Voiture piégée au Nigeria après un meeting du président

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(Ajoute commentaire de la CPI) GOMBE, Nigeria, 2 février (Reuters) - Une voiture piégée a explosé lundi à Gombe, dans le nord-est du Nigeria, près d'un stade où le président Goodluck Jonathan, en campagne pour sa réélection, venait d'effectuer un meeting. Un photographe de Reuters a vu la bombe exploser à environ 200 mètres du stade, tuant au moins un passant et blessant sept autres personnes. L'attaque n'a pas été revendiquée mais tous les soupçons se portent sur le groupe islamiste radical Boko Haram, qui a déjà attaqué Gombe à plusieurs reprises. Un attentat suicide s'y est produit dimanche dans le quartier du marché, tuant cinq personnes et en blessant huit. Les Nigérians sont appelés à élire leur président le 14 février. Le scrutin, qui oppose le sortant Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, à l'ancien dirigeant militaire Muhammadu Buhari, un musulman du Nord, s'annonce comme le plus serré depuis la fin de la dictature militaire et l'introduction du multipartisme en 1999. Dans un communiqué diffusé lundi, Fatou Bensouda, procureur général de la Cour pénale internationale, a mis en garde les différents acteurs politiques contre le risque d'un basculement dans la violence à l'approche de l'élection. "L'expérience a montré que la compétition électorale (...) peut donner lieu à une augmentation de la violence et même déclencher la perpétration de crimes de masse", a déclaré Fatou Bensouda, rappelant que toute incitation à commettre des crimes graves pouvait être visée par des poursuites devant la CPI. Les partisans du Congrès progressiste de Buhari (APC) et du Parti démocratique populaire du président Jonathan se sont déjà affrontés dans des batailles de rues qui ont fait plusieurs morts. Un gouverneur du PDP a exhorté ses partisans à écraser les "cafards" de l'APC, rappelant un vocabulaire employé à l'époque du génocide rwandais (1994). L'APC a menacé de mettre en place un gouvernement parallèle s'il estime que l'élection n'a pas été organisée équitablement. En 2011, après la défaite de Buhari face à Jonathan, 800 personnes avaient été tuées et 65.000 déplacées par trois jours d'émeutes dans le nord du pays à majorité musulmane. (Afolabi Sotunde; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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