Visite surprise à l'abattoir

le
0
Visite surprise à l'abattoir
Visite surprise à l'abattoir

Hier matin, 4 H 30, Pascal, le veilleur de nuit de l'abattoir Bigard de Feignies (Nord), finit par inscrire « Assemblée nationale » dans son registre, sous la liste des arrivages de bovins de la nuit. Quatre députés cravatés et rasés de près viennent de faire irruption à l'improviste sur le parking où l'on sent l'odeur caractéristique de la mort : ils sont tous membres de la commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs. Le directeur du site, Nicolas Journée, est sorti de son lit en urgence. Il renâcle, mais la loi lui interdit de fermer la porte à ces élus. Ce qui ne l'empêche pas de traîner des pieds parce que, selon lui, « les consommateurs ne sont pas prêts à voir la production industrielle de viande ». Même aux aurores, il a reçu des consignes du grand patron, Jean-Paul Bigard, et ira jusqu'à vérifier les photos prises par les journalistes pour supprimer les plus sanglantes.

Les vidéos scandales tournées récemment par l'association L214 dans les abattoirs du Vigan, d'Alès (Gard) et de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques) ont montré des cas de maltraitances terribles sur les animaux et ont soulevé des questions quant au fonctionnement des abattoirs en France. Hier, les députés ont donc enfilé combinaison, bottes en caoutchouc et charlotte pour vérifier que le traitement réservé aux bêtes est correct. La visite surprise provoque bien quelques grincements de dents : « Mais c'était le but, les contrôles sont plus utiles quand nous ne prévenons pas », précise Olivier Falorni (PS), député de Charente-Maritime et président de la commission, qui souhaitait commencer l'investigation sur le terrain par un grand abattoir industriel.

Avec Feignies, site uniquement spécialisé dans le bovin, il est servi. On y tue à un train d'enfer : environ 2 000 bêtes par semaine, « 55 par heure avec étourdissement, 15 par heure pour l'abattage rituel », précise le directeur. Il est 6 heures et la ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant