Vladimir Poutine juge la Crimée indissociable de la Russie

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VLADIMIR POUTINE SIGNE LE TRAITÉ INTÉGRANT LA CRIMÉE À LA FÉDÉRATION DE RUSSIE
VLADIMIR POUTINE SIGNE LE TRAITÉ INTÉGRANT LA CRIMÉE À LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

par Timothy et Heritage et Alexei et Anishchuk

MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine a qualifié mardi la Crimée de partie intégrante de la Russie et accusé l'Occident de recourir à une logique de Guerre froide en cherchant à empêcher le rattachement de cette péninsule ukrainienne à la Russie.

Dans un discours aux accents patriotiques marqués, régulièrement interrompu par des applaudissements nourris, le président russe a assuré devant les deux chambres du Parlement que la Russie ne souhaitait pas prendre d'autres régions à l'Ukraine.

Au son de l'hymne national russe, il a ensuite paraphé avec les dirigeants criméens un traité intégrant la Crimée à la Russie. Le texte doit encore être ratifié par le Parlement.

Rappelant que "l'impossible s'est produit" avec la dislocation de l'URSS et la séparation de l'Ukraine et de la Russie au début des années 1990, Vladimir Poutine a déclaré: "Lorsque la Crimée est soudainement devenue une partie d'un autre pays, c'est alors que la Russie a éprouvé le sentiment que non seulement quelque chose lui avait été volé mais qu'elle avait été dévalisée."

"La question (de Crimée) est d'une importance vitale, historique, pour nous tous", a poursuivi Vladimir Poutine lors de ce discours au Kremlin devant les deux chambres du parlement russe, des ministres, des hommes d'affaires et les dirigeants criméens.

"Dans les coeurs et les esprits, la Crimée a toujours été et restera une partie indissociable de la Russie. Cet engagement, basé sur la vérité et la justice, est ferme et s'est transmis de génération en génération", a-t-il ajouté dans ce discours de 47 minutes, qui, outre les fréquents applaudissements, a arraché des larmes à certaines femmes dans l'auditoire.

LES OCCIDENTAUX ONT "DÉPASSÉ LES BORNES"

Les électeurs de Crimée ont voté à près de 97% dimanche en faveur d'un rattachement à la Russie, ce qui a été rejeté par l'Ukraine et a amené les Etats-Unis et l'Union européenne à adopter des sanctions contre des responsables russes et ukrainiens.

Qualifiant cette péninsule de la mer Noire de lieu saint pour la Russie, Vladimir Poutine a en revanche assuré que Moscou ne chercherait pas à s'emparer d'autres territoires d'Ukraine, dont la partie orientale est peuplée en grande partie de russophones.

"Ne croyez pas ceux qui cherchent à vous effrayer avec la Russie et qui hurlent que d'autres régions vont suivre l'exemple de la Crimée", a-t-il dit. "Nous ne souhaitons pas une partition de l'Ukraine, nous n'en avons pas besoin."

Ces propos, jugés rassurants par les investisseurs, ont fait bondir le cours des actions russes et permis au rouble de réduire ses pertes.

Le président russe s'en est toutefois pris vivement aux pays occidentaux, qui ont selon lui "dépassé les bornes" et agi de manière "irresponsable" concernant l'Ukraine, où ils ont soutenu le mouvement de contestation ayant abouti à la destitution du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, le 22 février dernier.

"Nos partenaires occidentaux, emmenés par les Etats-Unis, préfèrent ne pas se laisser guider par le droit international dans leurs politiques concrètes mais par la loi du canon", a soutenu Vladimir Poutine.

"Ils en sont parvenus à croire qu'ils sont exceptionnels et qu'ils sont les élus. Qu'ils peuvent présider aux destinées du monde, qu'eux seul peuvent avoir raison."

Il a en revanche salué la Chine pour son soutien.

Vladimir Poutine a enfin livré une charge féroce contre les "prétendues" nouvelles autorités ukrainiennes, accusées d'ouvrir la voie aux "néo-nazis".

"Ceux qui ont été à l'origine des récents événements (...) préparaient un coup d'Etat, un autre. Ils projetaient de s'emparer du pouvoir, et rien ne les arrête. Ils ont eu recours à la terreur, aux meurtres, aux pogroms", a-t-il dit en parlant à leur égard de "nationalistes, de néo-nazis, de russophobes et d'antisémites".

(Eric Faye et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • dupon666 le mardi 18 mar 2014 à 17:56

    Non seulement 98% sont russophione,mais 60% sont russes tout court,puisque "donnés" avec leur territoire...ils ont juste gagné la binationalite mais ne l'avaient pas demandée,car à l'epoque on se souciait peu de referendum

  • manx750 le mardi 18 mar 2014 à 17:45

    La Crimée a toujours été russe, 98% de la population est russophone, elle a été "offerte" à l'Ukraine par Nikita K mais à l'époque l'Ukraine n'était qu'une province (république) de l'URSS.

  • c.joseph le mardi 18 mar 2014 à 17:29

    En conclusion, l'ONU ne reconnaît toujours pas l'appartenance de Mayotte à l'ensemble français ainsi bien sûr que l'archipel des Comores et toute la communauté de l'Océan INdien(la COI).Mais elle s'autorise à donner des leçons à la Russie, sur le sujet du moins, elle est disqualifiée!Aucun crédit.

  • c.joseph le mardi 18 mar 2014 à 17:23

    La France a fait de même avec l'île de Mayotte dans l'Océan Indien suite à un référendum pro- français contre une résolution de l'ONU.De plus en lui accordant un statut de département qui est de l'intégration à outrance alors quela Russie propose à la Crimée un statut d'autonomie de gestion.La France ferait bien de balyer devant sa porte sur ce type de sujet.

  • alteis le mardi 18 mar 2014 à 17:16

    la force fascine toujours les plus faibles en politique.sauf que c rarement celui qui crie le plus fort qui a raison.poutine n aurait jamais laché sebastopol. l ukraine fait cecession, la crimee pour les russes, le reste pour l ue et tout le monde est content

  • dupon666 le mardi 18 mar 2014 à 16:52

    Merkel etant surement moins c@n que mhollasson premier,elle a du negocier en coulisse aupres de vladimir

  • dupon666 le mardi 18 mar 2014 à 16:50

    Poutine est largement au dessus de nos carpettes gouvernementales....les roquets aboient et Poutine passe

  • M8721653 le mardi 18 mar 2014 à 16:48

    Ils ont au moins un patron, un chef pas un aheu aheu aheu comme nous

  • M8951316 le mardi 18 mar 2014 à 16:26

    respect bravo Poutine !

  • Breizhll le mardi 18 mar 2014 à 16:25

    Héhéhéhéhé, ses bases navales pour le controle de la mer noi et l'accès rapide à la méditérané sont bien trop précieuse. Poutine est un fin stratège, il a su mettre en place ses pions au bon moment. Il sait qu'avec sa réserve de change aucune attaque économique court terme le mettra en risque et les occidentaux ne joueront pas sur le long terme. Russie 1 - occident 0.