Volkswagen peine à apaiser ses actionnaires lors de l'AG

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AG DE VOLKSWAGEN SOUS TENSION
AG DE VOLKSWAGEN SOUS TENSION

HANOVRE (Reuters) - Les plus hauts dirigeants de Volkswagen ont présenté leurs excuses mercredi lors de l'assemblée générale des actionnaires, les premières depuis l'éclatement du scandale de la fraude aux tests anti-pollution il y a neuf mois, et ils ont promis du changement afin de sortir le constructeur automobile de la pire crise de son histoire.

Le numéro un européen du secteur a perdu près d'un quart de sa valeur boursière depuis les premières révélations, le 18 septembre, sur le trucage de plusieurs de ses modèles diesel afin de fausser les résultats des mesures d'émissions polluantes, et l'affaire risque de lui coûter des dizaines de milliards d'euros au cours des années à venir pour couvrir le coût de la modification des millions de véhicules concernés, l'indemnisation des clients et les amendes.

"Nous regrettons sincèrement que le dossier du diesel jette une ombre sur cette grande entreprise" a déclaré le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, lors de l'assemblée générale à Hanovre.

"C'est d'autant plus douloureux pour vous, pour nous et pour moi personnellement que les règles ont été violées et les limites éthiques transgressées", a dit pour sa part Matthias Müller, le président du directoire, devant les quelque 3.000 actionnaires présents.

Certains actionnaires ont vertement critiqué la recommandation du conseil de surveillance et du directoire de ratifier lors de l'AG la gestion des dirigeants pour l'exercice 2015, une procédure habituelle qui ne fait généralement pas débat mais qui équivaut de fait à un vote de confiance.

Des actionnaires ont demandé que Pötsch, qui a été directeur financier du groupe, ne préside pas l'AG, qui pourrait se prolonger tard dans la soirée, mais leur motion a été rejetée.

"UN DÉSASTRE"

"Nous assistons à un désastre", a déclaré Ulrich Hocker, de l'association d'investisseurs privés DSW, estimant que le trucage des tests anti-pollution relevait d'un "échec collectif" des neuf membres du directoire.

Le mois dernier, le directoire et le conseil de surveillance ont recommandé aux actionnaires d'approuver l'action du directoire en 2015 parce que les investigations en cours sur le scandale n'avaient alors mis au jour aucune malversation ou infraction des hauts dirigeants.

Mais la situation s'est compliquée dans l'intervalle avec l'ouverture par le parquet de Brunswick, dont dépend le siège du groupe à Wolfsburg, d'une enquête visant directement l'ex-président du directoire Martin Winterkorn et le directeur de la marque VW, Herbert Diess, qu'il soupçonne d'avoir manipulé le cours de Bourse de l'action Volkswagen en retardant la publication d'informations sur le trucage des tests.

Une source proche du conseil de surveillance a déclaré que celui-ci, réuni mardi, avait choisi de maintenir la recommandation initiale aux actionnaires parce que les enquêtes internes n'avaient révélé aucun manquement à ses obligations d'un membre du directoire en 2015.

Herbert Diess, recruté par Volkswagen en juillet dernier alors qu'il était directeur du développement de son concurrent BMW, a le soutien du conseil de surveillance en dépit de l'enquête du parquet, a précisé la source.

VW s'est refusé à tout commentaire.

A la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen gagnait 1,05% à 124,90 euros vers 12h35 GMT. Elle valait plus de 160 euros avant que n'éclate le scandale en septembre.

(Andreas Cremer et Ilona Wissenbach; Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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