Volkswagen dans le rouge au T3, du jamais vu depuis 15 ans

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* Perte d'exploitation T3 de 3,48 milliards * Les provisions du T3 à 6,7 milliards * Les résultats annuels désormais attendus en nette baisse * L'action monte, plus forte hausse du Dax à Francfort (Actualisé avec précisions sur les résultats, contexte et cours) BERLIN, 28 octobre (Reuters) - Volkswagen VOWG_p.DE a publié mercredi sa première perte trimestrielle depuis au moins 15 ans, conséquence des coûts liés au scandale de la fraude aux tests anti-pollution sur certains moteurs diesel, et a revu en baisse ses prévisions pour l'ensemble de l'année. Le groupe automobile allemand a subi sur la période juillet-septembre une perte d'exploitation de 3,48 milliards d'euros, conforme aux attentes des analystes, qui la donnaient en moyenne à 3,47 milliards selon le consensus Reuters. Les comptes trimestriels incluent 6,7 milliards d'euros de provisions destinées à couvrir les coûts liés aux manipulations des tests, qui affectent 11 millions de voitures dans le monde. Ce montant est en légère hausse par rapport à celui de 6,5 milliards évoqués fin septembre, quelques jours après la révélation du scandale aux Etats-Unis. En conséquence, Volkswagen prévoit désormais que son résultat d'exploitation de l'ensemble de l'année sera "considérablement inférieur" à celui de 2014, qui avait atteint 12,7 milliards d'euros, un record. Hors coûts liés au scandale des émissions, le premier constructeur européen prévoit toujours une marge d'exploitation pour l'ensemble du groupe située entre 5,5% et 6,5% sur l'année, après 6,3% l'an dernier. Volkswagen prévoit de réduire d'un milliard d'euros les investissements de VW, sa principale division, qui devrait rappeler cinq millions de voitures. La marque haut de gamme Audi, qui génère à elle seule environ 40% des profits du groupe, va également couper dans ses dépenses. LES PROVISIONS SONT SUSCEPTIBLES D'AUGMENTER Le groupe a confirmé que la perte publiée mercredi était la première depuis au moins 15 ans mais, arguant de changements de règles comptables, il s'est dit incapable de préciser à quand remontait la dernière perte trimestrielle. Le nouveau président du directoire, Matthias Müller, a déjà déclaré que l'entreprise pourrait être contrainte d'augmenter ses provisions pour couvrir des mesures destinées à stabiliser ses ventes si celles-ci souffrent du scandale. Ces mesures pourraient inclure des remises commerciales, des prêts à taux bas ou des incitations aux concessionnaires pour qu'ils reprennent d'anciens modèles. Les livraisons du groupe, en incluant les marques Audi et Porsche, ont diminué de 1,5% en septembre, à 885.300 véhicules, et de 3,4% sur l'ensemble du troisième trimestre, à 2,39 millions. Il est ainsi repassé derrière le japonais Toyota 7203.T au classement mondial des constructeurs sur les neuf premiers mois de l'année, alors qu'il lui avait ravi le premier rang du secteur sur avril-juin. Volkswagen continue de prévoir un nombre total de livraisons à peu près au même niveau que les 10,14 millions d'unités de l'an dernier, qui constituaient un record. A la Bourse de Francfort, l'action du groupe gagnait 3,33% à 108,65 euros à 9h15 GMT, la plus forte hausse de l'indice Dax .GDAXI , qui progressait alors de 0,68%. Markus Huber, trader chez Peregrine & Black à Londres, attribue la hausse du titre à une réaction de soulagement des investisseurs. "Les résultats ne sont pas plus mauvais que prévu (...) et les chiffres des ventes montrent une bonne résistance, même s'il faudra attendre plusieurs mois pour voir les véritables retombées (du scandale)", dit-il. La capitalisation boursière de Volkswagen a fondu de près d'un tiers depuis qu'a éclaté le scandale des tests, le 18 septembre. (Andreas Cremer, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)


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