Voile: François Gabart, nouvelle étoile des mers

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par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Benjamin de la septième édition, François Gabart se lance à 29 ans dans son premier Vendée Globe avec le soutien de Michel Desjoyeaux, vainqueur en 2001 et 2009 et dont on le dit être "l'héritier".

Sur "Macif", un frais 60 pieds moulé et préparé dans les mains de "Mer Agitée", la société de Michel Desjoyeaux, il tentera donc de suivre les traces du "Professeur".

"Certains disent que je suis trop jeune pour participer à mon premier Vendée Globe. Trop, non. Jeune, oui. Mais je me suis préparé avec rigueur aux côtés d'un maître en la matière. Et je ne pars jamais battu", dit-il.

"Quand on voit passer une telle opportunité, pas donnée à tout le monde, qu'on ait 19 ans, 29 ans, 59 ans ou 79 ans, on la saisit", assure celui qui veut assurer pour une assurance et "couper la ligne aux Sables d'Olonne, dans un sens et dans l'autre."

Puis ce marin originaire des Charentes, où le dériveur vogue en maître, loin devant la course au large, ajoute :

"Avant, faire le Vendée Globe était un rêve de gosse. Aujourd'hui, un objectif réalisable, façon de bien commencer son métier de marin en courses au large."

SURFER

Avant le départ, François Gabart imagine sa première circumnavigation "jalonnée de moments de vie intense, jamais vus et ressentis auparavant, un condensé de vie exceptionnel en quelques mois".

Entre impatience et appréhension, caractéristiques des premières fois, il rêve "de naviguer dans les mers du Sud, dans leurs tempêtes dangereuses et surfer sur leurs vagues de dix mètres, magiques".

Elève d'un "Professeur" au palmarès long comme un mât de 60 pieds, Gabart est aujourd'hui "L'Ingénieur", surnom que lui vaut son diplôme de l'Institut national des sciences appliquées de Lyon.

Ce jeune homme ne s'est pas reposé sur ses lauriers, passant de stage en mission pour tout savoir de la voilerie, des appendices de multicoques, du développement de pont ou des gréements pour catamarans.

En 2007, dix ans après un titre de champion de France en Optimist, il fut le routeur de Kito de Pavant et Sébastien Col sur la transat Jacques Vabre.

"LE VENT ET LA MER DÉCIDENT"

Depuis qu'il a abordé les grands océans par la Solitaire du Figaro, dont il termina 16e en 2008, 13e en 2009 puis deuxième en 2010, ce doué rigoureux est considéré comme le successeur de Desjoyeaux.

Ce dernier, vainqueur du Vendée Globe en 2009 avec un record de 84 jours, l'a donc pris sous son aile. De son protégé, il dresse ainsi le portrait : "Franc, direct quand il faut, souple sur ses appuis quand il faut, François est travailleur, voire besogneux. Le fond de jeu, il l'a."

Les deux hommes ont disputé ensemble la Barcelona World Race, un tour du monde en double, en décembre 2011, après s'être trouvés sur les terres de Desjoyeaux à Port-La Forêt, nid breton de "Mer Agitée". Depuis, ils ne se sont pas lâchés.

"Pendant le Vendée, François sera la personne que je suivrai en priorité, à sa totale disposition", assure le double vainqueur de 47 ans, qui a choisi de ne pas participer à cette édition.

"Que ce grand marin, au talent énorme, se mette à votre service est une chance et un privilège inestimables. Je vais essayer d'en être digne", réagit l'élève, un des quatre bizuths de cette édition aux vingt partants.

François Gabart, qui se définit "comme un marin ayant les pieds sur terre", juge avoir les épaules assez larges pour tenir la distance. "J'aime les courses longue durée. Rester concentré jusqu'au bout du bout n'est pas un problème, au contraire."

Et s'il sait n'être qu'un jeune outsider, il convoque la sagesse d'un vieux routier quand il rappelle : "Quoi qu'il arrive, le vent et la mer décident, font les hommes et les légendes, ou pas".

Edité par Grégory Blachier

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