Volatilité en vue à Wall Street avec le débat budgétaire

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LA SEMAINE S'ANNONCE VOLATILE À WALL STREET AVEC LE DÉBAT BUDGÉTAIRE
LA SEMAINE S'ANNONCE VOLATILE À WALL STREET AVEC LE DÉBAT BUDGÉTAIRE

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - La volatilité sera à l'ordre du jour cette semaine à Wall Street, sur fond de négociations ardues autour du "mur budgétaire" américain, face au regain de tension au Proche-Orient et dans l'attente d'un accord sur la Grèce.

Avec un indice S&P 500 au-dessus des 1.400 points après cinq séances de hausse, les intervenants auront du mal à ne pas prendre leurs profits aux premiers signes de difficultés dans les négociations sur les hausses d'impôts et les réductions de dépenses publiques qui reprennent à Washington cette semaine.

Le président Barack Obama et les chefs de file des groupes parlementaires américains vont tenter de trouver un compromis sur les moyens d'éviter le fameux "mur budgétaire", qui menace de faire retomber les Etats-Unis dans la récession.

Tandis que les dirigeants politiques feront valoir leurs arguments, les marchés pourraient réagir de façon erratique.

L'indice CBOE de la volatilité, dit "indice de la peur", est engagé sur une tendance baissière, avec une moyenne mobile à 200 jours à son plus bas niveau en cinq ans.

Mais il pourrait vivement rebondir si les négociations à Washington commençaient à montrer des signes de blocage.

"Si le 'mur budgétaire' n'est pas évité, beaucoup d'actifs vont baisser à court terme en raison du sentiment de peur et de crainte du chaos", souligne Yu-Dee Chang, responsable du trading chez ACE Investments en Virginie.

"Ce qui signifie que quels que soient vos actifs, vous allez perdre de l'argent à moins de vous placer en position longue sur le VIX et à découvert sur le marché", ajoute-t-il.

Il estime toutefois la probabilité que l'économie américaine se heurte au "mur budgétaire" à seulement 5% environ.

De nombreux intervenants anticipent également un accord, ce qui déclenchera un "rally" du marché, mais le chemin pour y parvenir sera truffé d'embûches, démocrates et républicains s'arc-boutant sur les positions défendues pendant la campagne présidentielle.

Les démocrates veulent augmenter la fiscalité pesant sur les Américains les plus riches tout en protégeant les avancées sur le système de santé. Les républicains prônent quant à eux de fortes réductions des dépenses en faveur des plus pauvres et veulent élargir la base d'imposition afin d'accroître les recettes sans pour autant augmenter les taux d'imposition.

LE MOYEN-ORIENT ET L'EUROPE

Les tensions au Proche-Orient et les négociations en cours en Europe sur l'aide à la Grèce pourraient accroître l'incertitude et donc entretenir la volatilité à Wall Street, selon des analystes.

Moins de deux jours après le cessez-le-feu intervenu entre le Hamas et Israël mercredi soir, un Palestinien a été tué et plusieurs autres ont été blessés vendredi en bordure de la bande de Gaza par des tirs israéliens.

L'Egypte de son côté est en pleine effervescence après la décision du chef de l'Etat, issu des Frères musulmans, de s'arroger des pouvoirs étendus, provoquant la colère de l'opposition et des magistrats.

Plus positif pour les marchés, plusieurs dirigeants européens se sont déclarés confiants quant aux chances d'un accord sur la dette de la Grèce lors de la réunion, prévue lundi, des ministres de Finances de la zone euro.

Le ministre grec des Finances a déclaré vendredi que le Fonds monétaire international avait revu à la baisse ses exigences de réduction de la dette publique grecque et il ne reste que 10 milliards d'euros à trouver pour permettre le versement d'une enveloppe financière vitale.

Mais l'accord, dont Athènes a un besoin urgent pour éviter un défaut de paiement, n'est pas encore bouclé.

STATISTIQUES IMMOBILIÈRES CONFIRMANT LA REPRISE?

Une longue série de statistiques économiques importantes sont attendues cette semaine, notamment sur le front immobilier.

Les statistiques du marché du logement pourraient confirmer le rebond du secteur, considéré comme nécessaire à la reprise des dépenses des ménages et à la baisse du chômage.

L'indice immobilier S&P/Case-Shiller du mois de septembre, prévu mardi, devrait afficher sa huitième hausse mensuelle d'affilée, selon les attentes des économistes.

Les ventes de logements neufs d'octobre, mercredi, ainsi que les promesses de vente immobilières d'octobre, jeudi, devraient également refléter le redressement du marché immobilier.

Vendredi en clôture, le S&P 500 a affiché sa deuxième plus forte hausse hebdomadaire de l'année avec un gain de 3,6%.

D'autres indicateurs économiques encourageants cette semaine pourraient aussi confirmer que - malgré la menace du "mur budgétaire" - les fondamentaux du marché sont solides.

Depuis le début de la semaine, l'indice Standard & Poor's 500 Index a gagné 12,1%, tandis que le Dow Jones a pris 6,5% et le Nasdaq Composite a progressé de 13,9%.

Juliette Rouillon pour le service français

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