Volvo supprime plus d'emplois après un résultat décevant

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4.400 SUPPRESSIONS DE POSTES CHEZ VOLVO
4.400 SUPPRESSIONS DE POSTES CHEZ VOLVO

par Niklas Pollard et Johannes Hellstrom

STOCKHOLM (Reuters) - Volvo, le deuxième constructeur mondial de camions, a plus que doublé son plan de suppressions d'emplois pour le porter à 4.400 postes, après une hausse moins marquée qu'attendu de son bénéfice courant trimestriel, conséquence des fluctuations des devises et du coût du lancement de nouveaux modèles.

Le premier employeur privé de Suède a parallèlement fait état de prises de commandes supérieures aux attentes au quatrième trimestre, grâce entre autres au marché nord-américain, une nouvelle saluée par une forte hausse de son cours de Bourse.

"Les nouvelles commandes de camions sont la principale bonne surprise", a estimé la banque Handelsbanken dans une note d'analyse.

L'action Volvo gagnait 5,2% à 10h15, alors que l'indice Stoxx européen du secteur automobile prenait 1,9%.

Volvo, qui possède entre autres la marque Renault Trucks, a réalisé sur les trois derniers mois de 2013 un bénéfice d'exploitation, hors charges de restructuration, de 3,08 milliards de couronnes suédoises (348 millions d'euros), contre 2,19 milliards un an auparavant.

Les analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un résultat de 3,80 milliards.

Toutefois, le carnet de commandes a mieux résisté que prévu au vif ralentissement du marché européen lié à de nouvelles règles d'émissions imposées en fin d'année, la forte augmentation de l'activité en Amérique du Nord ayant plus que compensé la baisse des commandes en Europe.

Le groupe a annoncé une hausse de ses prises de commandes au quatrième trimestre de 12% sur un an, alors que les analystes financiers attendaient une baisse de 1%.

Volvo, dont la rentabilité est traditionnellement moins élevée que celle de ses principaux concurrents - son compatriote Scania et l'américain Paccar, a annoncé en 2012 un vaste plan visant à améliorer ses marges de trois points de pourcentage d'ici la fin de 2015.

LA MARGE RESTE TROP FAIBLE

Les 4.400 suppressions d'emplois annoncées jeudi, sur un total d'environ 15.000 salariés, incluent les 2.000 déjà dévoilées l'an dernier et toucheront les centres de production de camions, la vente et le marketing.

Le groupe n'a pas donné de précisions sur la répartition géographique des postes supprimés, expliquant que les discussions avec les représentants du personnel se poursuivaient.

"Les réductions d'effectifs commenceront immédiatement et la majorité d'entre elles auront lieu pendant l'année 2014", a simplement déclaré le directeur général, Olof Persson, dans un communiqué.

En 2012, le groupe s'est fixé pour objectif d'augmenter sa marge d'exploitation de trois points d'ici 2015. Mais ses efforts ont pour l'instant eu peu d'impact sur le bénéfice. En 2013, sa marge d'exploitation n'a pas dépassé 2,9% alors que Scania, contrôlé par Volkswagen, a dégagé 10,1% de marge.

Christer Gardell, un associé du fonds activiste Cevian, deuxième actionnaire de Volvo en droits de vote, a déclaré le mois dernier à un journal que le groupe devait cesser de se trouver des excuses et passer à l'action.

L'année 2014 s'annonce toutefois plus porteuse que 2013: après le lancement de nouveaux modèles l'an dernier, les coûts de recherche et développement devraient diminuer et le groupe peut compter sur l'impact des réductions d'effectifs et la réorganisation de son réseau de concessionnaires.

Le groupe a laissé inchangées ses prévisions de marché pour cette année, à savoir une légère baisse en Europe et une croissance modeste en Amérique du Nord et au Brésil.

Pour Renault Trucks, les prises de commandes ont chuté de 30% au quatrième trimestre, une baisse en partie due au fait que la société est en phase de transition entre les camions d'ancienne et de nouvelle générations.

Au vu des prises de commandes, le groupe précise avoir diminué la production chez Renault Trucks, ajoutant qu'il aurait recours au chômage technique.

"De nombreux clients de Renault Trucks ont choisi d'attendre, avant de commander de nouveaux camions, d'avoir l'occasion de tester et d'évaluer la nouvelle génération lancée à l'automne", explique-t-il.

Niklas Pollard et Johannes Hellstrom; Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français

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