Visite de la Cité des morts, une ville installée dans le cimetière du Caire

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EN IMAGES - Alors que la crise du logement n’épargne pas l’Egypte, des milliers d’habitants du Caire vivent installés dans la plus ancienne nécropole de la ville. Commerces et logements coexistent avec les tombes.

Dans ce quartier de la mégalopole du Caire connu comme la Cité des Morts, les vivants côtoient les morts au quotidiens. En Egypte comme ailleurs, la crise du logement est bien présente surtout dans sa capitale où la population est estimée à 20 millions de personnes. C’est pourquoi des milliers de personnes s’estiment heureuses d’avoir un toit, même si c’est au sein de la nécropole du Caire, l’un des plus anciens cimetières de la ville.

Pour certains habitants de ce quartier de la ville, lieu de repos ultime pour des centaines de milliers de personnes au cours des siècles, les tombes elles-mêmes fournissent des moyens de subsistance. Bon nombre de ceux qui vivent ici, prennent en effet soin des tombes, en creusent de nouvelles, ou vendent des fleurs aux visiteurs qui viennent traditionnellement sur place les vendredis. D’autres, toujours installés au milieu des pierres tombales, travaillent le cuivre ou fabriquent des tapis avant de les vendre au Khân el Khalili, le célèbre souk touristique du Caire.

Un lieu hors du temps

Certaines familles vivent ici dans ce lieu hors du temps, loin de l’agitation frénétique de la capitale, depuis trois générations ou plus. «Vivre avec les morts est très facile et confortable», explique ainsi Nassra Muhamed Ali, 47 ans. Ce sont plutôt les vivants qui peuvent vous nuire.» Pour celle qui vit ici avec ses deux frères et sa fille de 16 ans, la paix et la tranquillité du quartier a toutefois certains inconvénients. Des personnes étrangères à la nécropole utilisent les tombes pour y vendre de la drogue et les vols sont courants.

Ses parents se sont installés sur place après leur mariage et y travaillaient en entretenant les tombes. D’autres y sont arrivés après avoir été chassés du centre du Caire dans les années 1950. L‘endroit reste le plus ancien lieu de sépulture de la ville, fonction qu’il remplit depuis plus de 1000 ans, près de la grande mosquée Al-Azhar. Parmi les personnes enterrées sur place, on retrouve des acteurs célèbres, comme Farid El Atrache et sa soeur Asmahan, qui ont eu leur heure de gloire dans les films égyptiens d’avant les années 1960.

Un gardien perçoit généralement 150 livres égyptiennes (17 euros) pour chaque nouvelle fosse creusée pour les familles pauvres, et entre 400 et 500 livres égyptiennes des clients riches (47 à 59 euros), disent les habitants. Sur cette somme, le fossoyeur reçoit alors entre 50 à 70 livres égyptiennes (6 à 8 euros).

Le cimetière compte aussi son lot de vendeurs de rue, et même des coiffeurs, disponibles pour raser les résidents avant la prière du vendredi. On peut y croiser un homme qui vend des légumes frais avec son cheval et une charrette ou autre, vendant du lait juché sur sa moto.

Hisham, qui fabrique des tapis est arrivé dans la région il ya 45 ans avec sa mère. Il est resté dans le cimetière depuis et a travaillé pour offrir à ses quatre fils une éducation. Ihab, l’un d’eux, est désormais diplômé en informatique. Plus loin, une femme raconte que la visite à ses deux filles, vivant dans des bidonvilles à la périphérie du Caire, lui fait apprécier d’autant plus l’espace et la tranquillité de la maison dont elle dispose dans la nécropole.

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