Vote sous pression au Parlement grec avant un nouvel Eurogroupe

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    ATHENES, 8 mai (Reuters) - Le gouvernement grec d'Alexis 
Tsipras soumet ce dimanche au Parlement un nouvel ensemble de 
réformes sur les impôts et les retraites, contestées par les 
syndicats qui ont appelé à une grève générale de quarante-huit 
heures vendredi et samedi. 
    Ce vote précède une nouvelle réunion des ministres des 
Finances des 19 pays de la zone euro, qui se retrouveront lundi 
à Bruxelles pour discuter de la dette de la Grèce et des mesures 
prises par Athènes. 
    Abaisser le coût des retraites grecques, l'un des plus 
élevés dans la zone euro, est une condition fixée à Athènes pour 
le déblocage d'une nouvelle tranche du plan de renflouement 
financier négocié l'été dernier par Tsipras avec ses partenaires 
européens. Ce plan de renflouement, le troisième depuis le début 
de la crise de la dette grecque, pourrait atteindre au final 86 
milliards d'euros. 
    La    Grèce a besoin d'une nouvelle tranche de prêts pour 
rembourser environ cinq milliards d'euros de dette, détenus par 
la Banque centrale européenne (BCE) et qui arrivent à échéance 
d'ici la mi-juillet. 
    Le gouvernement de Tsipras ne dispose que de trois sièges de 
majorité au Parlement. Vendredi, le Premier ministre a appelé 
les députés de son parti Syriza à approuver la réforme du 
système des retraites. "C'est une nécessité pour le rendre 
viable. Sans cette intervention, notre système des retraites 
s'effondrerait", a-t-il dit. 
    Les principaux syndicats ont prévu des manifestations 
dimanche devant le siège du Parlement. 
    Pour le syndicat du secteur privé GSEE, première formation 
syndicale du pays, ces réformes, si elles sont entérinées, vont 
planter "le dernier clou dans le cercueil" des travailleurs et 
des retraités qui ont déjà multiplié les sacrifices depuis six 
ans que le pays est soumis à une politique d'austérité. 
    "Ils tentent de démontrer à l'Eurogroupe qu'ils sont de bons 
élèves mais ils détruisent le système de sécurité sociale de la 
Grèce", dénonce le syndicat. 
     
    ALLÈGEMENT DE DETTE 
    Les réformes soumises au vote des députés augmenterait la 
contribution au financement de la sécurité sociale et la 
taxation des plus hauts revenus. Il introduirait aussi un 
nouveau système de retraite. 
    Après Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds 
monétaire international (FMI), le ministre allemand de 
l'Economie, Sigmar Gabriel, a appelé à son tour samedi les Etats 
membres de la zone euro à entamer des négociations sur un 
allègement de la dette grecque, affirmant qu'il n'y avait aucune 
logique à étouffer les signes d'une reprise économique par de 
nouvelles mesures d'austérité. 
    "La réunion de l'eurogroupe lundi doit trouver le moyen de 
briser ce cercle vicieux", explique Sigmar Gabriel dans un 
courrier électronique adressé à Reuters samedi. "Chacun sait 
qu'un allègement de la dette interviendra à un moment ou à un 
autre. Essayer de se dérober encore et encore n'a pas de sens", 
ajoute le vice-chancelier allemand.   
    Cette position n'est pas partagée par le ministre allemand 
des Finances, Wolfgang Schäuble, qui estime inutile un 
allègement de la dette grecque. 
 
 (Renee Maltezou et George Georgiopoulos; Pierre Sérisier et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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