Vivendi : révolution de palais en vue

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(lerevenu.com) - L'action Vivendi gagnait près de 2% en matinée, dans un volume de transactions (2 millions de titres échangés) toutefois de moitié inférieur à celui de vendredi dernier. Après le Journal du Dimanche, Les Échos ont repris l'information selon laquelle Vincent Bolloré chercherait à prendre la présidence du directoire de Vivendi, dont il est le deuxième actionnaire à hauteur de 5% du capital, derrière le gestionnaire américain Blacrock (5,72%), et membre du conseil de surveillance. Stagnant depuis le début janvier (-0,94%), le titre a gagné 7% en une semaine. 

Vincent Bolloré, 61 ans, semble donc vouloir précipiter le mouvement. Ses proches ont informé la presse pour annoncer qu'il souhaitait remplacer Jean-François Dubos, nommé président du directoire intérimaire après le départ de Jean-Bernard Lévy. Président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, avait proposé à ce poste Thomas Rabe, dirigeant du groupe de médias allemand Bertelsmman, maison mère de RTL Group, qui contrôle 48,5% de la chaîne française M6, sans doute un casus belli entre les deux hommes. Car, de même source, les informations évoquent aussi un départ anticipé de Jean-René Fourtou, dont le mandat de président de conseil de surveillance prend fin à la prochaine assemblée générale de Vivendi, en mai 2014. Vincent Bolloré lui succéderait aussi à ces fonctions et deviendrait ainsi président-directeur général du groupe qui contrôle entre autres Canal+, SFR et Universal Music.

Vincent Bolloré, par ailleurs P.-D.G. de son propre groupe, réussira-t-il à convaincre tous les membres du conseil de surveillance de Vivendi de lui en confier les rênes opérationnelles ? En Bourse, le groupe Bolloré est valorisé 9,8 milliards de capital, les 5% dans Vivendi représentant environ 1 milliard d'euros, pour une capitalisation boursière totale de 22,5 milliards d'euros. Vincent Bolloré devrait, en tout état de cause, compter sur l'appui d'administrateurs de poids de Vivendi, en particulier le censeur, Claude Bébéar. L'ex-président d'Axa n'avait-il pas déjà aidé Bolloré, au tout de début de sa carrière d'entrepreneur, à prendre le contrôle de l'armateur Delmas-Vieljeux ?

Vincent Bolloré, s'il réussit à contrôler la gouvernance de Vivendi, devrait accentuer les orientations stratégiques déjà prises, en l'occurrence accélérer le processus de sortie des activités télécoms (Maroc Télécom, SFR), pour recentrer l'ensemble sur Canal+. Sans avoir à désintéresser les minoritaires au moyen d'une offre publique d'achat, Vincent Bolloré, pourrait ainsi piloter seul la transformation de Vivendi, pour le plus grand bénéfice des intérêts que son propre groupe détient au capital et, bien sûr, des actionnaires de Vivendi. 

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