Vote au PS pour élire le successeur de Martine Aubry

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LES MILITANTS SOCIALISTES ÉLISENT LEUR PREMIER SECRÉTAIRE
LES MILITANTS SOCIALISTES ÉLISENT LEUR PREMIER SECRÉTAIRE

PARIS (Reuters) - Les militants socialistes doivent confirmer ce jeudi le choix de Harlem Désir pour succéder à Martine Aubry lors d'un second tour l'opposant à Emmanuel Maurel, le nouveau champion de l'aile gauche du Parti socialiste.

Si la désignation du Premier secrétaire par intérim ne fait aucun doute, la surprise du premier tour est venue du bon score d'Emmanuel Maurel et de sa motion 3, "Maintenant la gauche" (13,28%), qui lui permet de jouer les trouble-fête.

Soutenu par l'immense majorité des dirigeants du PS et des membres du gouvernement, Harlem Désir a buté au premier tour sur la barre des 70% de suffrages, avec 68,44%.

Seule la moitié des 172.000 adhérents ayant voté au premier tour, une plus grande participation au second l'aiderait à asseoir sa légitimité en vue du congrès de Toulouse, du 26 au 28 octobre.

Selon les statuts, seules les deux motions arrivées en tête peuvent présenter leur premier signataire au second tour.

Accusé d'avoir été coopté par Martine Aubry et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, par le biais d'un scrutin de liste, Harlem Désir a voulu voir dans son score mitigé de la semaine dernière la preuve que le vote n'était pas biaisé.

"Qu'est-ce qu'on aurait dit s'il y avait eu un score de 90%, on aurait dit 'c'est un parti coréen ou à la soviétique!'", a-t-il dit.

Il a néanmoins annoncé dans Le Monde daté de mercredi son intention d'en revenir à l'avenir à un scrutin direct.

"Rien ne doit donner le sentiment d'un verrouillage ou de combinaisons internes", a-t-il dit, reconnaissant ainsi la portée des critiques sur le processus de désignation.

CRISPATIONS AU SEIN DE LA MAJORITÉ

Le scrutin se déroule sur fond de tensions à gauche avec les tentatives de reprise en main du Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui ont suivi le dérapage du ministre de l'Education Vincent Peillon sur le cannabis et les crispations entre Matignon et les députés socialistes.

Des élus craignent que ce climat ne nuise à la participation pour l'élection du Premier secrétaire.

Devenu ministre de l'Economie sociale et solidaire, le chef de file historique de la gauche du PS, Benoît Hamon, a renoncé à présenter une motion, ce qui a permis à ses amis de négocier une bonne représentativité dans les futures instances du parti.

Emmanuel Maurel a repris le flambeau avec l'appui notamment de Marie-Noëlle Lienemann et la nouvelle équipe a fait entendre sa différence lors du vote sur le traité européen où les "nonistes" n'ont pas cédé aux pressions de l'exécutif.

Pour pouvoir peser à l'avenir au sein du parti, mais aussi sur la ligne gouvernementale, le vice-président de la région Ile-de-France s'efforce de rassembler plus largement afin d'obtenir au second tour un score à deux chiffres.

Il vise ainsi les voix qui se sont portées sur la motion défendue par Stéphane Hessel, intellectuel et ancien résistant auteur du livre à succès "Indignez-vous". Avec 11,9%, Stéphane Hessel a constitué une autre surprise du scrutin.

Emmanuel Maurel, qui découvre l'exposition médiatique, souhaite que le PS discute avec le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Il affiche aussi sa volonté d'être "intraitable" sur la parité ou le non-cumul des mandats.

Dans Le Monde magazine, il relativisait l'ancrage à gauche de la motion 3. "Je suis un socialiste raisonnable: notre fil rose, c'est la redistribution des richesses au profit du travail", disait-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M4841131 le jeudi 18 oct 2012 à 12:38

    vive le voleur