Votre balcon risque-t-il de s'effondrer sous vos pieds ?

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Si certains faits divers tragiques comme l’accident survenu il y a quelques jours à Berkeley peuvent se produire, le risque demeure très faible. Néanmoins, il faut tout de même respecter certains principes.

«Une cinquantaine d’invités font la fête pour l’anniversaire du propriétaire (...) une dizaine de personnes se trouvent sur le balcon du 1er étage, quand il s’effondre d’un seul coup.» «Un repas de famille en terrasse a failli tourner au drame hier après-midi, lorsque le balcon s’est effondré… Trois personnes ont été emportées et ont fait une chute de 3 mètres.» Ces faits divers sont plus fréquents qu’on ne le pense. Ce qui donne une résonance au terrible accident survenu ce mardi 16 juin, quand le balcon d’un immeuble de la cité universitaire de Berkeley (Californie) s’est effondré, entraînant la mort de cinq personnes et en blessant huit autres. Un drame qui peut amener les plus acrophobes d’entre nous - ceux qui ont peur du vide - à se poser la question: si nous avons un balcon, devons-nous tous nous méfier?

«Théoriquement, cela ne devrait jamais arriver. Même si certains accidents se produisent, cela reste un événement aussi minoritaire et tragique qu’un ouvrier qui tombe accidentellement sur un chantier», explique au Figaro l’architecte Stéphane Malka. Car naturellement, les bureaux d’études et architectes sont contraints de respecter des normes intransigeantes en matière de sécurité, dès qu’il s’agit de structures dites en porte-à-faux, c’est à dire lorsqu’un élément est soutenu par une partie qui est elle-même au-dessus du vide.

«Un balcon prévu pour accueillir plusieurs personnes est calculé pour pouvoir supporter un poids de 350 kilos par mètre carré», précise Stéphane Malka. Or, faire tenir trois personnes très fortes - de plus de 100 kilos - sur un mètre carré est aussi complexe que d’y faire tenir huit personnes très fines! Le risque est donc très faible, même s’il existe.

L’ancien et l’Hausmannien, moins concernés

Petite précision toutefois: il arrive qu’au fil des décennies, l’utilité d’un balcon peut changer... tout comme certaines facettes de la société. «Si un immeuble a été construit dans les années 60 en pensant que cela servirait à quelques personnes qui se tiennent debout et regardent le paysage, et qu’aujourd’hui arrive un nouveau locataire qui décide d’y mettre sa machine à laver et des jardinières très lourdes... oui c’est problématique», raconte à Slate Claude Baloche, chef du département sécurité, structures et feu au CSTB. Autre élément qui n’est pas négligeable: la fin du règne des fumeurs, qui sont désormais obligés - dans la majorité des cas de s’exiler dehors pour fumer leurs cigarettes. Et des fumeurs, comme par exemple lors d’une soirée étudiante, il peut y en avoir beaucoup.

Il faut aussi casser une idée reçue: ce n’est pas parce que votre immeuble ou votre maison est plus ancienne que votre balcon ou votre terrasse a plus de chance de céder! Bien au contraire. Le temps qui passe ne rend pas les structures plus fragiles. À ce titre, les immeubles haussmanniens sont de bons exemples, avec leurs balcons filants, au deuxième étage - le plus noble - et au cinquième. Ils ont la particularité d’être très robustes. «Un balcon haussmannien n’excède jamais 1,50 mètre, il est donc difficile de s’y installer en grand nombre», précise Stéphane Malka.

Quoi qu’il en soit, pour du neuf comme pour de l’ancien, inutile de s’alarmer inutilement. En revanche, il faut veiller à ne pas être trop en surnombre sur un balcon, ne serait-ce que pour se rassurer. Et consulter son réglement de copropriété, où sont indiquées les charges maximales - comme indiqué plus haut - que votre balcon peut supporter.

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