Vivendi doit réduire ses parts dans Mediaset ou T. Italia

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 (Actualisé avec la réaction de Vivendi, précisions, contexte) 
    par Giulia Segreti 
    MILAN, 18 avril (Reuters) - L'autorité italienne des 
communications (AGCom) a annoncé mardi que Vivendi  VIV.PA  
avait un an pour réduire sa participation soit dans Telecom 
Italia  TLIT.MI  soit dans Mediaset  MS.MI  et ce afin de se 
mettre en conformité avec le droit de la concurrence local. 
    Vivendi, qui veut bâtir un empire des médias dans le sud de 
l'Europe, est le plus important actionnaire de Telecom Italia, 
le premier opérateur télécoms italien, avec 24% du capital et il 
est récemment monté à 28,8% du capital de Mediaset, le premier 
télédiffuseur privé italien. 
    L'AGCom estime que Vivendi exerce une influence certaine sur 
les deux sociétés et enfreint ainsi le droit de la concurrence. 
Elle menace d'imposer au groupe de Vincent Bolloré une amende 
représentant 2% à 5% de son chiffre d'affaires à moins qu'il ne 
commence à se délester.  
    L'autorité ne précise pas à hauteur de quel pourcentage du 
capital Vivendi doit se désengager mais elle lui ordonne de 
présenter dans les 60 jours un "plan d'action spécifique". 
    Les liens entre Vivendi, Telecom Italia et Mediaset risquent 
d'avoir des répercussions négatives sur "le degré de concurrence 
existant dans les marchés concernés et sur le degré de 
pluralisme des médias", observe encore l'AGCom. 
    Le droit italien interdit aux entreprises d'avoir des 
participations par trop importantes à la fois dans les secteurs 
des télécommunications et des médias. 
    Vivendi, qui a pris acte "avec étonnement" de la décision du 
régulateur italien a dit qu'il se réservait le droit "d'engager 
toute action judiciaire appropriée pour assurer la protection de 
ses intérêts, y compris de faire appel de la décision de l'AGCom 
auprès du Tribunal administratif régional (TAR) et de déposer 
une plainte officielle auprès de la Commission européenne pour 
violation du droit de l'Union Européenne".  
    Mediaset, dont le principal actionnaire reste l'ex-président 
du Conseil Silvio Berlusconi, s'est au contraire félicité de 
cette décision, ajoutant qu'il voulait prendre connaissance des 
attendus avant de décider de la marche à suivre.      
    Vivendi et Mediaset se font la guerre par tribunaux 
interposés, un conflit de longue haleine issu de la décision du 
groupe de médias français, en juillet, de remettre en cause un 
accord conclu en avril 2016 sur le rachat de la filiale de 
télévision payante Premium de Mediaset, accord qui devait aussi 
aboutir à des prises de participations croisées.  
    L'AGCom, qui avait ouvert une enquête sur Vivendi le 21 
décembre sur requête de Mediaset, estime enfin que l'influence 
de Vivendi sur Mediaset pourrait s'exercer par le biais de ses 
droits de vote, de sa capacité de nommer ses propres candidats 
au conseil d'administration ou encore de bloquer toute décision 
d'une nature exceptionnelle. 
 
 (Avec Mathieu Rosemain à Paris et Stephen Jewkes à Milan, 
Wilfrid Exbrayat pour le service français) 
 

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