Vosskuhle, un pragmatique à la tête du tribunal de Karlsruhe

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LE SORT DE L'EURO ENTRE LES MAINS D'ANDREAS VOSSKUHLE
LE SORT DE L'EURO ENTRE LES MAINS D'ANDREAS VOSSKUHLE

par Madeline Chambers

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel est peut-être la femme la plus puissante d'Europe mais les plans élaborés par la chancelière allemande pour sauver l'euro reposent entre les mains d'Andreas Vosskuhle, le président du Tribunal constitutionnel, à la réputation d'homme le plus puissant d'Allemagne.

Les 'Sages' de Karlsruhe se prononceront mercredi sur la légalité du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du pacte budgétaire. La plupart des experts juridiques tablent sur un feu vert assorti de conditions destinées à faire prévaloir le contrôle du parlement allemand sur les questions budgétaires.

Le verdict éprouvera l'autorité de la Cour, et celle d'Andreas Vosskuhle, à 48 ans le plus jeune président de l'histoire de l'institution, un homme pragmatique qui devra trouver le juste équilibre entre l'importance théorique du dossier et ses implications politiques et économiques.

"La pression est sur lui, il le sait. Mais pour lui, cela fait partie de son travail, qu'il prend très au sérieux", confie un collègue en privé. "L'ouverture pragmatique" d'Andreas Vosskuhle, dit-il, est très utile pour réconcilier tout point de vue divergent entre les huit juges "au tempérament de diva" du Tribunal constitutionnel.

Le principe selon lequel le parlement a l'autorité suprême est fondamental dans la Constitution post-nazie destinée à garantir que les Allemands ne perdront jamais plus leurs droits démocratiques. La Cour de Karlsruhe l'a rappelé plusieurs fois à Angela Merkel.

Mais Andreas Vosskuhle est également conscient de l'enjeu de sa décision pour les politiques - soucieux de garder les outils qu'ils jugent nécessaires pour combattre la crise de la dette - comme pour les marchés financiers - qui paniqueraient sans doute en cas de blocage des mesures de sauvetage de l'euro.

DIPLOMATE

Les spécialistes de droit attendent un jugement nuancé qui pourrait laisser Angela Merkel poursuivre ses objectifs tout en fixant des limites à l'avenir.

Andreas Vosskuhle a d'ailleurs laissé entendre, dans une interview il y a un an, que la chancelière état allée sans doute jusqu'aux limites de ce qu'il est possible de faire sans amender la Constitution.

Il a souligné que la marge de transfert de souveraineté vers les institutions de l'Union européenne avait "probablement été largement épuisée".

Docteur en droit, depuis deux ans et demi à la tête de l'institution de Karlsruhe, le président du Tribunal constitutionnel fédéral est un partisan déclaré de l'intégration européenne.

Nommé à son poste par le Parti social-démocrate (SPD), il se reconnaît des affinités avec les valeurs du parti de centre gauche, même s'il n'en est pas membre et qu'il entretient de bonnes relations avec Angela Merkel, qui l'a sollicité cette année pour le poste vacant de président. Selon les médias, Andreas Vosskuhle n'était pas intéressé.

Dans ses jugements relatifs à l'intégration européenne, la Cour de Karlsruhe a exigé que le parlement ait davantage son mot à dire, retardant sans les bloquer certains projets de loi.

Cela a pu donner à certains commentateurs l'impression que le Tribunal faisait plus de peur que de mal, ce qui agace profondément Andreas Vosskuhle, à en croire un proche.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M3101717 le lundi 10 sept 2012 à 13:14

    Et plouf la bourse ;o)

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