Vote sur les motions: la direction du PS revendique 60% des voix

le , mis à jour à 00:58
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par Julien Ponthus PARIS, 22 mai (Reuters) - La direction du Parti socialiste a annoncé jeudi soir qu'elle avait remporté une victoire nette auprès des militants appelés aux urnes pour définir la ligne du parti et trancher le débat entre "loyalistes" au gouvernement et "frondeurs". "Merci aux militants socialistes pour leur participation et le choix sans appel à 60% pour la 'motion A'", a annoncé sur Twitter le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, premier signataire du texte qui était soutenu par la plupart des ministres, dont Manuel Valls, ainsi que par Martine Aubry. La sénatrice "frondeuse" Marie-Noëlle Lienemann avait reconnu en milieu de soirée que les premières tendances issues du vote laissaient présager une majorité absolue pour la motion présentée par la direction du parti. (voir ID:nL5N0YC57R ) Rassemblés autour de la "motion B" du député Christian Paul, les "frondeurs" avaient pour objectif de faire passer la direction sous la barre des 50% et de la forcer à composer avec elle avant le 28 mai, quand les premiers signataires des motions arrivées en tête s'affronteront pour la direction du parti. Jeudi soir, ses différents membres présents rue de Solférino estimaient que leur motion B pourrait dépasser les 30% - un chiffre jugé optimiste par la direction sur la base des premiers résultats - et ajoutaient que ce score témoigne de leur réussite à imposer la question d'une réorientation de la politique du gouvernement au coeur des débats du parti. "Ce qui me donne beaucoup d'espoir pour l'avenir, c'est que je sais que sur nos idées, nous sommes majoritaires c'est indiscutable, il y a une majorité de socialistes qui veulent une réorientation des politiques économiques", a déclaré Benoît Hamon, l'ancien ministre de l'Education passé l'été dernier dans le camp des contestataires du parti. Donnée archi-favorite après le ralliement de la maire de Lille Martine Aubry, la direction du PS avait placé la barre d'un résultat satisfaisant à la seule majorité absolue, un objectif qui illustrait les doutes qui pesaient quant à l'issue du scrutin. Outre les risques d'un désaveu, la direction du PS jouait aussi sa crédibilité en organisant un scrutin dont les préparatifs ont été pollués par des craintes de fraudes mais en début de nuit, aucun responsable du parti n'avait contesté la validité du vote. Des doutes sur les résultats pourraient avoir des effets dévastateurs pour François Hollande. A moins de deux ans de l'élection présidentielle, le président socialiste a besoin d'un parti acquis à sa cause s'il veut espérer, dans un deuxième temps, rassembler le reste de la gauche autour de sa candidature. Organisé les 5, 6 et 7 juin à Poitiers après les votes des militants, le congrès des socialistes interviendra cinq jours après celui de l'UMP, où l'organisation dirigée par Nicolas Sarkozy doit adopter son nouveau nom "Les Républicains". (édité par Henri-Pierre André)

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