Votes doubles-Macron veut en finir avec la "naïveté française"

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PARIS, 24 avril (Reuters) - Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, justifie par la volonté d'en finir avec la "naïveté française" la décision de l'Etat de s'arroger des droits de vote doubles dans Renault RENA.PA , dans une tribune publiée vendredi par Le Monde. La "loi Florange" du 29 mars 2014 généralise la possibilité d'octroyer des droits de vote doubles aux actionnaires d'une entreprise détenant leurs titres depuis au moins deux ans, afin de favoriser l'actionnariat de long terme. Le conseil d'administration de Renault s'oppose à cette perspective, ce qui a amené l'Etat actionnaire à porter temporairement sa participation dans le groupe à près de 20% pour s'assurer du vote de l'assemblée générale du 30 avril. Les droits de vote doubles ne constituent pas une "anomalie française", déclare Emmanuel Macron dans sa tribune. "La majorité des pays européens autorisent les droits de vote multiples", fait-il valoir. "Dans certains d'entre eux, comme la Suède, ils sont même généralisés de fait." "La démocratie actionnariale ne s'est jamais construite sur le principe 'une action = une voix'", poursuit le ministre. Il cite notamment le cas des "actions B" de Google ou de Facebook, qui accordent dix voix par titre à leurs détenteurs, et rappelle que, en France, le vote double est en vigueur dans plus de la moitié des entreprises du CAC 40. "Sortons de la naïveté française qui voudrait un libéralisme offert qui n'existe nulle part ailleurs !" ajoute-t-il. "C'est ce dispositif de droits de vote double qui permettra à nos entreprises de se concentrer sur leur avenir et de faire de vrais choix industriels." Le ministre de l'Economie, qui a écrit au PDG de Renault, Carlos Ghosn, pour défendre ce dispositif ( ID:nP6N0QX044 ), réaffirme que l'Etat n'a augmenté sa participation dans le groupe automobile que pour constituer une minorité de blocage à l'assemblée générale. Les actions supplémentaires acquises par l'Etat seront ensuite revendues, confirme-t-il également. L'Etat retrouvera ainsi sa participation de début d'année (15%) mais avec des droits de vote doubles, "qui se justifient pleinement dans une entreprise dont l'Etat est actionnaire depuis 1945 et que nous avons aidée durant la crise". Emmanuel Macron fait allusion au prêt de 6,5 milliards d'euros accordé début 2009 par le président Nicolas Sarkozy à l'industrie automobile, dont trois milliards à Renault. Selon le ministre de l'Economie, le gouvernement entend favoriser l'instauration de droits de vote doubles dans toutes les entreprises dont l'Etat est actionnaire, "afin de pouvoir accompagner les stratégies de long terme". "Nous devons façonner un capitalisme à l'image de nos ambitions", explique-t-il. "Il faut pour cela être volontaire et donc accepter que l'économie de marché est un rapport de forces sur lequel nous avons les moyens de peser." (Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou)


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  • M6695204 le vendredi 24 avr 2015 à 12:20

    Suite et craignez que C.Goshn ne fasse avant peu le chois de s'en aller ailleurs par exemple chez Nissan qui serait exfiltré de Renault.Rira bien qui rira le dernier!

  • M6695204 le vendredi 24 avr 2015 à 12:18

    LE ....problème est que l'état français ne fait pas cela par altruisme,mais afin de pouvoir mettre chez Renault ,des bons à rien syndicalistes pour pouvoir obliger renault à embaucher et ainsi de faire diminuer le chômage.Si un quelconque des ces bras cassé avait un tant soit peu de notion d'économie,cela se saurait.pour NYORKER:Goshn,n'a pas besoin de l'état français mais,renault Nyssan en ont besoin.N'est pas patron qui veux!

  • NYORKER le vendredi 24 avr 2015 à 12:06

    Tout à fait d'accord avec Macron meme si je ne suis pas de son bord !!! y'a que les Français pour croire qu'une voix égale une action !!! dans tous les autres pays les votes double existent depuis des décennies. Quant à Nissan , Renault les a ramassé dans le canivaux , il était en faillite et personne n'en voulait . Nissan appartient à Renault meme à 45% et surtout pas l'inverse . Maintenant son administrateur , si ça lui déplait ces votes doubles , il peut toujours allé se vendre à l'extérieur

  • M7403983 le vendredi 24 avr 2015 à 11:39

    On ne peut pas lui donner entièrement tort sur le fonds. D'ailleurs Bolloré est pour ce vote double ... Par contre, il y avait sans doute des précautions d'ordre "capitalistiques" à prendre vis à vis de l'alliance Renault- Nissan, et non pas y aller à la hussarde ... Cela ne se fait pas et peu froisser le conseil actionnarial !!!

  • aerosp le vendredi 24 avr 2015 à 11:32

    bravo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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