Voile: la crise économique rattrape les skippers du Vendée Globe

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par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - A moins d'un an du départ, seuls quatorze skippers sont sûrs de participer au prochain Vendée Globe, alors qu'ils étaient trente au départ de la dernière édition de la course en solitaire autour du monde en 2008.

Vingt autres navigateurs n'ont toujours pas trouvé de sponsor, en raison de la crise économique qui affecte en premier lieu les budgets de communication et les partenariats des entreprises.

"C'est la première fois que je me retrouve sans sponsor à moins d'un an du départ", a reconnu lundi Jean Le Cam, 53 ans, qui fait partie des concurrents en sursis aux côtés de la navigatrice anglaise Samantha Davies ou du dernier vainqueur de la Solitaire du Figaro, Jérémie Bayou.

"Mon précédent sponsor, VM Matériaux, m'a expliqué qu'il arrêtait notre partenariat car il n'avait pas de visibilité sur son marché", explique celui qui était arrivé deuxième du Vendée Globe 2004.

Le skipper a pris part lundi à Nantes à une "matinée de présentation" de l'épreuve devant 150 chefs d'entreprise - et autant de mécènes potentiels.

Les organisateurs du Vendée Globe les avaient conviés à "profiter des belles opportunités de partenariats (qui) restent à saisir pour des marques désireuses de s'engager avec des skippers de renom", selon l'intitulé du programme officiel.

"Alors qu'un bateau neuf de la prochaine édition aura coûté trois millions d'euros, il reste des bateaux de seconde génération à acheter pour 1,5 million d'euros", explique Luc Talbourdet, président de l'Imoca, une association de coureurs et d'organisateurs de courses au large.

"Or, un bateau de seconde génération peut très bien remporter la course, on l'a vu en 2004, où Vincent Riou a gagné avec l'ancien bateau de Michel Desjoyeaux en 2001."

"Comme il devrait y avoir quinze à vingt skippers sur la prochaine édition, les retombées médiatiques pour chaque entreprise seront divisées en vingt, et non plus trente", souligne Luc Talbourdet.

APPEL AU "COURAGE"

De leur côté, les sponsors des concurrents engagés dans "l'Everest des mers" ont également exhorté les chefs d'entreprise à faire preuve de "courage".

"En période de crise, il y a deux façons d'agir: réduire la voilure parce qu'on n'a pas le choix, ou bien montrer les valeurs de l'entreprise, comme le courage", estime Christophe Chabot, PDG de la société vendéenne Akena Vérandas, qui fait participer son skipper Arnaud Boissières aux séminaires de ses cadres pour fédérer ses personnels.

Pour Patricia Brochard, co-présidente du groupe agroalimentaire Sodebo, qui sponsorise l'épreuve, ce ne sont pas les "politiques" qui vont résoudre la situation et la crise ce sont les entreprises.

"Pour cela, il faut se retrousser les manches, construire des projets pour que l'entreprise s'en sorte. Pour ça, le Vendée Globe peut être un fil conducteur majeur: vous n'imaginez pas la fierté des salariés dont l'entreprise a un bateau qui fait le tour du monde", insiste-t-elle.

La septième édition du Vendée Globe s'élancera le 10 novembre 2012 du port des Sables d'Olonne, pour trois mois de course en solitaire, sans escale ni assistance, autour du monde.

Sa dernière édition a été remportée par Michel Desjoyeaux sur "Foncia" en 84 jours, trois heures et neuf minutes.

édité par Pascal Liétout

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