Volkswagen va limoger des cadres, tests en question dans l'UE

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MATTHIAS MÜLLER FAVORI POUR PRENDRE LA TÊTE DE VOLKSWAGEN
MATTHIAS MÜLLER FAVORI POUR PRENDRE LA TÊTE DE VOLKSWAGEN

par Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - Volkswagen nommera vendredi Matthias Müller, le patron de sa marque Porsche, à la tête du groupe avec pour mission de sortir celui-ci du scandale de la fraude aux tests anti-pollution, qui continue de s'étendre, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Le nom de Matthias Müller est considéré depuis plusieurs jours comme le favori pour succéder à la présidence du directoire à Martin Winterkorn, qui a annoncé mercredi une démission jugée inévitable.

La source a précisé que Matthias Müller, qui a été dans le passé chef de produits chez VW et Audi, avait l'assurance de réunir sur son nom vendredi la majorité des 20 membres du conseil de surveillance. Ironie du sort, cette réunion devait initialement valider la prolongation du mandat de Martin Winterkorn jusqu'en 2018.

Volkswagen s'est refusé à tout commentaire jeudi.

Matthias Müller, 62 ans, est proche de la famille Piëch-Porsche, qui contrôle le capital du groupe. Il a en outre passé plusieurs années chez Audi.

"C'est un bon choix même s'il se peut qu'il soit considéré comme un patron de transition, jusqu'à ce qu'un candidat interne, comme le patron de marque VW, Diess, ait gagné suffisamment de galons", a commenté Arndt Ellinghorst, analyste d'Evercore ISI.

Le conseil devrait aussi limoger Michael Horn, le numéro un des activités du groupe aux Etats-Unis. Winfried Vahland, actuel patron de la filiale tchèque Skoda, semble le mieux placé pour lui succéder.

AGIR VITE

Volkswagen semble donc pressé d'agir face à la crise la plus grave de son histoire, d'autant que le scandale ne semble pas près de s'apaiser, et pas uniquement en Allemagne.

"Il y aura des conséquences supplémentaires sur le personnel au cours des prochains jours et nous l'assumons", a déclaré à la radio-télévision bavaroise BR Olaf Lies, membre du conseil de surveillance, sans plus de précision.

Les responsables de la recherche-développement (R&D) d'Audi et Porsche, Ulrich Hackenberg et Wolfang Hatz, devraient être eux aussi débarqués, a dit une source haut placée à Reuters.

L'hebdomadaire Der Spiegel croit savoir de son côté que Heinz-Jakob Neusser, le directeur du développement de la marque VW, subira le même sort.

Pour les analystes, Volkswagen doit d'urgence passer à une structure de direction plus décentralisée tout en se dotant de moyens accrus de contrôle, afin d'éviter que de hauts dirigeants ne soient pas informés des pratiques telles que la tricherie aux tests.

S'il a avoué que 11 millions de véhicules dans le monde avaient été équipés du logiciel permettant de fausser les tests d'émissions en laboratoire, le groupe n'a toujours pas annoncé quels modèles et quelles années de production étaient concernées, ni si tous les véhicules mis en cause devraient être rappelés en atelier.

Disant s'employer à répondre au plus vite à ces interrogations, Volkswagen a ajouté: "Il va sans dire que nous assumerons l'entière responsabilité et les coûts des arrangements et mesures nécessaires."

LA FRANCE ANNONCE DES MESURES

En Bourse, l'action du groupe, qui a perdu plus du tiers de sa valeur en deux séances, a timidement rebondi de 0,58% jeudi, mais a fini loin de ses plus hauts.

Mais si certains investisseurs semblent croire à un nouveau départ, le flux des mauvaises nouvelles est loin de se tarir pour Volkswagen.

Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, a laissé entendre que les tests européens avaient aussi été faussés, sans préciser le nombre de véhicules concernés.

En France, le gouvernement et les constructeurs français ont annoncé l'organisation de tests aléatoires sur des voitures circulant en France pour vérifier leur niveau de pollution. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a aussi plaidé pour une accélération de la réforme des procédures de contrôle afin qu'elles soient plus proches des conditions réelles de conduite.

Cette double option (tests sur route et tests aléatoires) a également été évoquée par Alexander Dobrindt.

Par ailleurs, la justice italienne a ouvert une enquête préliminaire, a-t-on appris de source judiciaire, et la Commission européenne a appelé tous les pays membres de l'Union à enquêter pour déterminer l'ampleur de la fraude potentielle.

A ce stade de l'affaire, aucun autre industriel que Volkswagen n'a été officiellement mis en cause pour avoir eu recours à des dispositifs permettant de fausser les résultats des tests.

BMW a déclaré jeudi n'avoir jamais manipulé les données des tests, réfutant ainsi un article du magazine Auto Bild. Quant à Daimler, il a assuré qu'il ne manipulait pas les données des tests.

(avec Jan Schwartz à Berlin, Gilles Guillaume à Paris et les bureaux européens de Reuters; Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)

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  • b.renie le vendredi 25 sept 2015 à 06:35

    Il faut aussi qu'un dossier judiciaire soit ouvert car ce type de comportement est préjudiciable à toute la collectivité. Il y a donc un aspect ordre public qui ressort du droit pénal concernant les personnes physiques qui ont créé la situation matériellement et les dirigeants qui l'ont permise donc acceptée. Cela menacera tous ceux qui sont tentés par la tricherie.

  • jy831 le jeudi 24 sept 2015 à 19:53

    60 millions d euros pour le PDG,c est sa prime...

  • audurea6 le jeudi 24 sept 2015 à 19:22

    La Folie des Grandeurs : quand tout ça va péter ça va faire un grand BOUM