Vol MH17: Kiev accuse les séparatistes de détruire des preuves

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LES SÉPARATISTES PRO-RUSSES ACCUSÉS DE DÉTRUIRE DES PREUVES DANS L'ACCIDENT DU BOEING MALAISIEN
LES SÉPARATISTES PRO-RUSSES ACCUSÉS DE DÉTRUIRE DES PREUVES DANS L'ACCIDENT DU BOEING MALAISIEN

par Anton Zverev et Peter Graff

HRABOVE/DONETSK Ukraine (Reuters) - Les autorités de Kiev accusent la Russie et les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine de détruire les preuves de leur culpabilité dans l'accident du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, dont les 298 occupants ont péri jeudi.

Des employés des chemins de fer ont déclaré dimanche que certains corps retrouvés sur le site de l'accident, contrôlé par les séparatistes, avaient été chargés à bord de wagons frigorifiques à la gare de la ville de Torez, à une quinzaine de kilomètres de là.

"Ce sont des corps. Ils ont apporté les corps dans la nuit", a déclaré à Reuters un cheminot de Torez. Les wagons, a-t-il dit, devaient prendre la direction d'Ilovaïsk, ville plus à l'est, en direction de la frontière russe.

Le ministère ukrainien des Situations d'urgence a déclaré dimanche matin que 196 corps avaient été retrouvés sur le site de l'accident.

Aux Nations unies, l'Australie a fait circuler samedi soir un projet de résolution, consulté par Reuters, condamnant le "tir qui a abattu" l'appareil dans l'est de l'Ukraine, exigeant des groupes armés qu'ils autorisent l'accès au site de l'accident, et appelant les pays de la région à coopérer à une enquête internationale. Le texte pourrait être mis aux voix dès lundi, selon certains diplomates.

Le texte "exige que ceux qui sont responsables de l'accident aient à rendre des comptes, et que tous les pays coopèrent pleinement aux efforts pour établir les responsabilités", lit-on. L'Australie a perdu 28 ressortissants dans le crash de l'appareil, qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur.

Les Etats-Unis tout comme d'autres pays ont déclaré que l'avion de ligne avait probablement été abattu par un missile sol-air tiré à partir d'une zone tenue par les séparatistes. L'ambassadrice américaine auprès de l'Onu, Samantha Power, a indiqué que Washington ne pouvait exclure que la Russie ait aidé au tir de ce missile.

EXPERTS MALAISIENS ARRIVÉS EN UKRAINE

Selon le Wall Street Journal, les services de renseignement américains pensent que Moscou a vraisemblablement fourni aux séparatistes de l'Est ukrainien des armes antiaériennes de pointe au cours des derniers jours. Des responsables américains, cités par ce journal, disent soupçonner Moscou d'avoir livré aux insurgés des missiles sol-air SA-11 en leur faisant traverser la frontière avec d'autres armes, comme des blindés.

Le président russe Vladimir Poutine a exhorté les séparatistes à coopérer, et démenti que la Russie ait joué quelque rôle que ce soit dans l'accident.

Les Pays-Bas, pays qui a perdu près de 200 ressortissants dans l'accident, se sont déclarés "furieux" de voir que des corps de victimes avaient été déplacés.

Après une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a estimé que le président russe avait encore "une dernière chance de prouver qu'il compte aider" à faire la lumière sur la situation.

La Grande-Bretagne, qui a perdu 10 ressortissants dans la catastrophe, a indiqué que d'autres sanctions pouvaient être adoptées à l'encontre de Moscou. Pour le Premier ministre David Cameron, qui s'exprime dans les colonnes du Sunday Times, l'Union européenne devrait user de son pouvoir. "Cependant, nous nous comportons parfois comme si nous avions besoin de la Russie plus que la Russie n'a besoin de nous", dit-il.

Le Premier ministre de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï, a dit que les boîtes noires de l'avion n'avaient pas été retrouvées - contrairement à ce qu'avaient déclaré plus tôt certains séparatistes. Il a affirmé que Kiev empêchait l'arrivée sur les lieux d'experts internationaux. L'OSCE a déclaré samedi que ses observateurs avaient été empêchés par les séparatistes d'accéder à une partie de la zone du crash, mais que globalement, ils avaient pu en voir davantage que vendredi.

Une équipe d'experts malaisiens est arrivée samedi à Kiev et des enquêteurs d'Interpol sont attendus dimanche en Ukraine pour aider à l'identification des victimes. "Tout acte qui nous empêche de découvrir la vérité sur ce qui est arrivé au vol MH17 ne peut être toléré", a déclaré samedi le ministre malaisien des Transports, Liow Tiong Lai, avant de partir pour Kiev.

Sur le plan des combats, des positions de l'armée ukrainienne ont essuyé à deux reprises des tirs en provenance de la frontière russe dans la nuit de samedi à dimanche, ont déclaré les forces armées ukrainiennes.

(avec Elizabeth Piper, Natalia Zinets et Anto Zverev; Eric Faye pour le service français)

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