginons que les déposants d'une banque veuillent retirer leurs avoirs ensemble.....ben ce sera simplement la faillite à moins que la banque ait 100% de réserve, donc n'ait accordé aucun prêt et donné aucun intérêt aux préteurs...Dans ce cas cette banque servirait à quoi ????