Volkswagen mise sur l'électrique, les services et les économies

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 (Actualisé avec déclarations de Müller, commentaire d'analyste, 
précisions, contexte et cours) 
    par Andreas Cremer 
    WOLFSBURG, 16 juin (Reuters) - Volkswagen  VOWG_p.DE  a 
annoncé jeudi son intention d'investir plus de 10 milliards 
d'euros d'ici 2025 dans des domaines comme la voiture électrique 
et les services d'autopartage pour tenter de se transformer 
après le scandale du "Dieselgate". 
    Parlant du "plus important changement de l'histoire de 
l'entreprise", le numéro un européen du secteur a expliqué qu'il 
financerait ce programme par le biais d'économies et de gains 
d'efficacité qui incluront l'intégration de ses activités de 
composants, pour l'instant réparties sur 26 sites différents 
dans le monde et qui emploient 67.000 personnes.  
    "Le groupe Volkswagen sera plus concentré, plus efficace, 
plus innovant, plus axé sur le client et plus durable, et 
systématiquement tourné vers une croissance rentable", a déclaré 
le président du directoire, Matthias Müller, en présentant le 
plan à l'horizon 2025, dénommé "TOGETHER". 
    Le constructeur est plongé depuis septembre dans la crise la 
plus grave de ses 79 ans d'histoire après avoir avoué avoir 
truqué plusieurs de ses modèles pour fausser les résultats des 
tests d'émissions polluantes. 
    Il a inscrit depuis dans ses comptes plus de 16 milliards 
d'euros de provisions pour couvrir les coûts de la modification 
de millions de véhicules et ceux de l'accord amiable conclu avec 
les autorités américaines. Mais les analystes s'attendent à ce 
que la facture du scandale augmente encore.  
    L'affaire fait peser une menace sur l'ensemble du marché du 
diesel, une technologie qui représente près de la moitié des 
ventes de voitures neuves en Europe. Et elle accroît la pression 
financière sur Volkswagen, dont la principale marque, VW, est 
moins rentable que ses principales concurrentes. 
         
    HUIT MILLIARDS D'EUROS D'ÉCONOMIES 
    Présentant sa nouvelle stratégie à l'horizon 2025 à une 
semaine d'une assemblée générale qui risque d'être houleuse, le 
groupe a précisé prévoir de lancer d'ici dix ans 30 nouveaux 
modèles électriques d'ici dix ans, pour lesquels il table sur 
des ventes de deux à trois millions d'unités à l'horizon 2025.  
    Il se fixe aussi pour objectif de se développer dans les 
services, comme l'autopartage et les véhicules de tourisme avec 
chauffeur (VTC), des activités qu'il espère voir réaliser 
plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 
2025. Il prévoit en outre de développer ses propres technologies 
de voiture autonome et de batteries. 
    Matthias Müller a reconnu que cette transformation 
nécessiterait "un montant à deux chiffres en milliards" en terme 
d'investissements, qu'il entend financer par des économies et 
une amélioration de la rentabilité d'exploitation dans 
l'ensemble du groupe, avec pour objectif environ huit milliards 
d'euros d'économies annuelles. 
    Il n'a donné que peu d'autres détails, expliquant qu'ils 
seraient fournies par les différentes marques du groupe en temps 
voulu mais il a dit que la marque VW comptait conclure d'ici 
l'automne un "pacte pour l'avenir" avec ses syndicats afin 
d'améliorer la compétitivité tout en préservant l'emploi. 
    Certains investisseurs, comme le fonds activiste TCI, ont 
appelé ces dernières semaines la direction à prendre des mesures 
plus radicales pour réduire les coûts en faisant fi des 
protestations syndicales, notamment pour la marque VW. 
     
    L'ACTION BAISSE 
    Le groupe a aussi été mis en cause sur la complexité de sa 
structure capitalistique, qui accorde un rôle prépondérant aux 
familles fondatrices et au Land de Basse-Saxe, tout en assurant 
une représentation importante aux syndicats.  
    Le marché attend par ailleurs les conclusions des enquêtes 
en cours sur le scandale des émissions, censées établir les 
responsabilités collectives et individuelles.  
    "Pour moi, ce n'est pas un titre dans lequel on peut 
investir. Cela s'explique par les problèmes de gouvernance 
d'entreprise, qui ne sont toujours pas réglés", a déclaré Kevin 
Lilley, gérant actions Europe d'Old Mutual Global Investors, 
avant la présentation du plan stratégique. 
    A ses yeux, les "relations étroites" entre les principaux 
actionnaires empêche l'entreprise d'atteindre "une rentabilité 
correcte". 
    Arndt Ellinghorst, analyste d'Evercore ISI, a lui déclaré 
jeudi que la stratégie était encourageante. "Est-ce que VW a 
changé ? Il faudra du temps pour répondre mais certains éléments 
tendent à prouver que c'est bien le cas", a-t-il dit.  
    Matthias Müller a précisé vouloir ramener ses coûts 
commerciaux et administratifs à moins de 12% du chiffre 
d'affaires et viser une rentabilité d'exploitation hors 
exceptionnels de 7% à 8% d'ici 2025, contre 6% en 2015. 
    Il a réaffirmé la volonté du groupe de se développer en 
Amérique du Nord et en Chine, ajoutant que le marché chinois 
devrait devenir le premier débouché des futurs modèles 
électriques. 
    Il a également dit que Volkswagen discutait avec plusieurs 
partenaires potentiels dans le but de renforcer sa position sur 
le segment des véhicules d'entrée de gamme en Chine, un point 
faible du groupe pour l'instant. 
    A la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen perdait 3,33% 
à 116,15 euros à 14h00 GMT alors que l'indice Stoxx du secteur 
automobile reculait de 1,86%. 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 

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