"Vive la tolérance": les mots d'un "orphelin du terrorisme"

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La plaque en mémoire de Manuel Dias première victime des jihadistes, dévoilée le 13 novembre 2016 au Stade de France à Saint-Denis ( POOL/AFP / PHILIPPE WOJAZER )
La plaque en mémoire de Manuel Dias première victime des jihadistes, dévoilée le 13 novembre 2016 au Stade de France à Saint-Denis ( POOL/AFP / PHILIPPE WOJAZER )

Il aura été le seul à prendre la parole lors des commémorations officielles du 13 novembre: Michael Dias, fils de la première victime des jihadistes, Manuel Dias, a lancé dimanche au pied du Stade de France un appel émouvant à la "tolérance" et à "l'intelligence".

Après que François Hollande a dévoilé une plaque en mémoire de son père, Michael, 31 ans a pris la parole pour évoquer le destin de ce Portugais arrivé en France à 18 ans après avoir fui la dictature, qui estimait que la "réponse" à la violence "passe par la connaissance" et "l'intelligence".

Voici des extraits de son texte:

"Il est ‪21H22, je dîne au restaurant, quand l'écran de télévision au fond de la salle affiche soudainement un bandeau : +Explosion au Stade de France: 1 mort+. Je me dis: +Heureusement, il n'y a qu'un mort+... A cet instant, je suis loin de m'imaginer que cette seule première victime, c'est mon père".

Le président  Francois Hollande et le maire de Saint-Denis Didier Paillard dévoilent la plaque en mémoir
Le président Francois Hollande et le maire de Saint-Denis Didier Paillard dévoilent la plaque en mémoire de Manuel Dias première victime des jihadistes, le 13 novembre 2016 au Stade de France à Saint-Denis ( POOL/AFP / PHILIPPE WOJAZER )

"Comment continuer à vivre après avoir été frappé par le terrorisme, comment ne pas se nourrir de ressentiments, ni de haine, comment redevenir un pays libre et sans la menace de nouvelles attaques ? Ces questions, je me les pose chaque jour".

"C'est un défi personnel en tant qu'orphelin du terrorisme, mais qui nous concerne tous, Français. Mon père n'étant plus parmi nous, j'ai essayé de trouver dans son histoire de vie les enseignements dont j'avais besoin pour avancer. Et j'ai trouvé".

Le public à la sortie du Stade de France, cible de la première attaque jihadiste le 13 novembre 2015 à S
Le public à la sortie du Stade de France, cible de la première attaque jihadiste le 13 novembre 2015 à Saint-Denis ( AFP / FRANCK FIFE )

"Je n'ai cessé d'entendre mon père nous dire qu'il était impossible de vivre avec la peur au ventre. Face à cette peur de vivre, de sortir de chez soi, nous devons tous continuer à avancer en toute liberté (...) en ne cédant jamais face à ceux qui souhaiteraient nous terroriser".

"Pour continuer à vivre en liberté nous devons également combattre ce terrorisme qui nous menace et la réponse passe par la connaissance, par l'intelligence".

"A l'heure où certains sombrent par ignorance dans des idéologies aussi simplistes que funestes, ce n'est que par l'instruction, la culture et la connaissance que l'on pourra éviter que les enfants de demain n'acceptent de s'humilier en tant que chair à canon au service d'intérêts criminels et mafieux qui les dépassent, comme c'est le cas aujourd'hui. Incapables qu'ils sont de réfléchir, de penser le monde et d'exprimer le mal-être et l'exclusion sociale qu'ils ressentent".

"Nous devons nous efforcer de combattre la stigmatisation et la division; l'intégration est la solution. Ce n'est qu'en offrant les mêmes opportunités à tous que nous réussirons à empêcher que les ressentiments de certains ne se transforment en brutalité pour tous".

"Vive la tolérance, vive l'intelligence et vive la France".

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