Visite surprise de François Hollande et Manuel Valls à Echirolles

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FRANÇOIS HOLLANDE ET MANUEL VALLS EN VISITE SURPRISE À ÉCHIROLLES
FRANÇOIS HOLLANDE ET MANUEL VALLS EN VISITE SURPRISE À ÉCHIROLLES

ECHIROLLES, Isère (Reuters) - Le président François Hollande et son ministre de l'Intérieur, Manuels Valls, ont effectué lundi soir une visite surprise dans le quartier d'Echirolles, en Isère, où deux hommes ont été tués vendredi à l'arme blanche par une bande de jeunes.

A l'issue de la visite dans la cité des Granges, le chef de l'Etat a promis de renforcer les effectifs de police dans les quartiers sensibles et de faire en sorte que les auteurs de ce double meurtre soient arrêtés et punis par la justice.

François Hollande et Manuel Valls, arrivés à la tombée de la nuit, ont rencontré pendant trois quarts d'heure les familles des victimes, un étudiant et son ami d'enfance, 21 ans, dans l'appartement de l'une d'elles. Le chef de l'Etat avait déjà parlé aux familles par téléphone la veille, précise l'Elysée.

"J'ai exprimé, au nom de la France tout entière, ma solidarité à l'égard des familles", a-t-il dit à la presse. "Je leur ai dit combien nous étions fiers de leur dignité, de leur courage, de leur volonté d'apaisement et (...) que tout est fait pour retrouver les auteurs de ces crimes odieux."

"Nous allons (...) renforcer encore un certain nombre d'effectifs là où il y a des violences et de l'insécurité", a-t-il ajouté. "En même temps (...) nous allons tout faire pour que le destin de ces jeunes soit protégé, garanti vers la réussite."

Une marche blanche sera organisée mardi dans cette commune proche de Grenoble par les proches des deux victimes qui n'étaient connues ni de la police ni de la justice.

Une banale querelle d'adolescents devant le lycée local pour un regard de travers semble à l'origine de ce déchaînement de violence. Les meurtriers, armés de battes de base-ball, de manches de pioches, de marteaux, de couteaux et d'un pistolet à grenaille, venaient du quartier grenoblois de la Villeneuve.

Les deux victimes, Sofiane et Kevin, qui tentaient de protéger deux adolescents, ont été pris pour cible et ont reçu de multiples coups de couteau.

Deux hommes originaires du quartier grenoblois de La Villeneuve et soupçonnés d'avoir participé au lynchage mortel ont été interpellés lundi en fin d'après-midi, a-t-on appris auprès de la police.

L'un d'eux a été arrêté à Varces, dans l'Isère, au sud de Grenoble et l'autre à Hyères, dans le Var. Il pourrait s'agir de deux frères, précise-t-on de même source. Ils ont été placés en garde à vue et devaient être conduits à Grenoble.

"ON EST OÙ ?"

La police a interpellé vendredi un jeune majeur dont l'audition a permis de reconstituer la scène et de retrouver le pistolet et des douilles.

L'enquête continue pour identifier les autres protagonistes de la rixe mortelle, dont l'opposition de droite s'est saisie pour accuser le gouvernement et la gauche de laxisme en matière de lutte contre la délinquance et la violence.

A la fin de sa visite, François Hollande a été interpellé par des habitants du quartier des Granges, dont la mère d'un garçon, lui aussi victime d'une agression.

"Il n'est pas mort (...) Ces deux là, il ne faut pas qu'ils soient morts pour rien !" a-t-elle lancé.

"Ils ne le seront pas !" a répondu François Hollande

"On est où, M. Le Président ? J'ai voté pour vous, tous ces gens-là ont voté pour vous", a-t-elle poursuivi en désignant les dizaines d'habitants présents.

"Eh bien ils ont droit à la sécurité, c'est ce que je suis venu leur apporter. Sécurité, justice et réussite", a répliqué le chef de l'Etat.

Plus loin, c'est Manuel Valls qui a été interpellé par un habitant. "On est Français, Monsieur. Ça c'est trop, c'est la petite goutte d'eau qui fait déborder le vase", a déclaré cet homme au ministre de l'Intérieur.

Un autre a dit avoir fui, avec sa famille, des persécutions dans son pays d'origine en croyant trouver la paix en France.

La Villeneuve, d'où venaient les meurtriers, a été durant l'été 2010 le théâtre de violences auxquelles le prédécesseur de François Hollande avait réagi par son "discours de Grenoble", considéré comme un tournant à droite de son mandat.

Ce 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy avait imputé les problèmes d'insécurité à une immigration "insuffisamment régulée" et proposé de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère portant volontairement atteinte à la vie d'un policier ou d'un gendarme.

Il avait aussi souhaité que l'acquisition de la nationalité française pour un mineur délinquant ne soit plus automatique.

Emmanuel Foudrot, avec Emmanuel Jarry à Paris

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