Vivendi pénalisé par SFR au 1er semestre, plan d'économies

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par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Vivendi a fait état jeudi d'un net recul de ses résultats financiers au premier semestre, pénalisé par les difficultés de sa filiale SFR qui prévoit un plan d'économies de 500 millions d'euros d'ici fin 2014 pour faire face à la guerre des prix sur le marché français du mobile.

Deux mois après le départ brutal de son dirigeant Jean-Bernard Lévy, le groupe de télécoms et de divertissement a par ailleurs indiqué qu'il comptait se donner du temps pour définir une nouvelle stratégie.

"Il n'y a pas d'urgence", a expliqué le directeur financier Philippe Capron lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

"Nous estimons qu'il y a une nécessité d'agir vis-à-vis de nos actionnaires, mais nous ne sommes pas en 2002, nous ne sommes pas contraints de vendre ou d'agir immédiatement", a-t-il ajouté, en faisant référence aux graves difficultés financières qui avaient obligé le conglomérat à se délester de nombreux actifs pour réduire sa dette il y a dix ans.

Jean-Bernard Lévy a quitté la tête de Vivendi sur fond de désaccord stratégique avec le conseil de surveillance sur l'avenir du groupe, qui possède des activités de médias et de télécoms sans forte synergies entre elles. Les scénarios depuis ont fleuri, allant du démantèlement pur et simple à des cessions ciblées.

"Un démantèlement pur et simple n'est pas quelque chose que nous envisageons pour le moment", a déclaré Philippe Capron lors d'une conférence avec des analystes.

Il a ajouté qu'une telle opération poserait d'importantes difficultés pour répartir la dette d'environ 14 milliards d'euros du conglomérat.

A la Bourse de Paris à 10h50, le titre gagnait 2,65% à 15,510 euros, alors que l'indice CAC 40 reculait de 0,24%, les analystes saluant notamment le plan d'économies annoncé à SFR, qui vise à réduire les coûts opérationnels annuels de 500 millions d'euros d'ici fin 2014.

Ces économies passeront notamment par un plan de départs volontaires qui sera présenté aux organisations syndicales en novembre. Il inclura également des économies conséquentes sur les coûts variables dont le montant est difficile à chiffrer pour le moment, a indiqué Philippe Capron.

RALENTISSEMENT DES DÉPARTS D'ABONNÉS À SFR

"Théoriquement, ces 500 millions d'euros d'économies devraient conduire à une amélioration d'environ 10% du bénéfice par action 2014", écrivent les analystes d'UBS dans une note.

Déstabilisé par l'arrivée de Free, filiale d'Iliad, sur le marché du mobile, SFR a vu son chiffre d'affaires reculer de 5,9% sur la période tandis que son résultat opérationnel (Ebitda) a flanché de 5,0%.

Le lancement de Free en janvier a entraîné des départs massifs d'abonnés chez les trois autres opérateurs et les a contraint à contre-attaquer en abaissant leurs prix.

"Nous souffrons de la recomposition des prix sur le marché du mobile", a expliqué Philippe Capron. "Nous devons nous adapter à cette nouvelle réalité".

SFR, qui confirme sa prévision d'une baisse de 12% à 15% de son résultat opérationnel (Ebitda) en 2012, a cependant vu les départs de clients ralentir à 53.000 au deuxième trimestre et a renoué avec les conquêtes d'abonnés dans son activité fixe, après avoir perdu des clients sur les trois premiers mois de l'année.

La baisse de son activité a pesé sur les résultats du conglomérat, dont le résultat opérationnel ajusté (Ebita) s'est établi à 2,9 milliards, en baisse de 12,7%, tandis que son résultat net ajusté a chuté de 16,6% à 1,5 milliard d'euros.

Le marché tablait en moyenne sur un chiffre d'affaires de 14,03 milliards, un Ebita de 2,93 milliards et un résultat net ajusté de 1,46 milliard, selon un consensus de la rédaction de Reuters établi à partir des estimations de 8 analystes.

Vivendi a confirmé sa prévision d'un résultat net ajusté supérieur à 2,5 milliards d'euros pour 2012 mais en précisant qu'elle n'incluait pas les charges de restructuration à SFR.

Edité par Dominique Rodriguez

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  • rmiossec le jeudi 30 aout 2012 à 12:38

    Mais Free n'a toujours pas déployé suffisamment son propre réseau, donc beaucoup moins de frais fixes, et de ce fait le point mort est atteint beaucoup plus vite==> c'est ce que l'on appelle de la saine concurrence, MERCI aux politiques qui ont permis cela, car ils ont du acheter des actions ILIAD

  • M4630859 le jeudi 30 aout 2012 à 12:01

    J'espère que cela ne va pas forcer les autres à se mettre au niveau de free coté qualité de services, car les consommateurs ne comprennent pas qu'à vouloir toujours moins cher ils auront de moins en moins de qualité et d'emplois en france.

  • M3493130 le jeudi 30 aout 2012 à 10:34

    Pile it up and sell it cheap! C'est le nombre qui fait le chiffre. Free a cassé votre énorme source de revennus en misant sur le nombre et un coût bien plus raisonnable. Fini les rémunérations scandaleuses et les stock options! Fini l'exploitation des abonnés. Tous devront réfléchir : la cupidité de certains se paie un jour et de plus en plus tôt à notre époque!