Vivendi dit ne pas avoir d'intention hostile envers Mediaset

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 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    MILAN, 17 décembre (Reuters) - L'acquisition par Vivendi 
 VIV.PA  d'une participation de 20% dans le groupe de médias 
italien Mediaset  MS.MI  n'est pas un acte hostile mais vise 
plutôt à construire une société européenne de portée mondiale, 
déclare le patron du groupe français dans une interview au 
Corriere della Sera. 
    "Nous avons un intérêt à long terme, nous voulons être un 
partenaire industriel", déclare Arnaud de Puyfontaine, le 
président du directoire de Vivendi, au quotidien italien daté de 
samedi. 
    Vivendi a annoncé mercredi être parvenu à son objectif 
initial d'amasser une participation de 20% dans Mediaset, 
premier groupe de radio-télévision privé contrôlé par l'ancien 
président du Conseil italien Silvio Berlusconi.    
    Le groupe français présidé par Vincent Bolloré est devenu ce 
faisant le deuxième actionnaire de Mediaset derrière Fininvest, 
la holding de la famille Berlusconi. 
    Fininvest a qualifié l'opération d'hostile et a porté 
plainte pour manipulation des cours contre Vivendi. La holding a 
fait savoir qu'elle aussi allait renforcer sa participation dans 
Mediaset.   
    Fininvest envisage de faire saisir les actions Vivendi dans 
Mediaset, rapportent certains organes de presse samedi. 
    Mais Arnaud de Puyfontaine dément que Vivendi veuille 
prendre le contrôle de Mediaset. Si cela avait été le cas, 
dit-il, le groupe aurait lancé une OPA. 
     
    "NOUS AVONS LES MOYENS" 
    "Nous en avons les moyens", affirme-t-il, en précisant que 
Vivendi a dépensé environ 800 millions d'euros pour monter à 20% 
dans le groupe italien. L'action Mediaset a fini vendredi à 
3,5460 euros à la Bourse de Milan. 
    Le président du directoire n'a pas voulu dire si le groupe 
pourrait lancer une OPA à une date ultérieure.  
    Les relations sont tendues entre Vivendi et Mediaset depuis 
juillet, lorsque Vivendi est revenu sur un accord par lequel il 
devait racheter la filiale de télévision payante de Mediaset, 
Premium. Chaque groupe devait aussi prendre une participation de 
3,5% dans le capital de l'autre.   
    "Une participation de 20% fait de nous le deuxième 
actionnaire et nous permet d'avoir notre mot à dire pour trouver 
une bonne solution concernant Premium", déclare Arnaud de 
Puyfontaine au Corriere della Sera. 
    Prié de dire pourquoi l'affaire n'avait pas été conclue 
concernant Premium, il explique que Vivendi s'est aperçu qu'il 
avait signé un accord différent de ce qu'il s'était imaginé. 
    "C'est comme s'ils nous avaient invités à dîner dans un 
restaurant trois étoiles et qu'ensuite nous nous étions 
retrouvés chez McDonald's", commente-t-il.  
    Arnaud de Puyfontaine confirme avoir rencontré vendredi le 
ministre italien de l'Industrie Carlo Calenda pour expliquer la 
vision stratégique du groupe et a précisé avoir également vu le 
patron de Mediaset, Pier Silvio Berlusconi. 
    Carlo Calenda a fait savoir au président du directoire de 
Vivendi qu'il n'appréciait guère la montée du groupe français 
dans Mediaset, a-t-on indiqué vendredi de source proche du 
dossier.   
    "Le projet (avec Mediaset) est solide et suffisamment 
convaincant pour que les obstacles soient surmontés et qu'il 
fonctionne", déclare Arnaud de Puyfontaine. 
    Vivendi est également le principal actionnaire de 
l'opérateur téléphonique Telecom Italia  TLIT.MI . 
 
 (Stephen Jewkes; Danielle Rouquié pour le service français) 
 

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