Volte-face de Londres sur un contrat de concession ferroviaire

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ANNULATION D'APPELS D'OFFRES DANS LE SECTEUR FERROVIAIRE EN GRANDE-BRETAGNE
ANNULATION D'APPELS D'OFFRES DANS LE SECTEUR FERROVIAIRE EN GRANDE-BRETAGNE

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne a annulé mercredi l'accord octroyant au secteur privé la concession de l'une des principales lignes ferroviaires du pays, une volte-face humiliante qui fait planer des doutes sur la gestion du secteur.

Le gouvernement a gelé trois autres appels d'offre en cours mercredi après que le département du Transport a fait état de vices de forme "totalement inacceptables" dans la gestion des offres pour la West Coast Main Line, qui relie Londres à l'Ecosse.

L'opérateur FirstGroup avait mis six milliards de livres (7,49 milliards d'euros) sur la table en août afin d'obtenir la concession de la ligne de la côte ouest pour une durée de treize ans. L'action du groupe chutait de plus de 19% à 12h30 GMT.

La West Coast Line était gérée depuis 13 ans par Virgin Trains, une coentreprise entre Virgin Group de Richard Branson et Stagecoach, qui était candidate à sa propre succession et s'était pourvue en justice en qualifiant d'"irréaliste" la somme proposée par son rival.

La SNCF française et Keolis avaient eux aussi présenté une offre commune.

En difficulté dans les sondages, accusées par l'opposition travailliste "d'incompétence brouillonne", les autorités britanniques ont fini par accepter les arguments de Virgin Trains.

"Je dois annuler l'appel d'offre (...) en raison d'erreurs profondément regrettables et totalement inacceptables de mon département dans la gestion du processus", a expliqué dans un communiqué le secrétaire aux Transports, Patrick McLoughlin, qui a remplacé le mois dernier à ce poste Justine Greening.

Ce fiasco est particulièrement embarrassant pour le parti conservateur de David Cameron, qui a impulsé dans les années 1990 le programme de privatisation du réseau ferroviaire, un processus déjà entaché par les accidents mortels, les crises financières et les querelles politiques.

Selon Patrick McLoughlin, la volte-face du gouvernement va coûter au moins 40 millions de livres (49,9 millions d'euros) aux contribuables britanniques, un accroc d'autant plus mal venue que Londres a annoncé récemment de nouvelles mesures d'austérité et des coupes budgétaires très impopulaires.

La concession sera prolongée lorsqu'elle expirera le 9 décembre, a annoncé le département des Transports, précisant que les trains circuleraient avec les mêmes conducteurs, le même personnel roulant et aux mêmes horaires jusqu'à ce que le problème soit résolu.

Stephen Mangan et Peter Griffiths, Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc Angrand

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