Vivendi écarte la piste d'une scission, plan d'économies à SFR

le
0
VIVENDI PRÉVOIT UN PLAN DE 500 MILLIONS D?EUROS D?ÉCONOMIES CHEZ SFR
VIVENDI PRÉVOIT UN PLAN DE 500 MILLIONS D?EUROS D?ÉCONOMIES CHEZ SFR

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Vivendi a mis un terme jeudi à une partie des spéculations qui entourent sa nouvelle stratégie en écartant le scénario d'une scission entre ses activités de télécoms et de médias.

Le groupe a également annoncé un plan d'économies de 500 millions d'euros pour sa filiale SFR, qui prévoit de nouvelles offres à la rentrée pour riposter à la concurrence accrue sur le marché du mobile.

L'opérateur a souffert au premier semestre de l'arrivée de Free mobile, filiale d'Iliad, contribuant au recul de 12,7% du résultat opérationnel ajusté de sa maison mère Vivendi.

L'action Vivendi a touché un plus bas de neuf ans en avril, conduisant le conglomérat à engager une réflexion sur son périmètre qui regroupe des activités de télécoms et de médias sans fortes synergies entre elles.

Deux mois après le départ brutal de son dirigeant Jean-Bernard Lévy, le groupe a signifié jeudi qu'il comptait se donner du temps pour mettre en oeuvre une nouvelle stratégie.

"Nous estimons qu'il y a une nécessité d'agir vis-à-vis de nos actionnaires, mais nous ne sommes pas en 2002, nous ne sommes pas contraints de vendre ou d'agir immédiatement", a déclaré le directeur financier Philippe Capron, en faisant référence aux graves difficultés financières qui avaient obligé Vivendi à se délester de nombreux actifs il y a dix ans.

Jean-Bernard Lévy a quitté la tête de Vivendi sur fond de désaccord stratégique, donnant lieu à une débauche de scénarios, allant de cessions ciblées à un démantèlement pur et simple.

"Clairement, un scénario de scission brutale, les médias d'un côté, les télécoms de l'autre (...) ne fonctionne pas", a dit Philippe Capron, expliquant que l'opération poserait des difficultés pour répartir la dette de 14 milliards d'euros du conglomérat.

500 MILLIONS D'ÉCONOMIES D'ICI FIN 2014

En Bourse à 15h40, l'action Vivendi gagnait 4,10% à 15,73 euros, les analystes saluant notamment le plan d'économies annoncé à SFR. Depuis son point bas en avril, le titre a repris 30%, dopé par les spéculations sur une recomposition du périmètre du groupe.

"Si le scénario d'un démantèlement est écarté, nous pensons qu'une stratégie de cessions actif par actif prendra du temps et sera incertaine en termes de monétisation", prévient cependant Stéphane Beyazian, analyste à Raymond James.

Le plan de SFR, qui vise à réduire les coûts opérationnels annuels de 500 millions d'euros d'ici fin 2014, passe notamment par un plan de départs volontaires qui sera présenté en novembre. Il inclut aussi des économies conséquentes sur les coûts variables dont le montant reste à déterminer.

"Théoriquement, ces 500 millions d'euros d'économies devraient conduire à une amélioration d'environ 10% du bénéfice par action 2014", écrivent les analystes d'UBS dans une note.

Le lancement de Free mobile en janvier a entraîné des départs massifs d'abonnés chez les trois autres opérateurs et les a contraint à contre-attaquer en abaissant leurs prix.

SFR a vu son chiffre d'affaires reculer de 5,9% au premier semestre tandis que son résultat opérationnel (Ebitda) a flanché de 5,0%.

L'opérateur, qui confirme sa prévision d'une baisse de 12% à 15% de son résultat opérationnel (Ebitda) en 2012, a cependant vu les départs de clients ralentir à 53.000 au deuxième trimestre et même regagné 122.000 abonnés sous contrat. Il a aussi renoué avec les conquêtes d'abonnés dans son activité fixe, après avoir perdu des clients au premier trimestre.

La baisse de son activité a pesé sur les résultats du conglomérat, également pénalisé par des normes comptables défavorables pour sa filiale américaine Blizzard.

Le résultat opérationnel ajusté (Ebita) de Vivendi s'est établi à 2,9 milliards, en baisse de 12,7%, tandis que son résultat net ajusté a chuté de 16,6% à 1,5 milliard d'euros.

Le marché tablait en moyenne sur un chiffre d'affaires de 14,03 milliards, un Ebita de 2,93 milliards et un résultat net ajusté de 1,46 milliard, selon un consensus de la rédaction de Reuters établi à partir des estimations de 8 analystes.

Vivendi a confirmé sa prévision d'un résultat net ajusté supérieur à 2,5 milliards d'euros pour 2012 mais en précisant qu'elle n'incluait pas les charges de restructuration à SFR.

Edité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant